Thématique citations : L'amour

482 Citations

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L'ingénieux Amour noue à mon cadre d'or
Sa couronne de fleurs et son carquois de flèches,
Car sa bouche, jadis, douce à mes lèvres fraîches,
Leur donna la couleur qui les empourpre encor.

Sous l'arceau du bosquet qui dresse son décor
A ma beauté, l'Automne avec ses feuilles sèches
Touche ma joue encor pareille au fard des pêches,
Et l'éclair de mes dents pourrait y mordre encor.

L'Amour, hélas! Vois-tu, ne fait pas d'immortelles;
La toile d'araignée ourdit à mes dentelles
Ses fils mystérieux qu'entrelace le temps,

Mais si la triste Mort m'effleura de son aile,
Le dieu qu'en sa jeunesse adora mon printemps
Me garde souriante et me voit toujours belle.


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 23/12/2020

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Le pas


L'Amour passe. Regarde, écoute, attends, espère;
Son pas mystérieux est partout en chemin
Et, visiteur du soir, du jour ou du matin,
Il sait ton seuil bruyant ou ton seuil solitaire.

Le voici. Devant lui, pour qu'il se désaltère,
Dispose sur la table où choisira sa main
La coupe de ta source ou l'outre de ton vin.
Il rira. Tu riras à ton tour pour lui plaire.

Dors en ses bras comme j'y dormis en pensant
Arrêter à jamais cet éternel Passant.
Il est debout déjà dans l'aube et toi tu dors,

Sans entendre tout bas se poser sur la dalle
Pour partir, et tandis que l'autre est nu encor,
L'un de ses pieds déjà chaussé de la sandale.


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 23/12/2020

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Idylle


C'était à ce moment de la fin des journées
Où le ciel attiédi de nocturnes pâleurs
Se mire aux bassins clairs endormis dans les fleurs;
A mes lèvres venaient les phrases ajournées,
Les supplications et les mots cajoleurs.

C'était un de ces soirs de rencontre et d'idylles
Où dans les bosquets verts on se met à genoux,
Où l'on échange à demi-voix et loin de tous
Les serments attendris et les propos futiles
Enhardis d'un regard clément des yeux plus doux.


Par: Henri François Joseph de Régnier

Extrait de: Apaisement (1886)

Ajoutée par Savinien le 19/12/2020

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Avec de l'imagination et des obstacles, on peut toujours adorer une femme; il n'est pas aussi facile de l'aimer. On n'adore la plupart des femmes que faute de les pouvoir aimer.


Par: Alphonse Karr

Ajoutée par Savinien le 19/12/2020

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L'amour est la plus terrible et la plus honnête des passions; c'est la seule qui ne puisse s'occuper de son bonheur sans y comprendre le bonheur d'un autre.


Par: Alphonse Karr

Ajoutée par Savinien le 15/12/2020

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L'inspiration


Un oiseau solitaire aux bizarres couleurs
Est venu se poser sur une enfant; mais elle,
Arrachant son plumage où le prisme étincelle,
De toute sa parure elle fait des douleurs;

Et le duvet moelleux, plein d'intimes chaleurs,
Épars, flotte au doux vent d'une bouche cruelle.
Or l'oiseau, c'est mon coeur; l'enfant coupable est celle,
Celle dont je ne puis dire le nom sans pleurs.

Ce jeu l'amuse, et moi j'en meurs, et j'ai la peine
De voir dans le ciel vide errer sous son haleine
La beauté de mon cœur pour le plaisir du sien!

Elle aime à balancer mes rêves sur sa tête
Par un souffle et je suis ce qu'on nomme un poète.
Que ce souffle leur manque et je ne suis plus rien.


Par: René Armand François Prudhomme (Sully Prudhomme)

Ajoutée par Savinien le 27/10/2020

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A ma soeur


Enfant, je t'ai dit qui j'aimais,
Tu sais le nom de la première;
Sa grâce ne mourra jamais
Dans mes yeux qu'avec la lumière.

Ah! Si les jeunes gens sont fous,
Leur enthousiasme s'expie;
On se meurtrit bien les genoux
Quand on veut saluer la vie.

J'ai cru dissiper cet amour;
Voici qu'il retombe en rosée,
Et je sens son muet retour
Où chaque larme s'est posée.


Par: René Armand François Prudhomme (Sully Prudhomme)

Ajoutée par Savinien le 24/10/2020

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Le vase brisé


Le vase où meurt cette verveine
D'un coup d'éventail fut fêlé;
Le coup dut effleurer à peine:
Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D'une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s'est épuisé;
Personne encore ne s'en doute;
N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde;
Il est brisé, n'y touchez pas.


Par: René Armand François Prudhomme (Sully Prudhomme)

Ajoutée par Savinien le 24/10/2020

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Acte V, Scène 1


Devais-je, en lui faisant un récit trop sincère,
D'une indigne rougeur couvrir le front d'un père?
Vous seule avez percé ce mystère odieux.
Mon coeur pour s'épancher n'a que vous et les dieux.
Je n'ai pu vous cacher, jugez si je vous aime,
Tout ce que je voulais me cacher à moi-même.


Par: Jean Racine

Extrait de: Phèdre (1677)

Ajoutée par Savinien le 17/10/2020

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Je ne la connaissais pas et peut-être que je ne désirais pas la connaître. Plus sage que je ne semblerai à ceux qui liront cette histoire, plus sage que je ne pensais moi-même, j'avais percé le secret d'Éros, j'avais appris que l'amour pur s'affranchit de toute sympathie, de toute estime et de toute amitié; qu'il vit de désir et se nourrit de mensonges. On n'aime vraiment que ce qu'on ne connaît pas.


Par: Anatole France

Ajoutée par Savinien le 15/10/2020

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Je vous aime, et j'aime tout en vous: la terre qui vous porte, sur laquelle vous pesez si peu et que vous embellissez, la lumière qui fait que je vous vois, l'air que vous respirez. J'aime le platane penché de ma cour, parce que vous l'avez vu. Je me suis promené, cette nuit, sur l'avenue où je vous ai rencontrée un soir d'hiver. J'ai cueilli un rameau du buis que vous aviez regardé. Dans cette ville où vous n'êtes pas, je ne vois que vous.


Par: Anatole France

Ajoutée par Savinien le 13/10/2020

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Acte III, Scène 5


Oui, c'est moi qui voudrais effacer de ma vie
Les jours que j'ai vécus sans vous avoir servie.
Que vivre sans vous voir est un sort rigoureux!
C'est ou ne vivre point, ou vivre malheureux;
C'est une longue mort; et, pour moi, je confesse
Que, pour vivre, il faut être esclave de Lucrèce.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le menteur (1644)

Ajoutée par Savinien le 25/08/2020

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L'amour est une plante de printemps qui parfume tout de son espoir, même les ruines où il s'accroche.


Par: Gustave Flaubert

Ajoutée par Savinien le 20/08/2020

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N'avaient-ils rien autre chose à se dire? Leurs yeux pourtant étaient pleins d'une causerie plus sérieuse; et, tandis qu'ils s'efforçaient à trouver des phrases banales, ils sentaient une même langueur les envahir tous les deux; c'était comme un murmure de l'âme, profond, continu, qui dominait celui des voix. Surpris d'étonnement à cette suavité nouvelle, ils ne songeaient pas à s'en raconter la sensation ou à en découvrir la cause. Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l'immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l'on s'assoupit dans cet enivrement sans même s'inquiéter de l'horizon que l'on n'aperçoit pas.


Par: Gustave Flaubert

Ajoutée par Savinien le 20/08/2020

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Il suffit à un jeune homme de rencontrer une femme qui ne l'aime pas, ou une femme qui l'aime trop, pour que toute sa vie soit dérangée. Le bonheur engloutit nos forces, comme le malheur éteint nos vertus.


Par: Honoré de Balzac

Ajoutée par Savinien le 18/08/2020

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L'amour est souvent le sentiment le plus violent parce qu'il est le moins durable.


Par: Honoré de Balzac

Ajoutée par Savinien le 18/08/2020

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La fleur de sang


Je suis le Dieu sanglant, je suis le Dieu farouche,
L'âpre ennemi, le fier chasseur ailé, vainqueur
Des monstres, le cruel archer que rien ne touche;

Je suis l'Amour; veux-tu me servir, faible coeur?
Je te ferai sentir la griffe des Chimères
Et je te verserai ma funeste liqueur.

Je prendrai les meilleurs des instants éphémères
Que doit durer ici ton corps matériel,
Et tu fuiras en vain les angoisses amères.

J'éteindrai tes beaux yeux qui reflètent le ciel,
Je flétrirai ta joue, et dans mes noirs calices
Tu trouveras un vin plus amer que du fiel.

Savoure sans repos mes atroces délices!
Car tu n'espères pas, tant que durent tes jours,
Épuiser ma colère, et lasser mes supplices.


Par: Théodore de Banville

Extrait de: Les exilés (1867)

Ajoutée par Savinien le 18/08/2020

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Chanson d'amour


Un frisson glisse sur mon col,
Et glace ma lèvre déclose. -
Si je le dis au rossignol,
Il ira le dire à la rose.

Qui donc saura le supplier
De finir mes peines mortelles? -
Si je le dis au blanc ramier,
Il l'ira dire aux tourterelles.

Je me ploie ainsi qu'un roseau
Et ma beauté penche flétrie. -
Si je le dis au bleu ruisseau,
Il l'ira dire à la prairie.

Vous qui voyez mon désespoir,
Flots, ailes, brises des montagnes! -
Si je le dis à mon miroir,
Il l'ira dire à mes compagnes.

Parce que je languis d'amour,
Vous qui voyez que je me pâme, -
Allez, allez de ce séjour
Vers le bien-aimé de mon âme!


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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La femme aux roses


Son corps souple et superbe était jonché de roses.
Et ses lèvres de flamme, et les fleurs de son sein,
Sur ces coteaux neigeux qu'elle montre à dessein,
Semblaient, aux yeux séduits par de douces chimères,
Les boutons rougissants de ces fleurs éphémères.


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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Viens. Sur tes cheveux noirs


Viens. Sur tes cheveux noirs jette un chapeau de paille.
Avant l'heure du bruit, l'heure où chacun travaille,
Allons voir le matin se lever sur les monts
Et cueillir par les prés les fleurs que nous aimons.
Sur les bords de la source aux moires assouplies,
Les nénufars dorés penchent des fleurs pâlies,
Il reste dans les champs et dans les grands vergers
Comme un écho lointain des chansons des bergers,
Et, secouant pour nous leurs ailes odorantes,
Les brises du matin, comme des soeurs errantes,
Jettent déjà vers toi, tandis que tu souris,
L'odeur du pêcher rose et des pommiers fleuris.


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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Oh: Quand la Mort


Oh! Quand la Mort, que rien ne saurait apaiser,
Nous prendra tous les deux dans un dernier baiser
Et jettera sur nous le manteau de ses ailes,
Puissions-nous reposer sous deux pierres jumelles!
Puissent les fleurs de rose aux parfums embaumés
Sortir de nos deux corps qui se sont tant aimés,
Et nos âmes fleurir ensemble, et sur nos tombes
Se becqueter longtemps d'amoureuses colombes!


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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Amours d'Elise


Le soleil souriait à la jeune nature,
L'hiver avait séché ses pleurs,
Et la brise entr'ouvrait de son haleine pure
L'humide corolle des fleurs.

Le saule aux rameaux verts penchait sa rêverie
Sur les flots au reflet doré;
Le ruisseau murmurant dans la verte prairie
Souriait au ciel azuré.

Or, nous étions tous deux sous les tremblantes roses
Qu'épanouissait le printemps,
Si que sans y penser nos amours sont écloses,
Comme elles, presque en même temps.

Le rossignol disait sa plainte enchanteresse,
Nous disions des serments jaloux;
Et tout en nous était joie, extase, tendresse...
Hélas! Vous le rappelez-vous?

L'arbre pensif s'incline encor, l'insecte rôde,
L'églantier semble rajeunir,
Le vent a son parfum, l'herbe son émeraude;
Notre amour est un souvenir!


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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Amours d'Elise


D'où vient-il, ce lointain frisson d'épithalame?
Quels cieux ont déroulé leurs nappes de saphir?
Quel espoir inconnu m'anime? Quel zéphyr
A jeté dans ma vie errante un nom de femme?

Quel oiseau près de moi chante sa folle gamme?
Quel éblouissement s'enfuit, pour me ravir,
Comme le corail rose ou la perle d'Ophir
Que poursuit le plongeur bercé par une lame?

En vain de ma pensée effarouchant l'essor,
Je veux loin de vos yeux pleins d'étincelles d'or
L'entraîner, sur vos pas la rêveuse s'envole,

Et, pour que mon tourment renaisse, ardent phénix,
J'emporte dans mon coeur votre chère parole,
Comme un parfum subtil dans un vase d'onyx.


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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A la musique


Moi, je suis, débraillé comme un étudiant,
Sous les marronniers verts les alertes fillettes.
Elles le savent bien et tournent en riant
Vers moi leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.

Je ne dis pas un mot; je regarde toujours
La chair de leur cou blanc brodé de mèches folles;
Je suis, sous le corsage et les frêles atours,
Le dos divin après la courbe des épaules.
Je cherche la bottine et je vais jusqu'aux bas;
Je reconstruis le corps, brûlé de belles fièvres.
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas.
Et je sens des baisers qui me viennent aux lèvres.


Par: Arthur Rimbaud

 

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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Ophélie


O pâle Ophélia! Belle comme la neige!
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
- C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;
C'est qu'un souffle du ciel, tordant ta chevelure
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur entendait le coeur de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits;
C'est que la voix des mers, comme un immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;
- C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole:
- Un infini terrible effara ton oeil bleu!...

Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher la nuit les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter comme un grand lys.


Par: Arthur Rimbaud

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

Catégories:

Par les beaux soirs d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds
Je laisserai le vent baigner ma tête nue...
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien...
Mais un amour immense entrera dans mon âme :
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - Heureux comme avec une femme!


Par: Arthur Rimbaud

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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Roman


Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
Lorsque, dans la clarté pâle d'un réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants
Sous l'ombre du faux-col effrayant de son père.

Et comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne alerte et d'un mouvement vif.
Sur vos lèvres, alors, meurent les cavatines.

Vous êtes amoureux, loué jusqu'au mois d'août!
Vous êtes amoureux: vos sonnets la font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire.

Ce soir-là, vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.


Par: Arthur Rimbaud

 

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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Les ingénus


Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent, -
Parfois luisaient des bas de jambe, trop souvent
Interceptés! - et nous aimions ce jeu de dupes.

Parfois aussi le dard d'un insecte jaloux
Inquiétait le col des belles, sous les branches,
Et c'était des éclairs soudains de nuques blanches
Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous.

Le soir tombait, un soir équivoque d'automne:
Les belles, se pendant rêveuses à nos bras,
Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,
Que notre âme depuis ce temps tremble et s'étonne.


Par: Paul Verlaine

Ajoutée par Savinien le 14/08/2020

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J'allais par des chemins perfides,
Douloureusement incertain.
Vos chères mains furent mes guides.

Si pâle à l'horizon lointain
Luisait un faible espoir d'aurore;
Votre regard fut le matin.

Nul bruit, sinon son pas sonore,
N'encourageait le voyageur.
Votre voix me dit: « Marche encore! »

Mon coeur craintif, mon sombre coeur
Pleurait, seul, sur la triste voie;
L'amour, délicieux vainqueur,

Nous a réunis dans la joie.


Par: Paul Verlaine

Ajoutée par Savinien le 14/08/2020

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Il me semble que, de toute éternité, la raison fut faite pour être foulée aux pieds par l'amour. Il me semble qu'on aime mal quand on connaît quelques devoirs. Je ne saurais m'empêcher de soupçonner les amants si sages de s'en imposer à eux mêmes; de croire qu'ils aiment comme au premier moment, parce qu'ils ont le langage du premier moment; je crois que, parce qu'ils disent comme autrefois, ils pensent sentir comme autrefois, et qu'il n'en est rien: parce qu'ils n'ont aucune raison de se plaindre réciproquement l'un de l'autre, ils se persuadent qu'ils sont les mêmes; qu'ils n'ont point changé l'un pour l'autre, parce qu'ils ne voient en eux aucun motif d'inconstance. Cette justice est dans la tête; elle n'est point dans le coeur. La tête dit ce qu'elle veut; le coeur sent comme il lui plaît. Rien n'est plus commun que de prendre sa tête pour son coeur.


Par: Denis Diderot

Ajoutée par Savinien le 23/06/2020

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L'amour, sous toutes ses formes, domine notre vie entière: amour filial, amour fraternel, amour conjugal, amour paternel ou maternel, amitié, bienfaisance, charité, philanthropie, l'amour est partout, il est notre vie même. Eh bien, l'amour échappe à toutes les lois, à toutes les directions, à tous les conseils, à tous les exemples, à tous les préceptes. Il n'obéit qu'à lui-même et il devient tyrannie, jalousie, soupçon, exigence, obsession, inconstance, caprice, volupté ou brutalité, chasteté ou ascétisme, dévouement sublime ou égoïsme farouche, le plus grand des biens, le plus grand des maux, suivant la nature de l'âme qu'il remplit et possède.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 19/06/2020

Catégories:

On n'entend rien aux amants! Ils semblent n'être pas faits pour être toujours ensemble, ni pour être séparés; toujours ensemble, on dit qu'ils s'useraient; séparés, ils souffrent trop.


Par: Denis Diderot

Ajoutée par Savinien le 05/06/2020

Catégories:

Me voilà à Guémont, c'est de là que je vous écris avec la plume du curé tout ce qui me passe par la tête. Demain à Joinville, de bonne heure; à Saint Dizier, à dîner; de Saint Dizier à Isle, s'il se peut, dans le même jour, ou samedi dans la matinée, si c'est aujourd'hui jeudi, comme je crois; car je ne sais jamais bien le jour que je vis. Je vous aime tous les jours, et je ne distingue que celui où je me crois plus aimé.


Par: Denis Diderot

Ajoutée par Savinien le 05/06/2020

Catégories:

Que vos regards étaient tendres hier! Combien ils le sont depuis quelque temps! Ah! Sophie, vous ne m'aimiez pas assez, si vous m'aimez aujourd'hui davantage...


Par: Denis Diderot

Ajoutée par Savinien le 05/06/2020

Catégories:

Ce serait un phénomène bien étrange qu'un homme, pensant et disant toujours mal, se conduisît toujours bien. Le dérangement de la tête influe sur le coeur, et le dérangement du coeur sur la tête. Faisons en sorte, mon amie, que votre vie soit sans mensonge; plus je vous estimerai, plus vous me serez chère; plus je vous montrerai de vertus, plus vous m'aimerez. Combien je redouterais le vice quand je n'aurais pour juge que ma Sophie!


Par: Denis Diderot

Ajoutée par Savinien le 05/06/2020

Catégories:

L'attrait du danger est au fond de toutes les grandes passions. Il n'y a pas de volupté sans vertige. Le plaisir mêlé de peur enivre.


Par: Anatole France

Ajoutée par Savinien le 02/06/2020

Catégories:

Rien n'est plus capable d'inspirer du courage à une femme que l'intrépidité d'un homme qu'elle aime.


Par: Antoine François Prévost (Abbé Prévost)

Ajoutée par Savinien le 28/05/2020

Catégories:

Je l'assurai que, si elle voulait faire quelque fond sur mon honneur et sur la tendresse infinie qu'elle m'inspirait déjà, j'emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents, et pour la rendre heureuse. Je me suis étonné mille fois, en y réfléchissant, d'où me venait alors tant de hardiesse et de facilité à m'exprimer; mais on ne ferait pas une divinité de l'amour, s'il n'opérait souvent des prodiges.


Par: Antoine François Prévost (Abbé Prévost)

Ajoutée par Savinien le 28/05/2020

Catégories:

O si j'aimais, si j'étais aimé. Comme je serais heureux, les belles nuits, les belles heures. Il y en a pourtant qui vivent de cette vie-là! Pourquoi pas moi. O mon Dieu, je ne veux pas d'autres délices. J'ai le coeur plein de sons sonores et de mélodies plus douces que celles du ciel, le doigt d'une femme les ferait chanter, les ferait vibrer - se confondre dans un baiser, dans un regard - eh quoi n'aurais-je jamais rien de tout cela? Je sens pourtant mon coeur bien plus grand que ma tête. O comme j'aimerais, venez donc, venez donc, âme mystérieuse soeur de la mienne, je baiserai la trace de vos pas, tu marcheras sur moi et j'embrasserai tes pieds en pleurant.


Par: Gustave Flaubert

Ajoutée par Savinien le 19/05/2020

Catégories:

Je ne sais point de malheur absolu pour l'homme qui est aimé.


Par: Charles Nodier

Extrait de: Jean Sbogar (1818)

Ajoutée par Savinien le 16/05/2020

Catégories:

Cette jeune fille est sacrée pour mon amour, et je veille à la conservation du moindre de ses cheveux... Mon âme s'attache à elle, plane sur elle, vois-tu, et la suit à travers cette courte vie, au milieu de toutes les embûches des hommes et de la destinée, sans qu'elle m'aperçoive un moment. C'est ma conquête de l'éternité; et puisque j'ai perdu mon existence, puisqu'il m'est défendu de la faire partager à une créature douce et noble comme celle-ci, je m'en empare pour tout l'avenir. Je jure, par le sommeil qu'elle goûte maintenant, que son dernier sommeil nous réunira, et qu'elle dormira près de moi jusqu'à ce que la terre se renouvelle.


Par: Charles Nodier

Extrait de: Jean Sbogar (1818)

Ajoutée par Savinien le 16/05/2020

Catégories:

Tous les développements de mon âme datent de ces jours éloignés. Je n'ai rien acquis ni rien perdu; mais si j'étais mort en ce temps là, ma vie n'aurait pas été moins complète. La vie est complète quand on a aimé une fois.


Par: Charles Nodier

Ajoutée par Savinien le 14/05/2020

Catégories:

N'y a-t-il pas de gracieuses similitudes entre les commencements de l'amour et ceux de la vie? Ne berce-t-on pas l'enfant par de doux chants et de gentils regards? Ne lui dit-on pas de merveilleuses histoires qui lui dorent l'avenir? Pour lui l'espérance ne déploie-t-elle pas incessamment ses ailes radieuses? Ne verse-t-il pas tour à tour des larmes de joie et de douleur? Ne se querelle-t-il pas pour des riens, pour des cailloux avec lesquels il essaie de se bâtir un mobile palais, pour des bouquets aussitôt oubliés que coupés? N'est-il pas avide de saisir le temps, d'avancer dans la vie? L'amour est notre seconde transformation.


Par: Honoré de Balzac

Ajoutée par Savinien le 12/05/2020

Catégories:

Dans la pure et monotone vie des jeunes filles, il vient une heure délicieuse où le soleil leur épanche ses rayons dans l'âme, où la fleur leur exprime des pensées, où les palpitations du coeur communiquent au cerveau leur chaude fécondance, et fondent les idées en un vague désir; jour d'innocente mélancolie et de suaves joyeusetés! Quand les enfants commencent à voir, ils sourient; quand une fille entrevoit le sentiment dans la nature, elle sourit comme elle souriait enfant. Si la lumière est le premier amour de la vie, l'amour n'est-il pas la lumière du coeur?


Par: Honoré de Balzac

Ajoutée par Savinien le 12/05/2020

Catégories:

Il était attentif, dès que la Princesse était éveillée, à lui apporter les fleurs qu'elle aimait le mieux; elle avait la même attention à les placer près de son coeur; elle en mettait aussi dans sa coiffure: des fleurs qu'on tient d'une main chère valent mieux que des diamants.


Par: Claude-Henri de Fusée de Voisenon

Ajoutée par Savinien le 01/05/2020

Catégories:

Acte III, Scène 5


Vous par qui je reçois une plus belle vie,
Oubliez mes fureurs, ma chère Rosalie!
Ne voyez que l'amour qui vient me ranimer:
Le jour ne serait rien sans le bonheur d'aimer!


Par: Jean-Baptiste Louis Gresset

Extrait de: Sydney (1745)

Ajoutée par Savinien le 26/04/2020

Catégories:

Acte III, Scène 3


Sans doute, l'union de deux coeurs vertueux,
L'un pour l'autre formés, et l'un par l'autre heureux,
Est faite pour calmer toute aveugle furie,
Pour adoucir les maux, pour embellir la vie.


Par: Jean-Baptiste Louis Gresset

Extrait de: Sydney (1745)

Ajoutée par Savinien le 26/04/2020

Catégories:

Rien ne désarme la jalousie. Une caresse? Un autre a reçu la pareille. Une larme? Elle a pleuré pour un autre. Je t'aime! Elle l'a dit à un autre comme elle le dit à toi.
Elle est triste? Elle se souvient. Elle est gaie? Elle oublie. Deux fautes aussi grandes l'une que l'autre aux yeux du coeur ulcéré qui, sous ses regards brûlants, fait éclore l'un après l'autre tous les sentiments du coeur qui l'a trompé.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 23/04/2020

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Orgueil! Fouet de vipère et bouquet de fleurs avec lequel le sort à son caprice plutôt qu'à l'ordre d'un maître souverain flagelle ou caresse l'homme. Mobile de toutes les grandes actions, source de tous les grands crimes, qui perdit Satan, qui glorifia Alexandre. Tour à tour obstacle, moyen, que l'on trouvera sur toutes les routes, à tous les instants, sous toutes les formes pour aider l'homme dans ses espérances et le contrarier dans ses projets.
Mais, de tous les orgueils, à coup sûr le plus puissant est celui qui se cache au fond du coeur comme dans un tabernacle sous le nom sacré d'amour.
Être aimé d'une jolie femme est une supériorité sur les autres hommes; être oublié ou dédaigné par elle est une chute qui vous renverse au-dessous d'eux, et la haine qu'inspire la trahison de celle ou celui qu'on aimait est d'autant plus grande, d'autant plus durable, d'autant plus persévérante, que tout rapprochement entre les deux coeurs blessés est un souvenir forcé de la faute, disons mieux, de l'ingratitude que l'un des deux a commise.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 23/04/2020

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Le lendemain de cet entretien, mon père me fit prier de passer chez lui.
Je ne lui avais parlé que deux fois depuis qu'il m'avait reprise à toi, mon bien-aimé! Il m'avait demandé si je voulais manger avec tout le monde ou dans ma chambre; je m'étais empressée de répondre: « Dans ma chambre. »
Quand on est séparé de celui qu'on aime, être seule c'est être à moitié avec lui.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 21/04/2020

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Pg 3/10