Thématique citations : L'amour

409 Citations

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L'amour

Les poètes et écrivains ont tout dit à propos de l'amour et tout, pourtant, reste à dire car l'amour se décline dans tous les langages, toutes les cultures, toutes les subtilités.

A chacun, ainsi, de trouver ses mots, sa sensibilité, pour exprimer son amour. Mais pourquoi ne pas s'inspirer de ceux qui en ont tant et si bien parlé avant nous ? Qu'ils soient passionnés, tendres, timides, fougueux, inspirés, désabusés, caustiques ou romantiques, les auteurs célèbres qui nous ont précédé en ont du moins tous parlé avec talent et inspiration.

Leurs citations trouveront ainsi un écho à vos sentiments et vous permettront de trouver les mots qui raisonnent dans votre coeur.

Invocation


Car l'amour vrai, tardif, qui mûrit en son temps,
Vois-tu, n'est pas semblable à celui de vingt ans,
Que jette la jeunesse en sa première sève,
Au blond duvet, vermeil, et doré comme un rêve;
C'est un amour profond, amer, désespéré,
C'est le dernier, l'unique; on dit moins, j'en mourrai;
On en meurt; - un amour armé de jalousie,
Consumant tout, honneur et gloire et poésie;
Sans douceurs et sans miel, capable de poison ,
Et pour toute la vie égarant la raison.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 17/02/2021

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Invocation


Amour, où donc es-tu? Descends, vautour sublime;
J'étalerai mon coeur pour qu'il soit ta victime;
Je t'ouvrirai ma veine et mon flanc tout fumant;
Docile à ton essor, comme un crédule amant,
J'irai, j'irai partout où montera ton aile;
Je chérirai sans fin ta morsure éternelle.
Tu me seras léger et doux, maître adoré!
Jamais gazon flétri, jamais sable altéré,
Jamais guerriers mourants dont la plaine est jonchée
N'ont plus avidement bu la pluie épanchée
Que moi, rôdant, la nuit, aux lieux les plus déserts,
Je ne boirai mes pleurs cuisants, mes pleurs amers.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 17/02/2021

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L'enfance d'Adèle


Elle est là, mon Adèle, oh! Je me la figure,
Elle est là, je la vois, dans la vague posture
D'une femme qui rêve, étendue à demi;
Le sombre époux l'enferme, elle rêve à l'Ami;
Elle se dit qu'il l'aime et qu'il n'aime rien qu'elle,
Qu'il veille obstinément sur l'amante fidèle,
Qu'il l'avertit de vivre et de tout espérer,
De ne plus obscurcir ses doux yeux à pleurer,
Mais de s'ouvrir d'avance à la saison heureuse
Que l'amour patient, à petit bruit, se creuse
Mille détours certains par où va son ennui,
Qu'obstacles et soupçons, tout s'use devant lui,
Et qu'en un coeur désert tarit la jalousie
Plus vite qu'en deux coeurs ses torrents d'ambroisie.
Le regard du jaloux s'aveugle en quelques jours;
Les amants se font signe et s'entendent toujours.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 17/02/2021

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Je n'ai jamais étudié qu'une chose au monde, c'est l'amour. A force de faire l'expérience de tout ce qui le contriste et l'empoisonne, j'ai compris combien c'était un sentiment noble et difficile à conserver; combien il faillait accomplir de dévouements et de sacrifices avant de pouvoir se glorifier de l'avoir connu.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Extrait de: Jacques (1834)

Ajoutée par Savinien le 15/02/2021

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Il y a cent mille manières de perdre l'amour d'une femme, et la seule qu'on n'ait pas prévue est précisément celle qui se réalise.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Extrait de: Jacques (1834)

Ajoutée par Savinien le 15/02/2021

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Acte II, Scène 3


Doutez qu'au firmament l'étoile soit de flamme
Doutez que dans les cieux marche l'astre du jour,
La sainte vérité doutez-en dans votre âme!
Doutez de tout enfin, mais non de mon amour!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte I, Scène 7


L'aurore croit au jour,
Et la fleur à la brise, et la femme à l'amour.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Le coeur de celui qui aime est si riche de poésie, qu'il lui faut du recueillement et de la solitude pour savourer tout ce qu'il croit voir dans l'objet de sa passion, tout ce qui n'est réellement qu'en lui-même.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Extrait de: Lélia (1833)

Ajoutée par Savinien le 09/02/2021

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Mon Dieu! N'y a-t-il d'amour que dans le coeur qui désire, que dans l'imagination qui souffre, que dans les songes qui nous bercent durant les nuits solitaires? Est-ce un souffle insaisissable? Est-ce un météore qui brille et qui meurt? Est-ce un mot? Qu'est-ce que c'est, mon Dieu!


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Extrait de: Lélia (1833)

Ajoutée par Savinien le 09/02/2021

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Si fort que l'on aime une femme, quelque confiance que l'on ait en elle, quelque certitude sur l'avenir que vous donne son passé, on est toujours plus ou moins jaloux. Si vous avez été amoureux, sérieusement amoureux, vous avez dû éprouver ce besoin d'isoler du monde l'être dans lequel vous vouliez vivre tout entier. Il semble que, si indifférente qu'elle soit à ce qui l'entoure, la femme aimée perde de son parfum et de son unité au contact des hommes et des choses.


Par: Alexandre Dumas (fils)

Ajoutée par Savinien le 21/01/2021

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On a toujours associé la campagne à l'amour et l'on a bien fait: rien n'encadre la femme que l'on aime comme le ciel bleu, les senteurs, les fleurs, les brises, la solitude resplendissante des champs ou des bois.


Par: Alexandre Dumas (fils)

Ajoutée par Savinien le 21/01/2021

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Que de routes prend et que de raisons se donne le coeur pour en arriver à ce qu'il veut!


Par: Alexandre Dumas (fils)

Ajoutée par Savinien le 21/01/2021

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Acte III, Scène 3


Ce m'est, je le confesse, une audace bien grande
Que d'oser de ce coeur vous adresser l'offrande:
Mais j'attends en mes voeux tout de votre bonté,
Et rien des vains efforts de mon infirmité.
En vous est mon espoir, mon bien, ma quiétude;
De vous dépend ma peine ou ma béatitude;
Et je vais être enfin, par votre seul arrêt,
Heureux, si vous voulez; malheureux, s'il vous plaît.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte I, Scène 2


Je ne puis refuser mon coeur à tout ce que je vois d'aimable; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 14/01/2021

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Tu ne sais donc pas, mon beau coeur, - lui dit-elle avec une douce mélancolie, - combien le bonheur d'une femme est fragile. Tu ne sais qu'une chose, toi, c'est ton bonheur. Garde-le bien, en restant ici. Tous ceux qui tiennent à leurs trésors les cachent dans la solitude. Ryno t'aime avec idolâtrie. C'est un noble caractère, mais l'amour qu'il a pour toi n'est pas d'une autre espèce que l'amour des hommes. Ici, qu'aimerait-il s'il ne t'aimait pas? Tandis qu'à Paris, il est des distractions de toutes sortes; et pour une femme aimée, toute distraction est une ennemie.


Par: Jules Barbey d'Aurevilly

Ajoutée par Savinien le 12/01/2021

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Le coeur d'un homme! Ah! Quelle femme peut se vanter d'avoir bien fermé cet abîme, et d'en avoir toujours la clef?


Par: Jules Barbey d'Aurevilly

Ajoutée par Savinien le 12/01/2021

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Il n'y a qu'une atmosphère où l'amour n'étouffe pas, c'est la solitude. Comme les aigles auxquels il faut les immensités d'un désert d'azur, l'amour n'a sa largeur et la naïveté puissante de ses mouvements que dans une solitude, immense, profonde, complète; une empyrée de solitude!


Par: Jules Barbey d'Aurevilly

Ajoutée par Savinien le 12/01/2021

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Malgré sa pitié et son amour pour Hermangarde, il se trouvait mieux auprès de la femme qu'il n'aimait plus qu'à côté de celle qu'il aimait. Quoi d'étonnant? Toutes ses relations avec Vellini étaient droites et vraies; avec Hermangarde, elles ne l'étaient plus. L'air vital du coeur, n'est-ce pas la confiance? Le bonheur entre ceux qui s'aiment, c'est de parler haut.


Par: Jules Barbey d'Aurevilly

Ajoutée par Savinien le 12/01/2021

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Plénitude


J'ai jeté le bâton coupé dans la forêt
Et je ne boirai plus de fontaine en fontaine;
Ma barque n'ira plus vers la rive lointaine
Où dans la brume d'or le cap brusque apparaît;

Partez, ô voyageurs, je reste sans regret!
A d'autres maintenant la voile et la carène
Avec toute la mer où chante la Sirène
Qui cache sous le flot son écailleux secret!

Je ne foulerai plus la poussière et la dalle
Et l'on n'entendra plus retentir ma sandale
Sur le parvis du temple où se dressent les Dieux;

L'Ombre descend. Ma vie aujourd'hui est étale
Et je ne veux plus voir d'autres astres aux cieux
Que celui qui rayonne en la nuit de vos yeux.


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 07/01/2021

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Odelette


Auprès de toute fontaine
Souvenez-vous qu'on entend
Chanter sa joie ou sa peine
En son flot intermittent,

Car son onde, qui sans cesse
Fuit, mire tour à tour
Votre regard, ô Tristesse,
Et votre visage, Amour!


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 07/01/2021

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Paroles du soir


J'aurai vécu. Mes yeux ne verront plus les choses
En leur même lumière et leur même beauté;
Je n'écouterai plus renaître avec les roses
Le chant voluptueux du rossignol d'été;

En sa robe d'argent, transparente et sonore,
Descendu jusqu'à moi des sommets du matin,
Je ne sentirai plus le frais vent de l'aurore
Caresser mon visage et passer sur mes mains.

Un soir viendra, d'hiver ou d'automne farouche,
Un soir qui n'aura plus d'autre soir après lui,
Où la cendre des jours, amère dans ma bouche,
Aura le goût de l'ombre et l'odeur de la nuit;

Et ce sera fini des choses de la terre
Et de tout ce qu'on serre entre ses bras fermés,
Mais qu'importe, s'il reste au passé qu'il éclaire
Le divin souvenir de vos yeux trop aimés!


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 07/01/2021

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Quatrains


Ce long jour fut sans vous, mélancolique et sombre
Puisque vos yeux charmants ne m'y ont pas souri
Et que le soleil meurt sans dessiner votre ombre
Au sable de l'allée et sur le mur fleuri...


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 07/01/2021

Catégories:

Quatrains


Si ce jour d'été triste est presque un jour d'automne,
Ne laisse pas ton coeur y mêler son regret,
Mais songe à ton amour et que la vie est bonne,
Même lorsque le ciel est bas sur la forêt.


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 07/01/2021

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Soir d'automne


La forêt se dépouille au vent froid de Novembre;
La feuille en tournoyant tombe dans l'air glacé,
Mais déjà luit la lampe aux vitres de la chambre;
Rentrons. Le soir est proche et ce jour est passé.

Rentrons. Le doux seuil s'ouvre à nos courses errantes
Et la source fut pure où nos lèvres ont bu
Et nous gardons en nous, captives et vivantes,
Les heures de l'été que nous avons vécu.

Qu'importe maintenant si l'automne cruelle
Décline vers l'hiver et si le soir est là,
Puisque le foyer clair et la lampe fidèle
Nous offrent leur pensif et leur ardent éclat,

Et puisqu'en nos deux coeurs qui ne font plus qu'une âme
Où ne peuvent plus rien les destins inconstants,
Un si beau souvenir brûle sa double flamme,
Plus divin que la vie et plus fort que le temps!


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 07/01/2021

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Si vous ne voulez pas souper avec M. de Marigny, señora, c'est donc que vous le craignez beaucoup, et la Crainte, c'est souvent la soeur aînée de l'Amour.


Par: Jules Barbey d'Aurevilly

Ajoutée par Savinien le 07/01/2021

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Les femmes n'existent que par l'amour. Celle qui s'est fait aimer dix ans, a fait preuve d'une puissance dont on espère saisir le mot sur son front.


Par: Jules Barbey d'Aurevilly

Ajoutée par Savinien le 07/01/2021

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Trenmor, vous qui connaissez Lélia, dites-moi si elle a connu l'amour? Eh bien, si cela n'est pas, Lélia n'est pas un être complet. C'est un rêve tel que l'homme peut en créer, gracieux et sublime, mais où il manque toujours quelque chose d'inconnu; quelque chose qui n'a pas de nom, et qu'un nuage nous voile toujours; quelque chose qui est au delà des cieux, quelque chose où nous tendons sans cesse sans l'atteindre ni le deviner jamais; quelque chose de vrai, de parfait et d'immuable: Dieu peut-être, c'est peut être Dieu que cela s'appelle! Eh bien! La révélation de cela manque à l'esprit humain. Pour le remplacer, Dieu lui a donné l'amour, faible émanation du feu du ciel, âme de l'univers perceptible à l'homme. Cette étincelle divine, ce reflet du Très-Haut, sans lequel la plus belle création est sans valeur, sans lequel la beauté n'est qu'une image privée d'animation, l'amour!


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Extrait de: Lélia (1833)

Ajoutée par Savinien le 02/01/2021

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Panneau


L'ingénieux Amour noue à mon cadre d'or
Sa couronne de fleurs et son carquois de flèches,
Car sa bouche, jadis, douce à mes lèvres fraîches,
Leur donna la couleur qui les empourpre encor.

Sous l'arceau du bosquet qui dresse son décor
A ma beauté, l'Automne avec ses feuilles sèches
Touche ma joue encor pareille au fard des pêches,
Et l'éclair de mes dents pourrait y mordre encor.

L'Amour, hélas! Vois-tu, ne fait pas d'immortelles;
La toile d'araignée ourdit à mes dentelles
Ses fils mystérieux qu'entrelace le temps,

Mais si la triste Mort m'effleura de son aile,
Le dieu qu'en sa jeunesse adora mon printemps
Me garde souriante et me voit toujours belle.


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 23/12/2020

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Le pas


L'Amour passe. Regarde, écoute, attends, espère;
Son pas mystérieux est partout en chemin
Et, visiteur du soir, du jour ou du matin,
Il sait ton seuil bruyant ou ton seuil solitaire.

Le voici. Devant lui, pour qu'il se désaltère,
Dispose sur la table où choisira sa main
La coupe de ta source ou l'outre de ton vin.
Il rira. Tu riras à ton tour pour lui plaire.

Dors en ses bras comme j'y dormis en pensant
Arrêter à jamais cet éternel Passant.
Il est debout déjà dans l'aube et toi tu dors,

Sans entendre tout bas se poser sur la dalle
Pour partir, et tandis que l'autre est nu encor,
L'un de ses pieds déjà chaussé de la sandale.


Par: Henri François Joseph de Régnier

Ajoutée par Savinien le 23/12/2020

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Idylle


C'était à ce moment de la fin des journées
Où le ciel attiédi de nocturnes pâleurs
Se mire aux bassins clairs endormis dans les fleurs;
A mes lèvres venaient les phrases ajournées,
Les supplications et les mots cajoleurs.

C'était un de ces soirs de rencontre et d'idylles
Où dans les bosquets verts on se met à genoux,
Où l'on échange à demi-voix et loin de tous
Les serments attendris et les propos futiles
Enhardis d'un regard clément des yeux plus doux.


Par: Henri François Joseph de Régnier

Extrait de: Apaisement (1886)

Ajoutée par Savinien le 19/12/2020

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Avec de l'imagination et des obstacles, on peut toujours adorer une femme; il n'est pas aussi facile de l'aimer. On n'adore la plupart des femmes que faute de les pouvoir aimer.


Par: Alphonse Karr

Ajoutée par Savinien le 19/12/2020

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L'amour est la plus terrible et la plus honnête des passions; c'est la seule qui ne puisse s'occuper de son bonheur sans y comprendre le bonheur d'un autre.


Par: Alphonse Karr

Ajoutée par Savinien le 15/12/2020

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L'inspiration


Un oiseau solitaire aux bizarres couleurs
Est venu se poser sur une enfant; mais elle,
Arrachant son plumage où le prisme étincelle,
De toute sa parure elle fait des douleurs;

Et le duvet moelleux, plein d'intimes chaleurs,
Épars, flotte au doux vent d'une bouche cruelle.
Or l'oiseau, c'est mon coeur; l'enfant coupable est celle,
Celle dont je ne puis dire le nom sans pleurs.

Ce jeu l'amuse, et moi j'en meurs, et j'ai la peine
De voir dans le ciel vide errer sous son haleine
La beauté de mon cœur pour le plaisir du sien!

Elle aime à balancer mes rêves sur sa tête
Par un souffle et je suis ce qu'on nomme un poète.
Que ce souffle leur manque et je ne suis plus rien.


Par: René Armand François Prudhomme (Sully Prudhomme)

Ajoutée par Savinien le 27/10/2020

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A ma soeur


Enfant, je t'ai dit qui j'aimais,
Tu sais le nom de la première;
Sa grâce ne mourra jamais
Dans mes yeux qu'avec la lumière.

Ah! Si les jeunes gens sont fous,
Leur enthousiasme s'expie;
On se meurtrit bien les genoux
Quand on veut saluer la vie.

J'ai cru dissiper cet amour;
Voici qu'il retombe en rosée,
Et je sens son muet retour
Où chaque larme s'est posée.


Par: René Armand François Prudhomme (Sully Prudhomme)

Ajoutée par Savinien le 24/10/2020

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Le vase brisé


Le vase où meurt cette verveine
D'un coup d'éventail fut fêlé;
Le coup dut effleurer à peine:
Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D'une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s'est épuisé;
Personne encore ne s'en doute;
N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde;
Il est brisé, n'y touchez pas.


Par: René Armand François Prudhomme (Sully Prudhomme)

Ajoutée par Savinien le 24/10/2020

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Acte V, Scène 1


Devais-je, en lui faisant un récit trop sincère,
D'une indigne rougeur couvrir le front d'un père?
Vous seule avez percé ce mystère odieux.
Mon coeur pour s'épancher n'a que vous et les dieux.
Je n'ai pu vous cacher, jugez si je vous aime,
Tout ce que je voulais me cacher à moi-même.


Par: Jean Racine

Extrait de: Phèdre (1677)

Ajoutée par Savinien le 17/10/2020

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Je ne la connaissais pas et peut-être que je ne désirais pas la connaître. Plus sage que je ne semblerai à ceux qui liront cette histoire, plus sage que je ne pensais moi-même, j'avais percé le secret d'Éros, j'avais appris que l'amour pur s'affranchit de toute sympathie, de toute estime et de toute amitié; qu'il vit de désir et se nourrit de mensonges. On n'aime vraiment que ce qu'on ne connaît pas.


Par: Anatole France

Ajoutée par Savinien le 15/10/2020

Catégories:

Je vous aime, et j'aime tout en vous: la terre qui vous porte, sur laquelle vous pesez si peu et que vous embellissez, la lumière qui fait que je vous vois, l'air que vous respirez. J'aime le platane penché de ma cour, parce que vous l'avez vu. Je me suis promené, cette nuit, sur l'avenue où je vous ai rencontrée un soir d'hiver. J'ai cueilli un rameau du buis que vous aviez regardé. Dans cette ville où vous n'êtes pas, je ne vois que vous.


Par: Anatole France

Ajoutée par Savinien le 13/10/2020

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Acte III, Scène 5


Oui, c'est moi qui voudrais effacer de ma vie
Les jours que j'ai vécus sans vous avoir servie.
Que vivre sans vous voir est un sort rigoureux!
C'est ou ne vivre point, ou vivre malheureux;
C'est une longue mort; et, pour moi, je confesse
Que, pour vivre, il faut être esclave de Lucrèce.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le menteur (1644)

Ajoutée par Savinien le 25/08/2020

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L'amour est une plante de printemps qui parfume tout de son espoir, même les ruines où il s'accroche.


Par: Gustave Flaubert

Ajoutée par Savinien le 20/08/2020

Catégories:

N'avaient-ils rien autre chose à se dire? Leurs yeux pourtant étaient pleins d'une causerie plus sérieuse; et, tandis qu'ils s'efforçaient à trouver des phrases banales, ils sentaient une même langueur les envahir tous les deux; c'était comme un murmure de l'âme, profond, continu, qui dominait celui des voix. Surpris d'étonnement à cette suavité nouvelle, ils ne songeaient pas à s'en raconter la sensation ou à en découvrir la cause. Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l'immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l'on s'assoupit dans cet enivrement sans même s'inquiéter de l'horizon que l'on n'aperçoit pas.


Par: Gustave Flaubert

Ajoutée par Savinien le 20/08/2020

Catégories:

Il suffit à un jeune homme de rencontrer une femme qui ne l'aime pas, ou une femme qui l'aime trop, pour que toute sa vie soit dérangée. Le bonheur engloutit nos forces, comme le malheur éteint nos vertus.


Par: Honoré de Balzac

Ajoutée par Savinien le 18/08/2020

Catégories:

L'amour est souvent le sentiment le plus violent parce qu'il est le moins durable.


Par: Honoré de Balzac

Ajoutée par Savinien le 18/08/2020

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La fleur de sang


Je suis le Dieu sanglant, je suis le Dieu farouche,
L'âpre ennemi, le fier chasseur ailé, vainqueur
Des monstres, le cruel archer que rien ne touche;

Je suis l'Amour; veux-tu me servir, faible coeur?
Je te ferai sentir la griffe des Chimères
Et je te verserai ma funeste liqueur.

Je prendrai les meilleurs des instants éphémères
Que doit durer ici ton corps matériel,
Et tu fuiras en vain les angoisses amères.

J'éteindrai tes beaux yeux qui reflètent le ciel,
Je flétrirai ta joue, et dans mes noirs calices
Tu trouveras un vin plus amer que du fiel.

Savoure sans repos mes atroces délices!
Car tu n'espères pas, tant que durent tes jours,
Épuiser ma colère, et lasser mes supplices.


Par: Théodore de Banville

Extrait de: Les exilés (1867)

Ajoutée par Savinien le 18/08/2020

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Chanson d'amour


Un frisson glisse sur mon col,
Et glace ma lèvre déclose. -
Si je le dis au rossignol,
Il ira le dire à la rose.

Qui donc saura le supplier
De finir mes peines mortelles? -
Si je le dis au blanc ramier,
Il l'ira dire aux tourterelles.

Je me ploie ainsi qu'un roseau
Et ma beauté penche flétrie. -
Si je le dis au bleu ruisseau,
Il l'ira dire à la prairie.

Vous qui voyez mon désespoir,
Flots, ailes, brises des montagnes! -
Si je le dis à mon miroir,
Il l'ira dire à mes compagnes.

Parce que je languis d'amour,
Vous qui voyez que je me pâme, -
Allez, allez de ce séjour
Vers le bien-aimé de mon âme!


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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La femme aux roses


Son corps souple et superbe était jonché de roses.
Et ses lèvres de flamme, et les fleurs de son sein,
Sur ces coteaux neigeux qu'elle montre à dessein,
Semblaient, aux yeux séduits par de douces chimères,
Les boutons rougissants de ces fleurs éphémères.


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

Catégories:

Viens. Sur tes cheveux noirs


Viens. Sur tes cheveux noirs jette un chapeau de paille.
Avant l'heure du bruit, l'heure où chacun travaille,
Allons voir le matin se lever sur les monts
Et cueillir par les prés les fleurs que nous aimons.
Sur les bords de la source aux moires assouplies,
Les nénufars dorés penchent des fleurs pâlies,
Il reste dans les champs et dans les grands vergers
Comme un écho lointain des chansons des bergers,
Et, secouant pour nous leurs ailes odorantes,
Les brises du matin, comme des soeurs errantes,
Jettent déjà vers toi, tandis que tu souris,
L'odeur du pêcher rose et des pommiers fleuris.


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

Catégories:

Oh: Quand la Mort


Oh! Quand la Mort, que rien ne saurait apaiser,
Nous prendra tous les deux dans un dernier baiser
Et jettera sur nous le manteau de ses ailes,
Puissions-nous reposer sous deux pierres jumelles!
Puissent les fleurs de rose aux parfums embaumés
Sortir de nos deux corps qui se sont tant aimés,
Et nos âmes fleurir ensemble, et sur nos tombes
Se becqueter longtemps d'amoureuses colombes!


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

Catégories:

Amours d'Elise


Le soleil souriait à la jeune nature,
L'hiver avait séché ses pleurs,
Et la brise entr'ouvrait de son haleine pure
L'humide corolle des fleurs.

Le saule aux rameaux verts penchait sa rêverie
Sur les flots au reflet doré;
Le ruisseau murmurant dans la verte prairie
Souriait au ciel azuré.

Or, nous étions tous deux sous les tremblantes roses
Qu'épanouissait le printemps,
Si que sans y penser nos amours sont écloses,
Comme elles, presque en même temps.

Le rossignol disait sa plainte enchanteresse,
Nous disions des serments jaloux;
Et tout en nous était joie, extase, tendresse...
Hélas! Vous le rappelez-vous?

L'arbre pensif s'incline encor, l'insecte rôde,
L'églantier semble rajeunir,
Le vent a son parfum, l'herbe son émeraude;
Notre amour est un souvenir!


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

Catégories:

Amours d'Elise


D'où vient-il, ce lointain frisson d'épithalame?
Quels cieux ont déroulé leurs nappes de saphir?
Quel espoir inconnu m'anime? Quel zéphyr
A jeté dans ma vie errante un nom de femme?

Quel oiseau près de moi chante sa folle gamme?
Quel éblouissement s'enfuit, pour me ravir,
Comme le corail rose ou la perle d'Ophir
Que poursuit le plongeur bercé par une lame?

En vain de ma pensée effarouchant l'essor,
Je veux loin de vos yeux pleins d'étincelles d'or
L'entraîner, sur vos pas la rêveuse s'envole,

Et, pour que mon tourment renaisse, ardent phénix,
J'emporte dans mon coeur votre chère parole,
Comme un parfum subtil dans un vase d'onyx.


Par: Théodore de Banville

Ajoutée par Savinien le 15/08/2020

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