Thématique citations : Le bonheur
212 Citations
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Comme le premier pas vers le bien est de ne point faire de mal, le premier pas vers le bonheur est de ne point souffrir.
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 12/01/2016
Il faut une âme saine pour sentir les charmes de la retraite; on ne voit guère que des gens de bien se plaire au sein de leur famille et s'y renfermer volontairement; s'il est au monde une vie heureuse, c'est sans doute celle qu'ils y passent. Mais les instruments du bonheur ne sont rien pour qui ne sait pas les mettre en oeuvre, et l'on ne sent en quoi le vrai bonheur consiste qu'autant qu'on est propre à le goûter.
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 11/01/2016
J'ai passé dans l'Élysée deux heures auxquelles je ne préfère aucun temps de ma vie. En voyant avec quel charme et quelle rapidité elles s'étaient écoulées, j'ai trouvé qu'il y a dans la méditation des pensées honnêtes une sorte de bien-être que les méchants n'ont jamais connu; c'est celui de se plaire avec soi-même. Si l'on y songeait sans prévention, je ne sais quel autre plaisir on pourrait égaler à celui-là. Je sens au moins que quiconque aime autant que moi la solitude doit craindre de s'y préparer des tourments. Peut-être tirerait-on des mêmes principes la clef des faux jugements des hommes sur les avantages du vice et sur ceux de la vertu. Car la jouissance de la vertu est tout intérieure, et ne s'aperçoit que par celui qui la sent; mais tous les avantages du vice frappent les yeux d'autrui, et il n'y a que celui qui les a qui sache ce qu'ils lui coûtent.
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 05/01/2016
Vous qui savez si bien votre Épictète, lui dis-je, voici le cas ou jamais de l'employer utilement. Distinguez avec soin les biens apparents des biens réels, ceux qui sont en nous de ceux qui sont hors de nous. Dans un moment où l'épreuve se prépare au dehors, prouvez-lui qu'on ne reçoit jamais de mal que de soi-même, et que le sage, se portant partout avec lui, porte aussi partout son bonheur.
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 27/10/2015
Ne croyez pas que je sois privé de tous les plaisirs; j'en éprouve continuellement un aussi sensible et plus pur que tous les autres: c'est le charme de l'amitié ; vous devez en connaître tout le prix, vous êtes fait pour la sentir, puisque vous êtes digne de l'inspirer. Je possède un ami fidèle, qui partage ma solitude, et qui, me tenant lieu de tout, m'empêche de rien regretter. Vous ne pouvez pas imaginer qu'un ami puisse dédommager du monde ; mais, malgré l'horreur que la retraite vous inspire aujourd'hui, vous la regarderez un jour comme un bien.
Par: Charles Pinot Duclos (Duclos)
Extrait de: Les confessions du comte de xxx (1742)
Ajoutée par Savinien le 31/08/2015
Je n'ai pas encore quarante ans, et j'ai épuisé ces plaisirs que leur nouveauté vous fait croire inépuisables. J'ai usé le monde, j'ai usé l'amour même; toutes les passions aveugles et tumultueuses sont mortes dans mon coeur. J'ai par conséquent perdu quelques plaisirs; mais je suis exempt de toutes les peines qui les accompagnent, et qui sont en bien plus grand nombre. Cette tranquillité, ou, si vous voulez, pour m'accommoder à vos idées, cette espèce d'insensibilité est un dédommagement bien avantageux, et peut-être l'unique bonheur qui soit à la portée de l'homme.
Par: Charles Pinot Duclos (Duclos)
Extrait de: Les confessions du comte de xxx (1742)
Ajoutée par Savinien le 31/08/2015
Certainement, je n'ai pas à me plaindre [...] car, Dieu merci, Je ne suis plus rien, à supposer que j'aie jamais été quelque chose, et je souhaite à beaucoup d'ambitieux de finir ainsi. J'ai trouvé la certitude et le repos, ce qui vaut mieux que toutes les hypothèses. Je me suis mis d'accord avec moi-même, ce qui est bien la plus grande victoire que nous puissions remporter sur l'impossible [...] et s'il est vrai que le but de toute existence humaine soit moins encore de s'ébruiter que de se transmettre, si le bonheur consiste dans l'égalité des désirs et des forces, je marche aussi droit que possible dans les voies de la sagesse, et vous pourrez témoigner que vous avez vu un homme heureux.
Par: Eugène Fromentin
Extrait de: Dominique (1863)
Ajoutée par Savinien le 26/08/2015
Le bonheur est comme l'image réfléchie par la glace: on le voit toujours, on ne le saisit jamais.
Par: Edme-Pierre Chauvot de Beauchêne
Extrait de: Maximes, réflexions et pensées diverses (1819)
Ajoutée par Savinien le 02/08/2015
Il nous est loisible d'accroître sans-cesse nos biens, de vivre dans une belle maison décorée avec style, de manger des plats toujours plus raffinés, mais à quel prix? Celui de notre temps, de notre énergie et de notre attention et, en fin de compte, de notre bien-être... Comme le disait le sage taoïste Tchouang-tseu: « Celui qui a pénétré le sens de la vie ne se donne plus de peine pour ce qui ne contribue pas à la vie. »
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour l'altruisme (2003)
Ajoutée par Savinien le 09/06/2015
Le mot « austérité » n'est pas agréable à entendre. Dans l'esprit de la plupart des gens, il évoque la privation des plaisirs quotidiens, une vie morne et des restrictions interdisant de s'épanouir librement dans l'existence [...] La simplicité volontaire est un concept très différent. Elle ne consiste pas à se priver de ce qui nous rend heureux - ce serait absurde - mais à mieux comprendre ce qui procure une satisfaction véritable et à ne plus être assoiffé de ce qui engendre davantage de tourments que de bonheur. La simplicité va de pair avec le contentement.
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour l'altruisme (2003)
Ajoutée par Savinien le 09/06/2015
En thèse générale, on ne peut être à l'unisson parfait qu'avec soi-même; on ne peut pas l'être avec son ami, on ne peut pas l'être avec la femme aimée, car les différences de l'individualité et de l'humeur produisent toujours une dissonance, quelque faible qu'elle soit. Aussi la paix du coeur véritable et profonde et la parfaite tranquillité de l'esprit, ces biens suprêmes sur terre après la santé, ne se trouvent que dans la solitude et, pour être permanents, que dans la retraite absolue. Quand alors le moi est grand et riche, on goûte la condition la plus heureuse qui soit à trouver en ce pauvre bas monde.
Par: Arthur Schopenhauer
Extrait de: Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1886)
Ajoutée par Savinien le 08/06/2015
Se restreindre rend heureux. Plus notre cercle de vision, d'action et de contact est étroit, plus nous sommes heureux; plus il est vaste, plus nous nous trouvons tourmentés ou inquiétés. Car en même temps que lui, grandissent et se multiplient les peines, les désirs et les alarmes [...] Nous trouverons du bonheur dans la plus grande simplicité possible de nos relations et même dans l'uniformité du genre de vie, tant que cette uniformité n'engendrera pas l'ennui: c'est à cette condition que nous porterons plus légèrement la vie et son fardeau inséparable; l'existence s'écoulera, comme un ruisseau, sans vagues et sans tourbillons.
Par: Arthur Schopenhauer
Extrait de: Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1886)
Ajoutée par Savinien le 26/05/2015
Nous devrions ne jamais oublier que le présent seul est réel, que seul il est certain, et qu'au contraire l'avenir se présente toujours autre que nous ne le pensions et que le passé lui aussi a été différent; ce qui fait que, en somme, avenir et passé ont tous deux bien moins d'importance qu'il ne nous semble. Car le lointain, qui rapetisse les objets pour l'oeil, les surgrossit pour la pensée. Le présent seul est vrai et effectif; il est le temps réellement rempli, et c'est sur lui que repose exclusivement notre existence. Aussi doit-il toujours mériter à nos yeux un accueil de bienvenue; nous devrions goûter, avec la pleine conscience de sa valeur, toute heure supportable et libre de contrariétés ou de douleurs actuelles, c'est à dire ne pas la troubler par des visages qu'attristent des espérances déçues dans le passé ou des appréhensions pour l'avenir.
Par: Arthur Schopenhauer
Ajoutée par Savinien le 14/05/2015
Le fou court après les plaisirs de la vie et trouve la déception; le sage évite les maux. Si malgré ces efforts il n'y parvient pas, la faute en est alors au destin et non à sa folie. Mais pour peu qu'il y réussisse, il ne sera pas déçu, car les maux qu'il aura écartés sont des plus réels. Dans le cas même où le détour fait pour leur échapper eût été trop grand et où il aurait sacrifié inutilement des plaisirs, il n'a rien perdu en réalité: car ces derniers sont chimériques, et se désoler de leur perte serait petit ou plutôt ridicule.
Par: Arthur Schopenhauer
Ajoutée par Savinien le 12/05/2015
Il y a en ce monde des êtres qui possèdent d'immenses qualités, d'autres qui comblent l'humanité de bienfaits et dont les entreprises sont couronnées de succès, d'autres qui, simplement, sont plus doués, plus heureux, ou réussissent mieux que nous. Réjouissons-nous sincèrement de leurs accomplissements, souhaitons que leurs qualités ne déclinent pas, mais au contraire perdurent et s'accroissent. Cette faculté de célébrer les meilleurs aspects d'autrui est un antidote à l'envie et à la jalousie, lesquelles reflètent une incapacité à se réjouir du bonheur d'autrui. C'est aussi un remède au découragement et à la vision sombre et désespérée du monde et des êtres.
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour l'altruisme (2003)
Ajoutée par Savinien le 11/05/2015
C'est une consolation, dans la vieillesse, que d'avoir derrière soi le labeur de la vie. L'homme le plus heureux est donc celui qui parcourt sa vie sans douleurs trop grandes, soit au moral soit au physique, et non pas celui qui a eu pour sa part les joies les plus vives ou les jouissances les plus fortes. Vouloir mesurer sur celles-ci le bonheur d'une existence, c'est recourir à une fausse échelle. Car les plaisirs sont et restent négatifs; croire qu'ils rendent heureux est une illusion que l'envie entretient et par laquelle elle se punit elle-même. Les douleurs au contraire sont senties positivement, c'est leur absence qui est l'échelle du bonheur de la vie. Si, à un état libre de douleur vient s'ajouter encore l'absence de l'ennui, alors on atteint le bonheur sur terre dans ce qu'il a d'essentiel, car le reste n'est plus que chimères.
Par: Arthur Schopenhauer
Ajoutée par Savinien le 11/05/2015
Nous nous efforçons constamment d'améliorer les conditions extérieures de notre existence, et en fin de compte c'est notre esprit qui fait l'expérience du monde et qui traduit cette perception sous forme de bien-être ou de souffrance. Si nous transformons notre façon d'appréhender les choses, nous transformons automatiquement la qualité de notre vie. Or ce changement est possible. Il résulte d'un entraînement de l'esprit que l'on appelle parfois « méditation ».
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour l'altruisme (2003)
Ajoutée par Savinien le 10/05/2015
Avec ses contrariétés petites, médiocres et grandes de chaque heure, de chaque jour, de chaque semaine et de chaque année, avec ses espérances déçues et ses accidents qui déjouent tous les calculs, la vie porte l'empreinte si nette d'un caractère propre à nous inspirer le dégoût, que l'on a peine à concevoir comment on a pu le méconnaître, et se laisser persuader que la vie existe pour être goûtée par nous avec reconnaissance et que l'homme est ici-bas pour vivre heureux.
Par: Arthur Schopenhauer
Ajoutée par Savinien le 04/05/2015
En vérité, l'égoïste pêche principalement par ignorance. S'il comprenait mieux les mécanismes du bonheur et de la souffrance, il accomplirait son propre bien en faisant preuve de bonté à l'égard d'autrui. Jean-Jacques Rousseau le notait: « Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le coeur humain puisse goûter. » Pour le bouddhisme, se vouloir véritablement du bien, c'est aspirer à vivre chaque moment de l'existence comme un moment de plénitude, c'est vouloir atteindre un état de sagesse, affranchi de la haine, du désir égocentré, de la jalousie et des autres poisons mentaux. Un état qui n'est plus perturbé par l'égoïsme et qui s'accompagne d'une bonté prête à s'exprimer à l'égard de tous ceux qui nous entourent.
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour l'altruisme (2003)
Ajoutée par Savinien le 29/04/2015
Enseignement du Dalaï-Lama
Tout être, même hostile, redoute comme moi la souffrance et cherche le bonheur. Cette réflexion nous amène à nous sentir profondément concernés par le bonheur d'autrui, ami ou ennemi. C'est la base de la compassion authentique. Rechercher le bonheur en restant indifférent aux autres est une erreur tragique.
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour l'altruisme (2003)
Ajoutée par Savinien le 24/04/2015
L'absolu est-il un rêve? Non. Le bonheur existe-t-il? Sans doute, est-ce que l'or n'existe pas? L'homme ne peut pas plus faire du bonheur qu'il ne peut faire de l'or. Voilà tout. Il trouve le bonheur, il ne le fabrique pas. Toutes vos lois et toutes vos moeurs combinées, toute la science compliquée de tout le progrès, ne peuvent rien pour ni contre le baiser qui m'a ouvert le paradis. Aucune institution sociale, aucun code, aucune bible, aucune construction politique ou religieuse ne fera qu'une femme, avec une lueur céleste dans les yeux, me dise: je t'aime! C'est là l'or; c'est là le bonheur.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Fragments philosophiques
Ajoutée par Savinien le 12/06/2014
De quel prix sont ces voluptés cruelles qu'achète le petit nombre aux dépens de la multitude? Le luxe des villes porte dans les campagnes la misère, la faim, le désespoir: si quelques hommes sont plus heureux, le genre humain n'en est que plus à plaindre. En multipliant les commodités de la vie pour quelques riches, on n'a fait que forcer la plupart des hommes de s'estimer misérables. Quel est ce barbare bonheur qu'on ne sent qu'au dépens des autres? Ames sensibles, dites-le moi: qu'est-ce qu'un bonheur qui s'achète à prix d'argent?
Extrait de: Lettres morales (1758)
Ajoutée par Savinien le 08/05/2014
Tout homme a ses douleurs. Mais aux yeux de ses frères
Chacun d'un front serein déguise ses misères.
Chacun ne plaint que soi. Chacun dans son ennui
Envie un autre humain qui se plaint comme lui,
Nul des autres mortels ne mesure les peines,
Qu'ils savent tous cacher comme il cache les siennes;
Et chacun, l'oeil en pleurs, en son coeur douloureux
Se dit: 'Excepté moi, tout le monde est heureux,'
Ils sont tous malheureux. Leur prière importune
Crie et demande au ciel de changer leur fortune,
Ils changent; et bientôt, versant de nouveaux pleurs,
Ils trouvent qu'ils n'ont fait que changer de malheurs.
Par: André Marie de Chénier (André Chénier)
Extrait de: Poésies choisies
Ajoutée par Savinien le 22/01/2014
Hâtons-nous, l'heure fuit. Hâtons-nous de saisir
L'instant, le seul instant donné pour le plaisir.
Un jour, tel est du sort l'arrêt inexorable,
Vénus, qui pour les dieux fit le bonheur durable,
A nos cheveux blanchis refusera des fleurs,
Et le printemps pour nous n'aura plus de couleurs.
Par: André Marie de Chénier (André Chénier)
Extrait de: Poésies choisies
Ajoutée par Savinien le 21/01/2014
Les buts ordinaires de l'existence - le pouvoir, les possessions, les plaisirs des sens, la renommée - peuvent procurer des satisfactions momentanées, mais ne sont jamais la source d'une satisfaction permanente et, un jour ou l'autre, se transforment en mécontentement. Elles n'apportent jamais une plénitude durable, une paix intérieure invulnérable aux circonstances extérieures. En poursuivant toute notre vie des buts mondains, nous avons aussi peu de chance d'atteindre un bonheur véritable qu'un pêcheur qui jette ses filets dans une rivière à sec.
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Le moine et le philosophe (1997)
Ajoutée par Savinien le 05/11/2013
La liberté intérieure, c'est d'abord l'affranchissement de la dictature du « moi » et du « mien », de « l'être » asservi et de « l'avoir » envahissant, de cet ego qui rentre en conflit avec ce qui lui déplaît et tente désespérément de s'approprier ce qu'il convoite. Savoir trouver l'essentiel et ne plus s'inquiéter de l'accessoire entraîne un profond sentiment de contentement sur lequel les fantaisies du moi n'ont aucune prise. « Celui qui éprouve un tel contentement, dit le proverbe tibétain, tient un trésor au creux de sa main. »
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour le bonheur (2003)
Ajoutée par Savinien le 04/11/2013
Le sage n'a plus rien à attendre ni à espérer. Parce qu'il est pleinement heureux rien ne lui manque. Et parce que rien ne lui manque, il est pleinement heureux.
Extrait de: Petit traité des grandes vertus (1995)
Ajoutée par Savinien le 29/10/2013
Il n'échappe à personne que notre société de consommation s'ingénie à inventer sans cesse une multiplicité de plaisirs factices, euphorisants et laborieusement répétés, destinés à maintenir un état d'alerte émotionnelle, lequel déclenche assez « diaboliquement » une forme d'anesthésie de la pensée. Un abîme ne sépare-t-il pas ces « bonheurs en boîte » de la félicité intérieure? Observez à la télévision les participants aux émissions du samedi soir qui sautent de joie en applaudissant un présentateur au sourire automatique, ces « croisés de l'incandescence » comme les appelle Pascal Bruckner. Comment ne pas être navré face à ces démonstrations criardes d'une euphorie si éloignée du bonheur véritable?
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour le bonheur (2003)
Ajoutée par Savinien le 29/10/2013
Le vrai bonheur ne cherche pas à l'extérieur ses éléments: c'est en nous que nous le cultivons; c'est de lui-même qu'il sort tout entier. On tombe à la merci de la Fortune, dès qu'on cherche au dehors quelque part de soi.
Par: Sénèque
Extrait de: Lettres à Lucilius (63)
Ajoutée par Savinien le 28/10/2013
Un ami de Hong-Kong m'a dit un jour qu'il s'était promis d'amasser un million de dollars, puis de cesser de travailler pour jouir de la vie et trouver ainsi son bonheur. Dix ans plus tard, il possédait non pas un mais trois millions de dollars. Et le bonheur? Sa réponse fut brève: « J'ai perdu dix ans de ma vie. »
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour le bonheur (2003)
Ajoutée par Savinien le 27/10/2013
Le vrai bonheur procède d'une bonté essentielle qui souhaite du fond du coeur que chacun trouve un sens à son existence. C'est un amour toujours disponible, sans ostentation ni calcul. La simplicité immuable d'un coeur bon.
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour le bonheur (2003)
Ajoutée par Savinien le 27/10/2013
En l'absence de paix intérieure et de sagesse, on n'a rien pour être heureux. Vivant dans l'alternance de l'espoir et du doute, de l'excitation et de l'ennui, du désir et de la lassitude, il est facile de dilapider sa vie, bribe par bribe, sans même s'en apercevoir, courant en tous sens pour n'arriver nulle part. Le bonheur est un état de réalisation intérieure, non l'exaucement de désirs illimités tournés vers l'extérieur.
Par: Matthieu Ricard
Extrait de: Plaidoyer pour le bonheur (2003)
Ajoutée par Savinien le 27/10/2013
Quand les hommes tuent le temps d'une façon trop aisée et trop agréable, ils s'en dégoûtent. On a dit cent fois l'espèce de malaise qui s'empare de l'homme quand il se trouve arrivé à un stand-point, dans un état d'équilibre où il n'y a plus en lui de désirs: cette sorte de malaise rappelle celui qu'on éprouve dans un canot à pétrole, si le moteur s'arrête par accident, sur une mer étale. De là vient que la conscience du bonheur donne une si grande sensation de solitude. Cela est méconnu souvent.
Par: Henry de Montherlant
Extrait de: Les jeunes filles (1972)
Ajoutée par Savinien le 08/09/2013
Le bonheur ne laisse pas de traces. Le bonheur est comme le printemps; quand il est passé, rien ne montre plus comment il a été; l'arbre se dépouille de ses feuilles et reste nu. Mais quand l'orage et la foudre l'ont fracassé, la cicatrice reste toujours, même lorsque le printemps revient.
Par: Frédéric Soulié
Extrait de: Les mémoires du diable (1837)
Ajoutée par Savinien le 03/08/2013
La vie se partage en deux moitiés: l'une pleine d'espérances qui ne doivent pas se réaliser; l'autre, livrée aux regrets de bonheurs dont nous n'avons pas joui; car ce qui nous semblait si beau dans l'avenir, ce qui, lorsque nous l'avons atteint, ne nous a donné que désappointement et dégoût, reprend sa magie dans le passé. L'espérance et le souvenir ont le même charme et le même prestige: c'est l'éloignement.
Par: Alphonse Karr
Extrait de: La maison de l'ogre (1890)
Ajoutée par Savinien le 20/06/2013
Tout bonheur se compose pour au moins, la moitié de deux sensations tristes: - le souvenir de la privation dans le passé, la crainte de la perte dans l'avenir.
Par: Alphonse Karr
Extrait de: La maison de l'ogre (1890)
Ajoutée par Savinien le 19/06/2013
Que d'heureux on pourrait faire avec tout le bonheur qui se perd et se gaspille dans le monde, par des gens qui en jouissent sans le sentir ni le comprendre?
Depuis que le monde existe, on fait des commentaires sur le bonheur, on le dissèque, on le discute, etc., et la vérité est que les gens les plus heureux sont ceux qui n'y ont jamais pensé, qui seraient fort embarrassés de dire ce que c'est que le bonheur, et qui en jouissent sans presque le connaître.
Par: Alphonse Karr
Extrait de: La maison de l'ogre (1890)
Ajoutée par Savinien le 18/06/2013
Quand je cherche à me rappeler tous les bonheurs de ma vie, je reconnais qu'il n'y en a guère que j'aie prévus et atteints à la course.
Les bonheurs sont comme le gibier: quand on les vise de trop loin, on les manque.
Par: Alphonse Karr
Extrait de: Voyage autour de mon jardin (1861)
Ajoutée par Savinien le 12/06/2013
Victoires
Dès qu'un homme cherche le bonheur, il est condamné à ne pas le trouver, et il n'y a point de mystère là-dedans. Le bonheur n'est pas comme cet objet en vitrine, que vous pouvez choisir, payer, emporter; si vous l'avez bien regardé, il sera bleu ou rouge chez vous comme dans la vitrine. Tandis que le bonheur n'est bonheur que quand vous le tenez; si vous le cherchez dans le monde, hors de vous-même, jamais rien n'aura l'aspect du bonheur. En somme on ne peut ni raisonner ni prévoir au sujet du bonheur; il faut l'avoir maintenant. Quand il paraît être dans l'avenir, songez-y bien, c'est que vous l'avez déjà. Espérer, c'est être heureux.
Par: Emile Auguste Chartier (Alain)
Extrait de: Propos
Ajoutée par Savinien le 12/02/2013
Je vous dois de connaître l'amour, l'amour malheureux, il est vrai; mais il y a à aimer sans être aimé un charme mélancolique et profond, et il est beau de se ressouvenir de ceux qui nous oublient. - C'est déjà un bonheur que de pouvoir aimer même quand on est seul à aimer, et beaucoup meurent sans l'avoir eu, et souvent les plus à plaindre ne sont pas ceux qui aiment.
Par: Théophile Gautier
Extrait de: Mademoiselle de Maupin (1835)
Ajoutée par Savinien le 24/01/2013
Ne formons point de plan pour les années qui suivront; les plus heureux moments de la vie sont encore ceux qu'un hasard bienfaisant nous accorde.
Par: Anne-Louise Germaine Necker (Madame de Stael)
Extrait de: Corinne ou l'Italie (1807)
Ajoutée par Savinien le 17/01/2013
Navigations
Faites lire ce livre (les navigateurs solitaires) à vos enfants. Ils y trouveront peut-être le goût de choisir, plutôt qu'un métier, une vie, c'est à dire une chose qui empêche un homme de se demander stérilement s'il est riche ou bien s'il est pauvre, et s'il va mal ou s'il va bien; plus fort: s'il a des mains ou bien s'il n'en a pas. Telle est la force des passions. Car ils trouveront là-dedans l'histoire de cet homme sans doigts (il les avait eu gelés) qui continuait à tourner tout seul sur des bateaux autour du monde. (Il était remonté comme une montre.) Et c'est probablement ce qu'on appelle le bonheur.
Par: Alexandre Vialatte
Extrait de: Chroniques de La Montagne
Ajoutée par Savinien le 08/01/2013
Des hommes qui ne posséderaient qu'un toit auprès d'une source, et qui se nourriraient presque toujours d'aliments sauvages, ne se croiraient pas indigents, pourvu qu'ils restassent robustes, et que l'opinion ne les eût pas subjugués. C'est à peu près ainsi que nous pourrions être, si le bonheur faisait réellement partie de notre destination. Mais la pénurie et ses chagrins seront d'infaillibles produits d'une civilisation qui se proposera pour objet le faste et les plaisirs.
Par: Etienne Pivert de Senancour
Extrait de: Rêveries (1833)
Ajoutée par Savinien le 28/12/2012
La durée des affections, la suite des idées, la paix de l'âme sont plus faciles dans les lieux agrestes. Mais suffira-t'il d'y passer quelques jours? Ce serait ne point connaître les principaux avantages de la retraite: il faut y rester longtemps pour apprécier le bonheur d'y vivre. Rarement on trouvera dans la campagne la mieux choisie des jouissances imprévues ou des joies inégales; mais, par cette raison même, on y oubliera l'anxiété du monde. Alors on sent qu'on a une demeure, et on s'arrête doucement se croyant arrivé. On sourit sans amertume: on voit tomber la feuille qui vient de grandir, et sans doute un jour on s'affaiblira sans trouble.
De la culture, des fleurs ordinaires, des soins domestiques dont une industrie naturelle écarte les difficultés, voila l'emploi des heures. Les entretiens sont à la fois sérieux et libres avec abandon, parce que la pensée est profonde, parce que, autrefois, le coeur a été un peu brisé, parce que le rire habituel ne convenait qu'à la fastidieuse gaieté des villes, parce que c'est assez, pour espérer à jamais, de se trouver là où se réunissent le bruit des eaux rapides et les murmures de la forêt à la fin du jour.
Par: Etienne Pivert de Senancour
Extrait de: Rêveries (1833)
Ajoutée par Savinien le 28/12/2012
Rien n'est plus contraire à la félicité que la folie des plaisirs. Le premier degré dans l'art d'être heureux est la modération au milieu des jouissances. Ce n'est pas assez qu'un plaisir soit exempt de remords, ou même qu'il soit sans mélange, il faut aussi n'en recevoir que ce qui est nécessaire pour ne point perdre l'inclination destinée à le reproduire. C'est une douce volupté de prolonger l'espoir, d'éluder le désir, de ne rien précipiter. On éloignerait tout bonheur si on voulait être absolument heureux.
Par: Etienne Pivert de Senancour
Extrait de: Rêveries (1833)
Ajoutée par Savinien le 27/12/2012
Pour n'être pas vraiment malheureux, il ne faut qu'un bien; on le nomme raison, sagesse ou vertu. Pour être satisfait je crois qu'il en faut quatre: beaucoup de raison, de la santé, quelque fortune, et peu de ce bonheur qui consiste à avoir le sort pour soi. A la vérité, chacun de ces trois autres biens n'est rien sans la raison, et la raison est beaucoup sans eux. Elle peut les donner enfin, ou consoler de leur perte; mais eux ne la donnent pas, et ce qu'ils donnent sans elle n'a qu'un éclat extérieur, une apparence dont le coeur n'est pas longtemps abusé. Avouons que l'on est bien sur la terre quand on peut et qu'on sait. Pouvoir sans avoir, est fort dangereux; savoir sans pouvoir, est inutile et triste.
Par: Etienne Pivert de Senancour
Extrait de: Obermann (1804)
Ajoutée par Savinien le 20/12/2012
Heureux celui qui possède ce que l'homme doit chercher, et qui jouit de tout ce que l'homme doit sentir! Heureux encore, dit-on, celui qui ne cherche rien, ne sent rien, n'a besoin de rien, et pour qui exister c'est vivre.
Par: Etienne Pivert de Senancour
Extrait de: Obermann (1804)
Ajoutée par Savinien le 13/12/2012
C'est une bien douce volupté de prolonger la jouissance en éludant le désir, de ne point précipiter sa joie, de ne point user sa vie. L'on ne jouit bien du présent que lorsqu'on attend un avenir au moins égal, et l'on perd tout bonheur si l'on veut être absolument heureux.
Par: Etienne Pivert de Senancour
Extrait de: Obermann (1804)
Ajoutée par Savinien le 03/12/2012
Tout est faux! Tout est vide et tout est lamentable!
Le présent tour à tour ou m'échappe ou m'accable!
Le passé n'est qu'un songe, et l'avenir n'est pas!
Le bonheur dans la vie est un point dans l'espace,
Un vain éclair qui meurt dans la nuit du trépas
Et dont l'oeil ébloui cherche en vain quelque trace.
L'espoir est un tourment, la crainte est un poison;
La vérité n'est pas, la vertu n'est qu'un nom!
Ainsi toujours pressé de nuages funèbres,
J'ai marché dans le doute, et meurs dans les ténèbres,
Et je vais en tremblant demander à la mort
De m'expliquer enfin cette énigme du sort!
Ajoutée par Savinien le 02/12/2012
Un jeune homme et une jeune fille, tous les deux muets, se parlaient par gestes. Qu'ils avaient l'air heureux!
De toute évidence, la parole n'est pas, ne peut être, le véhicule du bonheur.
Par: Emil Cioran
Extrait de: Ecartèlement (1979)
Ajoutée par Savinien le 28/02/2013
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