Citations
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La bonté a toujours été pour moi un irrésistible aimant; tous les autres mérites de l'homme ou de la femme s'effacent devant celui-là. La bonté est la vertu toute faite. On ne travaille sur soi-même toute sa vie, par des efforts ou des préceptes surnaturels, que pour arriver à cette perfection, que certains êtres ont reçue en naissant.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Il n'y a pas d'attrait plus puissant pour deux âmes qui ont souffert qu'une conformité de tristesse.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Je hais les villes de toute la puissance de mes sensations, qui sont toutes des sensations rurales. Je hais les villes, comme les plantes du Midi haïssent l'ombre humide d'une cour de prison. Mes joies n'y sont jamais complètes, mes peines y sont centuplées par la concentration de mes yeux, de mes pas, de mon âme, dans ces foyers de regards, de voix, de bruit et de boue. J'analyserais et je justifierais en mille pages cette impression des villes, ces réceptacles d'ombre, d'humidité, d'immondices, de vices, de misère et d'égoïsme, que le poète Cowper a définis si complètement pour moi en un seul vers: C'est Dieu qui fit les champs, c'est l'homme qui fit les villes.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Tout l'esprit du chevalier était dans son coeur. Excepté des sentiments et des aventures, il n'y avait rien à en tirer. Mais c'est avec cela qu'on fait les épopées. Tout homme simple est un poème pour qui sait le feuilleter. L'intérêt est dans celui qui écoute, bien plus que dans celui qui raconte.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
On la croyait toujours à vingt ans, car elle n'avait que l'âge de ses impressions, et ses impressions avaient l'éternelle fraîcheur de son éternelle virginité d'esprit. Entre elle et ses filles, il n'y avait que la distance de la branche au fruit; le regard les cueillait ensemble et ne les séparait pas.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
La foule est une solitude; on la voit, on sait qu'elle existe, mais on ne la connaît qu'en masse. Comme individu, elle n'existe pas.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Le coeur humain est un instrument qui n'a ni le même nombre ni la même qualité de cordes dans toutes les poitrines, et où l'on peut découvrir éternellement de nouvelles notes pour les ajouter à la gamme infinie des sentiments et des cantiques de la création.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Une mémoire est une chose inviolable, parce que c'est une chose muette; il ne faut y toucher que pieusement. Je ne me consolerais jamais si j'avais laissé tomber de cette vie, dans cette autre vie d'où l'on ne peut répondre, un mot qui pourrait blesser ces immortels absents qu'on appelle les mânes. Je ne voudrais pas même qu'un mot réfléchi, hostile à quelqu'un, restât après moi contre un des hommes qui me survivront un jour. La postérité n'est pas l'égout de nos passions; elle est l'urne de nos souvenirs; elle ne doit conserver que des parfums.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Dieu est Dieu; il ordonne quelquefois au vent de déraciner le chêne de cent ans, et à l'homme de déraciner son propre coeur. Le chêne et le coeur sont a lui, il faut les lui rendre, et lui rendre encore par-dessus justice, gloire et bénédiction!
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Je ne me sens un peu de rosée dans le coeur que quand je suis bien seul avec la nature. Tout ce qui traverse seulement cette solitude trouble ou interrompt cet entretien muet entre le génie de la solitude, qui est Dieu, et moi. La langue que parle la nature à mon âme est une langue à voix basse. Le moindre bruit empêche d'entendre.
Extrait de: Les confidences (1849)
Ajoutée par Savinien le 12/04/2023
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