Les confidences
Année de parution : 1849 En livrant ces simples pages, je n’ai livré que moi. Il n’y a là ni un nom, ni une mémoire qui puisse souffrir une peine ou une ombre de mon indiscrétion. J’ai peu rencontré de méchants sur ma route, j’ai vécu dans une atmosphère de bonté, de génie, de générosité, d’amour et de vertu, je ne me souviens que des bons. J’oublie sans effort les autres. Mon âme est comme ces cribles où les faveurs d’or du Mexique recueillent les paillettes du pur métal dans les torrents des Cordillères. Le sable en retombe, l’or y reste. À quoi bon charger sa mémoire de ce qui ne sert pas à nourrir, à charmer ou à consoler le coeur? |
