Citations
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L'homme est tellement créé pour l'amour, qu'il ne se sent homme que du jour où il a la conscience d'aimer pleinement. Jusque-là il cherche, il s'inquiète, il s'agite, il erre dans ses pensées. De ce moment il s'arrête, il se repose, il est au fond de sa destinée.
Extrait de: Raphaël (1849)
Ajoutée par Savinien le 14/04/2023
Il y a de ces êtres qui rayonnent, qui éblouissent, qui entraînent tout dans leur sphère d'attraction sans y penser, sans le vouloir, sans le savoir même. On dirait que certaines natures ont un système, comme les astres, et qu'elles font graviter autour d'elles les regards, les âmes et les pensées de leurs satellites. La beauté physique ou morale est leur puissance, la fascination est leur chaîne, l'amour est leur émanation. On les suit à travers la terre et jusqu'au ciel, où elles se perdent jeunes; quand elles ont disparu, l'oeil reste comme aveugle d'éblouissement.
Extrait de: Raphaël (1849)
Ajoutée par Savinien le 14/04/2023
Sa présence devait m'être douce, car son âme et la mienne se comprenaient par leur désenchantement. Souffrir de même, c'est bien mieux que jouir de même. La douleur a bien d'autres étreintes que le bonheur pour resserrer deux coeurs.
Extrait de: Raphaël (1849)
Ajoutée par Savinien le 14/04/2023
« Raphaël, lui disais-je, pourquoi n'écris-tu pas ?
- Bah! Me disait-il, est-ce que le vent écrit ce qu'il chante dans ces feuilles sonores sur nos têtes? Est-ce que la mer écrit les gémissements de ses grèves? Rien n'est beau de ce qui est écrit. Ce qu'il y a de plus divin dans le coeur de l'homme n'en sort jamais. Entre ce qu'on sent et ce qu'on exprime, ajoutait-il avec tristesse, il y a la même distance qu'entre l'âme et les vingt-quatre lettres d'un alphabet, c'est-à-dire l'infini. »
Extrait de: Raphaël (1849)
Ajoutée par Savinien le 14/04/2023
Elle était si jeune, si belle, si transpercée des rayons dorés du soleil, si incorporée avec ce cadre merveilleux du ciel, des bois, des eaux, dans lequel je la voyais m'éblouir et d'où j'allais la voir disparaître; j'étais si jeune et si sensible à cette beauté moi-même, que si je n'avais été défendu par l'ombre de Saluce qui s'interposait entre nous, je n'aurais pu résister à son éblouissement, et j'auraís mis mon coeur sous ses pieds comme ces feuilles tombées de l'arbre qu'elle foulait en marchant.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
La beauté est un don inconnu et une puissance magique. Il n'est permis à aucun être vivant d'y échapper. Etre belle, c'est régner.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Fais ce que tu voudras, me dit-il ; voilà le tiroir de mon secrétaire; prends-y avec mesure, mais avec liberté. Si c'est un amour, le temps le guérira; si c'est une amitié, le temps pourra bien la dénaturer. Tu es bien jeune pour être le tuteur d'une femme aussi belle que tu dépeins ton Italienne; prends garde au coeur; il n'est jamais plus près de se réveiller que quand il dort!
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
La bonté a toujours été pour moi un irrésistible aimant; tous les autres mérites de l'homme ou de la femme s'effacent devant celui-là. La bonté est la vertu toute faite. On ne travaille sur soi-même toute sa vie, par des efforts ou des préceptes surnaturels, que pour arriver à cette perfection, que certains êtres ont reçue en naissant.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Il n'y a pas d'attrait plus puissant pour deux âmes qui ont souffert qu'une conformité de tristesse.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
Je hais les villes de toute la puissance de mes sensations, qui sont toutes des sensations rurales. Je hais les villes, comme les plantes du Midi haïssent l'ombre humide d'une cour de prison. Mes joies n'y sont jamais complètes, mes peines y sont centuplées par la concentration de mes yeux, de mes pas, de mon âme, dans ces foyers de regards, de voix, de bruit et de boue. J'analyserais et je justifierais en mille pages cette impression des villes, ces réceptacles d'ombre, d'humidité, d'immondices, de vices, de misère et d'égoïsme, que le poète Cowper a définis si complètement pour moi en un seul vers: C'est Dieu qui fit les champs, c'est l'homme qui fit les villes.
Extrait de: Nouvelles confidences (1851)
Ajoutée par Savinien le 13/04/2023
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