Thématique citations : L'amour

482 Citations

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La branche d'amandier


De l'amandier tige fleurie,
Symbole, hélas! De la beauté,
Comme toi, la fleur de la vie
Fleurit et tombe avant l'été.

Qu'on la néglige ou qu'on la cueille,
De nos fronts, des mains de l'Amour,
Elle s'échappe feuille à feuille,
Comme nos plaisirs jour à jour!


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 19/09/2012

 

La retraite


Ce qu'on appelle nos beaux jours
N'est qu'un éclair brillant dans une nuit d'orage,
Et rien, excepté nos amours,
N'y mérite un regret du sage;
Mais, que dis-je? On aime à tout age:
Ce feu durable et doux, dans l'âme renfermé,
Donne plus de chaleur en jetant moins de flamme;
C'est le souffle divin dont tout l'homme est formé,
Il ne s'éteint qu'avec son âme.


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 10/09/2010

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A une dame qui ne le contentait que de promesses


Beauté, mon beau souci, de qui l'âme incertaine
A, comme l'océan, son flux et son reflux,
Pensez de vous résoudre à soulager ma peine,
Ou je vais me résoudre à ne le souffrir plus.

Vos yeux ont des appas que j'aime et que je prise,
Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté;
Mais pour me retenir, s'ils font cas de ma prise,
Il leur faut de l'amour autant que de beauté.

Quand je pense être au point que cela s'accomplisse,
Quelque excuse toujours en empêche l'effet;
C'est la toile sans fin de la femme d'Ulysse,
Dont l'ouvrage du soir au matin se défait.

Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire
De me l'avoir promis, et vous rire de moi;
S'il ne vous en souvient vous manquez de mémoire,
Et s'il vous en souvient vous n'avez point de foi.

J'avais toujours fait compte, aimant chose si haute,
De ne m'en séparer qu'avec le trépas;
S'il arrive autrement, ce sera votre faute,
De faire des serments et ne les tenir pas.


Par: François de Malherbe

 

Ajoutée par Savinien le 05/09/2010

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Stances


Si des maux renaissants avec ma patience
N'ont pouvoir d'arrêter un esprit si hautain,
Le temps est médecin d'heureuse expérience;
Son remède est tardif mais il est bien certain.

Le temps à mes douleurs promet une allégeance,
Et de voir vos beautés se passer quelque jour;
Lors je serai vengé, si j'ai de la vengeance
Pour un si beau sujet pour qui j'ai tant d'amour.


Par: François de Malherbe

 

Ajoutée par Savinien le 05/09/2010

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Chanson gothique


Belle épousée,
J'aime tes pleurs !
C'est la rosée
Qui sied aux fleurs.

Les belles choses
N'ont qu'un printemps,
Semons de roses
Les pas du Temps!

Soit brune ou blonde
Faut-il choisir?
Le Dieu du monde,
C'est le Plaisir.


Par: Gérard Labrunie (Gérard de Nerval)

Ajoutée par Savinien le 29/08/2010

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El Desdichado


Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie:
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus?... Lusignan ou Biron?
Mon front est rouge encore du baiser de la reine;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron:
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.


Par: Gérard Labrunie (Gérard de Nerval)

Ajoutée par Savinien le 29/08/2010

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Les chevaliers errants


Si tu veux, faisons un rêve,
Montons sur deux palefrois;
Tu m'emmènes, je t'enlève.
L'oiseau chante dans les bois.

Je suis ton maître et ta proie;
Partons, c'est la fin du jour;
Mon cheval sera la joie,
Ton cheval sera l'amour.

Nous ferons toucher leurs têtes;
Les voyages sont aisés;
Nous donnerons à ces bêtes
Une avoine de baisers.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 23/08/2010

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Le sacre de la femme


Eve laissait errer ses yeux sur la nature.

Et, sous les verts palmiers à la haute stature,
Autour d'Eve, au dessus de sa tête, l'oeillet
Semblait songer, le bleu lotus se recueillait,
Le frais myosotis se souvenait; les roses
Cherchaient ses pieds avec leurs lèvres demi-closes;
Un souffle fraternel sortait du lys vermeil;
Comme si ce doux être eut été leur pareil,
Comme si de ces fleurs, ayant toutes une âme,
La plus belle s'était épanouie en femme.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 23/08/2010

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Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.


Par: Pierre de Marbeuf

 

Ajoutée par Savinien le 07/08/2010

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La belle vieille


Cloris, que dans mon coeur j'ai longtemps servie
Et que ma passion montre à tout l'univers,
Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie
Et donner de beaux jours à mes derniers hivers?

Ce n'est pas d'aujourd'hui que je suis ta conquête,
Huit lustres ont suivi le jour que tu me pris;
Et j'ai fidèlement aimé ta belle tête
Sous des cheveux châtains et sous des cheveux gris.


Par: François Maynard

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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La femme est comme une ville:
Quand la prise en est si facile,
Elle est difficile à garder.


Par: Jean Bertaut

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Stances de l'impossible


L'été sera l'hiver et le printemps l'automne,
L'air deviendra pesant, le plomb sera léger:
On verra les poissons dedans l'air voyager
Et de muets qu'ils sont avoir la voix fort bonne.
L'eau deviendra le feu, le feu deviendra l'eau
Plutôt que je sois pris d'un autre amour nouveau.


Par: Amadis Jamyn

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Or est-il que toute belle femme s'étant jamais une fois essayée au jeu d'amour ne le désapprend jamais.


Par: Pierre de Bourdeille (Brantôme)

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Amours jumeaux, d'une flamme jumelle,
En même temps m'ont embrasé le coeur :
J'aime Margot, j'aime Catin sa soeur ;
L'une me plaît, l'autre me semble belle :

L'une est farouche, et l'autre un peu rebelle :
L'une est mon bien, et l'autre mon bonheur ;
L'une commence à venir en sa fleur ;
L'autre fait honte à la saison nouvelle.

Qui ne croit point qu'on en puisse aimer deux,
Ne sait que c'est que d'aimer ses deux yeux :
Mes deux yeux font les deux que je désire.

Si on me veut d'inconstance blâmer,
Je répondrai que deux ancres, en mer,
Mieux qu'une seule, arrêtent un navire.


Par: Jean Passerat

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Quand je veux en amours prendre mes passe-temps,
M'amie en se moquant laid et vieillard me nomme.
Quoi, dit-elle, rêveur, tu as plus de cent ans,
Et tu veux contrefaire encore le jeune homme!


Par: Pierre de Ronsard

Extrait de: Odes (1552)

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Sonnets


Baise m'encore, rebaise-moi et baise;
Donne m'en un des tes plus savoureux;
Donne m'en un de tes plus amoureux,
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.


Par: Louise Labé

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Elégies


Telle j'ai vue, qui avait en jeunesse
Blâmé amour, après en sa vieillesse,
Brûler d'ardeur et plaindre tendrement
L'âpre rigueur de son tardif tourment.


Par: Louise Labé

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

Catégories:

Elégies


Quelque rigueur qui loge en votre coeur,
Amour s'en peut un jour rendre vainqueur.


Par: Louise Labé

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Sonnets spirituels


Lève-toi promptement, m'amour, ma toute belle,
Disait Dieu à la Vierge en ses divins écrits,
Je suis de ta beauté divinement épris,
Hâte-toi de venir, ma douce colombelle.


Par: Anne des Marquets

 

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Si pour moi avez du souci,
Pour vous n'en ai pas moins aussi,
Amour le vous doit faire entendre,
Mais s'il vous grève d'être ainsi,
Apaisez votre coeur transi;
Tout vient à point qui peut attendre.


Par: Clément Marot

 

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Ne pensez pas que ceux qui poursuivent les dames prennent tant de peine pour l'amour d'elles; car c'est seulement pour l'amour d'eux et de leur plaisir.


Par: Marguerite d' Angoulême (Marguerite de Navarre)

 

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Ami Tristan, quand mort vous vois,
En raison, vivre ne puis ni dois.
Mort êtes pour la mienne amour,
Et je meurs, ami, de tendrour.


Par: Thomas d' Angleterre

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Eloa


Je suis celui qu'on aime et qu'on ne connaît pas.
Sur l'homme j'ai fondé mon empire de flamme
Dans les désirs du coeur, dans les rêves de l'âme,
Dans les liens des corps, attraits mystérieux,
Dans les trésors du sang, dans les regards des yeux.
C'est moi qui fait parler l'épouse dans ses songes;
La jeune fille heureuse apprend d'heureux mensonges;
Je leur donne des nuits qui consolent des jours,
Je suis le roi secret des secrètes amours.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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A Ninon


J'aime, et je sais répondre avec indifférence;
J'aime, et rien ne le dit; j'aime, et seul je le sais;
Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance;
Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
Mais non pas sans bonheur: je vous vois, c'est assez.

Non, je n'étais pas né pour ce bonheur suprême,
De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
Tout me le prouve, hélas! Jusqu'à ma douleur même...
Si je vous le disais, pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez?


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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A Ninon


Si je vous le disais pourtant que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez?
L'amour, vous le savez, cause une peine extrême;
C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous-mêmes;
Peut-être cependant que vous m'en puniriez.

Si je vous le disais que six mois de silence
Cachent de longs tourments et des voeux insensés,
Ninon, vous êtes fine et votre insouciance
Se plaît, comme une fée, à deviner d'avance.
Vous me répondriez peut-être: je le sais.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Idylle


Non, l'amour qui se tait n'est qu'une rêverie.
Le silence est la mort, et l'amour est la vie;
Et c'est un vieux mensonge à plaisir inventé,
Que de croire au bonheur hors de la volupté!
Je ne puis partager ni plaindre ta souffrance.
Le hasard est là-haut pour les audacieux;
Et celui dont la crainte a tué l'espérance
Mérite son malheur et fait injure aux dieux.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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La nuit d'Octobre


Ô mon enfant, plains-la, cette belle infidèle
Qui fit couler jadis les larmes de tes yeux;
Plains-la! C'est une femme, et dieu t'a fait, près d'elle,
Deviner, en souffrant, le secret des heureux.
Sa tâche fut pénible; elle t'aimait peut-être;
Mais le destin voulait qu'elle brisât ton coeur.
Elle savait la vie, et te l'a fait connaître;
Une autre a recueilli le fruit de ta douleur.
Plains-la! Son triste amour a passé comme un songe;
Elle a vu ta blessure et n'a pu la fermer.
Dans ses larmes, crois-moi, tout n'était pas mensonge.
Quand tout l'aurait été, plains-la! Tu sais aimer.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Une bonne fortune


Elle viendrait par là, de cette sombre allée,
Marchant à pas de biche, avec un air boudeur,
Écoutant murmurer le vent dans la feuillée,
De paresse amoureuse et de langueur voilée,
Dans ses doigts inquiets tourmentant une fleur,
Le printemps sur la joue, et le ciel dans le coeur.

Elle s'arrêterait là-bas, sous la tonnelle.
Je ne lui dirais rien, j'irai tout simplement
Me mettre à deux genoux par terre devant elle,
Regarder dans ses yeux l'azur du firmament,
Et pour toute faveur la prier seulement
De se laisser aimer d'une amour immortelle.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Une bonne fortune


Il ne faudrait pourtant, me disais-je à moi-même,
Qu'une permission de Notre-Seigneur Dieu,
Pour qu'il vînt à passer quelque femme en ce lieu.
Les bosquets sont déserts; la chaleur est extrême;
Les vents sont à l'amour; l'horizon est en feu;
Toute femme, ce soir, doit désirer qu'on l'aime.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Le poète mourant


Voir passer sur son front l'ombre de sa pensée,
La parole manquer à sa bouche oppressée,
Et de ce long silence entendre enfin sortir
Ce mot qui retentit jusque dans le ciel même,
Ce mot, le mot des dieux, et des hommes: ... Je t'aime!
Voilà ce qui vaut un soupir.


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Sapho


Adieu! Leurs vains présents que le vulgaire envie,
Ni des traits de l'amour, ni des coups du destin,
Misérable Sapho, n'ont pu sauver ta vie!
Tu vécus dans les pleurs et tu meurs au matin!
Ainsi tombe une fleur avant le temps fanée!
Ainsi, cruel Amour, sous le couteau mortel,
Une jeune victime à ton temple amenée,
Qu'à ton culte en naissant le pâtre a destinée,
Vient tomber avant l'âge au pied de ton autel!

Et vous qui reverrez le cruel que j'adore
Quand l'ombre du trépas aura couvert mes yeux,
Compagnes de Sapho, portez-lui ces adieux!
Dites-lui... qu'en mourant je le nommais encore!...

Elle dit. Et le soir, quittant le bord des flots,
Vous revîntes sans elle, ô vierges de Lesbos!


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 19/09/2012

 

Acte II, Scène 3


Eh bien! Ecrivons là,
Cette lettre d'amour qu'en moi-même j'ai faite
Et refaite cent fois, de sorte qu'elle est prête,
Et que mettant mon âme à côté du papier,
Je n'ai tout simplement qu'à la recopier.


Par: Edmond Rostand

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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