Thématique citations : L'amour

482 Citations

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Odelette anacréontique


Pour que je t'aime, ô mon poète,
Ne fais pas fuir par trop d'ardeur
Mon amour, colombe inquiète,
Au ciel rose de la pudeur.

L'oiseau qui marche dans l'allée
S'effraye et part au moindre bruit;
Ma passion est chose ailée
Et s'envole quand on la suit.


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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Rondalla


Pour te prouver combien je t'aime,
Dis?! Je tuerai qui tu voudras:
J'attaquerai Satan lui-même,
Si pour linceul j'ai tes deux draps.

Porte sourde! ... Fenêtre aveugle! ...
Tu dois pourtant ouïr ma voix;
Comme un taureau blessé je beugle,
Des chiens excitant les abois!

Au moins plante un clou dans ta porte,
Un clou pour accrocher mon coeur.
À quoi sert que je le remporte
Fou de rage, mort de langueur?


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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Caerulei oculi


Montrant son sein, cachant sa queue,
La sirène amoureusement
Fait ondoyer sa blancheur bleue
Sous l'émail vert du flot dormant.

L'eau s'enfle comme une poitrine
Aux soupirs de la passion;
Le vent, dans sa conque marine,
Murmure une incantation.

« Oh?! Viens dans ma couche de nacre,
Mes bras d'onde t'enlaceront;
Les flots, perdant leur saveur âcre,
Sur ta bouche en miel couleront.

Laissant bruire sur nos têtes
La mer qui ne peut s'apaiser,
Nous boirons l'oubli des tempêtes
Dans la coupe de mon baiser. »


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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Variations sur le carnaval de Venise


Au loin, dans la brume sonore,
Comme un rêve presque effacé,
J'ai revu, pâle et triste encore,
Mon vieil amour de l'an passé.

Mon âme en pleurs s'est souvenue
De l'avril où, guettant au bois
La violette à sa venue,
Sous l'herbe nous mêlions nos doigts...

Cette note de chanterelle,
Vibrant comme l'harmonica,
C'est la voix enfantine et grêle,
Flèche d'argent qui me piqua.

Le son en est si faux, si tendre,
Si moqueur, si doux, si cruel,
Si froid, si brûlant, qu'à l'entendre
On ressent un plaisir mortel,

Et que mon cœur, comme la voûte
Dont l'eau pleure dans un bassin,
Laisse tomber goutte par goutte
Ses larmes rouges dans mon sein.


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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Affinités secrètes


Sur les coupoles de Venise
Deux ramiers blancs aux pieds rosés,
Au nid où l'amour s'éternise,
Un soir de mai se sont posés.

Marbre, perle, rose, colombe,
Tout se dissout, tout se détruit;
La perle fond, le marbre tombe,
La fleur se fane et l'oiseau fuit.


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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Soupirs, regards, petits soins,
En amour tout est langage,
Et souvent qui parle le moins,
En témoigne davantage;
Servir et persévérer
C'est assez se déclarer.


Par: François Gayot de Pitaval

Ajoutée par Savinien le 06/11/2010

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La privation que je m'étais imposée et qu'elle avait fait semblant d'approuver est une de ces choses que les femmes ne pardonnent point, quelque mine qu'elles fassent, moins par la privation qui en résulte pour elles-mêmes, que par l'indifférence qu'elles y voient pour leur possession.
Prenez la femme la plus sensée, la plus philosophe, la moins attachée à ses sens; le crime le plus irrémissible que l'homme, dont au reste elle se soucie le moins, puisse commettre envers elle, est d'en pouvoir jouir et de n'en rien faire.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 05/11/2010

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Quand je vivrais cent ans, je ne me rappellerais jamais sans plaisir le souvenir de cette charmante femme.
Je dis charmante, quoiqu'elle ne fût ni belle ni jeune; mais, n'étant non plus ni laide ni vieille, elle n'avait rien dans sa figure qui empêchât son esprit et ses grâces de faire tout leur effet. Tout au contraire des autres femmes, ce qu'elle avait de moins frais était le visage, et je crois que le rouge le lui avait gâté.
Elle avait ses raisons pour être facile, c'était le moyen de valoir tout son prix. On pouvait la voir sans l'aimer, mais non pas la posséder sans l'adorer.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 05/11/2010

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Ceux qui liront ceci ne manqueront pas de rire de mes aventures galantes, en remarquant qu'après beaucoup de préliminaires, les plus avancées finissent par baiser la main.
O mes lecteurs, ne vous y trompez pas. J'ai peut-être eu plus de plaisir dans mes amours en finissant par cette main baisée, que vous n'en aurez jamais dans les vôtres en commençant tout au moins par là.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 02/11/2010

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J'aimais trop sincèrement, trop parfaitement, j'ose dire, pour pouvoir aisément être heureux. Jamais passions ne furent en même temps plus vives et plus pures que les miennes; jamais amour ne fut plus tendre, plus vrai, plus désintéressé.
J'aurais mille fois sacrifié mon bonheur à celui de la personne que j'aimais; sa réputation m'était plus chère que ma vie, et jamais, pour tous les plaisirs de la jouissance, je n'aurais voulu compromettre un moment son repos.
Cela m'a fait apporter tant de soins, tant de secret, tant de précaution dans mes entreprises, que jamais aucune n'a pu réussir. Mon peu de succès près des femmes est toujours venu de les trop aimer.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 01/11/2010

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Apparition


Je vis un ange blanc qui passait sur ma tête;
Son vol éblouissant apaisait la tempête,
Et faisait taire au loin la mer pleine de bruit.
- Qu'est-ce que tu viens faire, ange, dans cette nuit?
Lui dis-je. Il répondit: - Je viens prendre ton âme.
Et j'eus peur, car je vis que c'était une femme;
Et je lui dis, tremblant et lui tendant les bras:
- Que me restera-t-il? car tu t'envoleras.
Il ne répondit pas; le ciel que l'ombre assiège
S'éteignait... - Si tu prends mon âme, m'écriai-je,
Où l'emporteras-tu? Montre-moi dans quel lieu.
Il se taisait toujours. - O passant du ciel bleu,
Es-tu la mort? Lui dis-je, ou bien es-tu la vie?
Et la nuit augmentait sur mon âme ravie,
Et l'ange devint noir et dit: - Je suis l'amour.
Mais son front sombre était plus charmant que le jour,
Et je voyais, dans l'ombre où brillaient ses prunelles,
Les astres à travers les plumes de ses ailes.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 31/10/2010

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On se noie en amour aussi bien qu'en une rivière. Il faut donc sonder le gué de l'un aussi bien que de l'autre, et n'éviter pas moins que le naufrage la domination de je ne sais quelles suffisantes, qui veulent faire les rieuses à nos dépends.
Celle à qui vous en voulez est très belle, très sage, de très bonne grâce, et de très bonne maison. Elle a tout cela, je l'avoue; mais le meilleur y manque: elle ne vous aime point; et sans cette qualité, tout et rien ne vaut pas mieux l'un que l'autre.


Par: François de Malherbe

 

Ajoutée par Savinien le 30/10/2010

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Je suis comme je suis


Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j'ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J'aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n'est pas le même
Que j'aime à chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi


Par: Jacques Prévert

 

Ajoutée par Savinien le 26/10/2010

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L'amour plaît plus que le mariage, par la raison que les romans sont plus amusants que l'histoire.


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

Ajoutée par Savinien le 26/10/2010

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Un homme amoureux est un homme qui veut être plus aimable qu'il ne peut, et voila pourquoi presque tous les amoureux sont ridicules.


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

Ajoutée par Savinien le 26/10/2010

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Vous parleriez longtemps; il vous dirait son mal,
Vous lui diriez le vôtre, et vos ennuis au bal,
Vos vingt-cinq ans, le vide où leur fuite vous laisse;
Comment aux voeux légers succède la tristesse,
Et ce qui fit qu'un jour votre gaîté changea;
Puis vos loisirs, vos vers, - tout ce qu'il sait déjà;
Il irait au devant des phrases commencées,
Et vous l'écouteriez achever vos pensées.
Lui, sûr d'être compris pour la première fois,
Lisant dans vos regards, émus de votre voix,
Se sentirait moins prompt à rompre un noeud qu'il aime,
A refermer sa tombe, à se clore en lui-même;
Il oublierait qu'il n'est qu'un fantôme incertain,
L'ombre de ce qu'il fût à son riant matin;
Il vivrait, retrouvant un reste de jeune âge:
Les cieux sont plus brillants le soir d'un jour d'orage!
Il rouvrirait son toit au songe amoureux,
Et redeviendrait bon, fidèle et presque heureux.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 25/10/2010

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Italie


Oh! Jure de m'aimer; alors je te veux croire.
Rien n'est sûr ici-bas qu'un humide baiser,
Que le rayon tremblant d'une prunelle noire,
Que de sentir un sein sous la main s'apaiser;

Rien n'est sûr que de voir contre une épaule nue
Se briser en jouant des ondes de cheveux,
De cueillir les soupirs d'une bouche ingénue,
D'écouter succéder le silence aux aveux;

De l'entendre jurer quand tout change autour d'Elle,
Qu'un éternel amour doit pour vous l'enflammer,
Et de jurer aussi qu'on veut mourir fidèle...
Rien n'est sûr ici-bas, rien n'est bon que d'aimer!


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 25/10/2010

Catégories:

Italie


Pour échapper aux maux que fait la destinée,
Pour jouir ici-bas des fleurs de ma saison,
Et doucement couler cette humaine journée,
Que me faut-il?... Du ciel, de l'onde et du gazon,

Et, quand pâlit au soir la lumière affaiblie,
Une amoureuse voix, qui meurt à mon côté,
Qui dit non bien souvent et bien souvent l'oublie,
Des pleurs dans deux beaux yeux, un beau sein agité.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 25/10/2010

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Après une lecture d'Adolphe


Pour nous, après causer, la volupté suprême,
Ce serait de nous lire un roman tour à tour:
Non pas quelque beauté captive en une tour,
D'éternels souterrains, des spectres et des chaînes,
Mais des romans de coeur pleins d'amoureuses peines,
Où l'art sait retracer, sous l'éclat de nos moeurs,
Ce mal délicieux dont je sens que je meurs,
Et dont tu meurs toi-même, ô ma belle complice,
Et dont mourut aussi Delphine après Clarisse!
Puis, le roman fermé, toujours, d'un air jaloux
Nous dirions: ces amants s'aimèrent moins que nous.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 25/10/2010

Catégories:

Après une lecture d'Adolphe


Passé vingt ans, quand l'âme aux rêves échappée
S'aperçoit un matin qu'elle s'était trompée,
Et, rejetant l'espoir d'un jeune et frais amour,
Se dit avec effroi qu'il est trop tard d'un jour,
Oh! Pourquoi, quelque part, en l'une des soirées
Où j'aime tant au son des valses adorées,
Au bruit des mots riants sortis des coeurs séduits,
M'asseoir et m'oublier et bercer mes ennuis,
Pourquoi ne pas enfin trouver une âme tendre,
Affligée elle-même et qui saurait m'entendre,
Deux yeux noirs d'où les pleurs auraient coulé longtemps,
Une brune, un peu pâle, ayant bientôt trente ans.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 25/10/2010

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Du coeur, 39


L'on veut faire tout le bonheur, ou si cela ne se peut ainsi, tout le malheur de ce qu'on aime.


Par: Jean de La Bruyère

Ajoutée par Savinien le 17/10/2010

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Du coeur, 9


L'amour commence par l'amour, et l'on ne saurait passer de la plus forte amitié qu'à un amour faible.


Par: Jean de La Bruyère

Ajoutée par Savinien le 16/10/2010

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Des femmes, 67


Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui; pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas.


Par: Jean de La Bruyère

Ajoutée par Savinien le 16/10/2010

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Le soir de la jeunesse


Car vous n'étiez plus seul; et la nuit étoilée,
Et la sèche bruyère encore échevelée,
Les longs sapins ombreux, les noirs sentiers des bois,
Tout prenait sous vos pas des couleurs et des voix;
Et lorsqu'après avoir marché longtemps ensemble,
Elle attachée à vous comme la feuille au tremble,
Vous tombiez sous un arbre, où la lune à l'entour
Répandait ses rayons comme des pleurs d'amour,
Et qu'elle vous parlait de promesse fidèle
Et de s'aimer toujours l'un l'autre; alors, près d'elle,
Sentant sur votre front ses beaux cheveux courir,
Vous avez clos les yeux et désiré mourir.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 16/10/2010

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Il délirait, il était fou: vous voyez bien qu'il était amoureux.


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 16/10/2010

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Acte I, Scène 4


Un serrement de main, un regard de clémence,
Une larme, un soupir, voilà pour moi l'amour;
Et j'aimerai dix ans comme le premier jour.
J'ai de la passion et n'ait point d'éloquence.
Mes rivaux, sous mes yeux, sauront plaire et charmer.
Je resterai muet; - moi, je ne sais qu'aimer.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 09/10/2010

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Acte I, Scène 1


Qu'importe que le jour finisse et recommence,
Quand d'une autre existence
Le coeur est animé?
Ouvrez-vous! Jeunes fleurs. Si la mort vous enlève,
La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve,
Et vous aurez vécu, si vous avez aimé.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 09/10/2010

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Namouna


Et puissiez-vous trouver, quand vous en voudrez rire,
A dépecer nos vers le plaisir qu'ils nous font!
Qu'importe leur valeur? La muse est toujours belle,
Même pour l'insensé, même pour l'impuissant;
Car sa beauté pour nous, c'est notre amour pour elle.
Mordez et croassez, corbeaux, battez de l'aile,
Le poète est au ciel; et lorsqu'en vous poussant
Il vous y fait monter, c'est qu'il en redescend.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 09/10/2010

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Etre prude, cela se conçoit; dire non, se boucher les oreilles, haïr l'amour, cela se peut; mais le nier, quelle plaisanterie!


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 09/10/2010

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Acte I, Scène 1


Ninon, Ninon, que fais-tu de la vie?
L'heure s'enfuit, le jour succède au jour,
Rose ce soir, demain flétrie.
Comment vis-tu, toi qui n'a pas d'amour?


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 09/10/2010

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Acte II, Scène 1


Quand l'amour est bien fort, rien ne peut l'arrêter;
Ses projets seulement vont à se contenter,
Et pourvu qu'il arrive au but qu'il se propose,
Il croit que tout le reste après est peu de chose.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 08/10/2010

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Nicaise


Beau, jeune, et frais: ce sont trésors
Que ne méprise aucune dame,
Tant soit son esprit précieux.
Pour une qu'Amour prend par l'âme,
Il en prend mille par les yeux.


Par: Jean de La Fontaine

Ajoutée par Savinien le 06/10/2010

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Il n'y a point de déguisement qui puisse longtemps cacher l'amour où il est, ni le feindre où il n'est pas.


Par: François de La Rochefoucauld

Ajoutée par Savinien le 04/10/2010

Catégories:

L'amour fait les plus grandes douceurs et les plus sensibles infortunes de la vie.


Par: Madeleine de Scudéry

 

Ajoutée par Savinien le 04/10/2010

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Sonnet sur la mort d'une parente


Parmi les doux transports d'une amitié fidèle,
Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours;
Iris que j'aime encore, et que j'aimais toujours,
Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle;

Quand, par l'ordre du ciel, une fièvre cruelle
M'enleva cet objet de mes tendres amours;
Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours,
Me laissa de regrets une suite éternelle.

Ah! Qu'un si rude coup étonna mes esprits!
Que je versais de pleurs! Que je poussais de cris!
De combien de douleurs ma douleur fut suivie!

Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi;
Et, bien qu'un triste sort t'ait fait perdre la vie,
Hélas! En te perdant j'ai perdu plus que toi.


Par: Nicolas Boileau (Boileau-Despréaux)

 

Ajoutée par Savinien le 30/09/2010

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L'amour rend aveugle... Ça donne pas envie.


Par: Jean-Marie Gourio

Ajoutée par Savinien le 30/09/2010

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La dernière feuille


Dans la forêt chauve et rouillée
Il ne reste plus au rameau
Qu'une pauvre feuille oubliée,
Rien qu'une feuille et qu'un oiseau.

Il ne reste plus dans mon âme
Qu'un seul amour pour y chanter,
Mais le vent d'automne qui brame
Ne permet pas de l'écouter.

L'oiseau s'en va, la feuille tombe
L'amour s'éteint, car c'est l'hiver
Petit oiseau vient sur ma tombe
Chanter quand l'arbre sera vert.


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 26/09/2010

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Mon rêve familier


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas! Cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? - Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Par: Paul Verlaine

Ajoutée par Savinien le 26/09/2010

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Femme et chatte


Elle jouait avec sa chatte
Et c'était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S'ébattre dans l'ombre du soir.

Elle cachait - la scélérate! -
Sous des mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d'agate,
Coupants et clairs comme un rasoir.

L'autre aussi faisait la sucrée,
Et rentrait sa griffe acérée,
Mais le diable n'y perdait rien.

Et dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aérien,
Brillaient quatre points de phosphore.


Par: Paul Verlaine

Ajoutée par Savinien le 25/09/2010

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Acrostiche à George Sand


Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'un instant je change de visage?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.


Par: Alfred de Musset

 

Ajoutée par Savinien le 25/09/2010

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La jeune fille et le ramier


Les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir;
Tout tressaille, averti de la prochaine ondée:
Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée,
Plains-tu l'absent aimé qui ne pourra te voir?

Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l'ombrage,
Banni de l'horizon qu'il n'atteint que des yeux,
Appelant sa compagne et regardant les cieux,
Un ramier, comme toi, soupire de l'orage.

Laissez pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux!
Sous l'orage qui passe il renaît tant de choses.
Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses?
Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous?


Par: Marceline Desbordes-Valmore

 

Ajoutée par Savinien le 20/09/2010

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Mon âme a son secret, ma vie a son mystère:
Un amour éternel en un moment conçu:
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas! J'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas;

A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tous remplis d'elle:
« Quelle est donc cette femme? » et ne comprendra pas.


Par: Félix Arvers

 

Ajoutée par Savinien le 19/09/2010

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A celle qui est restée en france


Que ce livre, du moins, obscur message, arrive,
Murmure, à ce silence, et, flot, à cette rive!
Qu'il y tombe, sanglot, soupir, larme d'amour!
Qu'il entre en ce sépulcre où sont entrés un jour
Le baiser, la jeunesse, et l'aube, et la rosée,
Et le rire adoré de la fraîche épousée,
Et la joie, et mon coeur, qui n'est pas ressorti!
Qu'il soit le cri d'espoir qui n'a jamais menti,
Le chant du deuil, la voix du pâle adieu qui pleure,
Le rêve dont on sent l'aile qui nous effleure!
Qu'elle dise: quelqu'un est là; j'entends du bruit!
Qu'il soit comme le pas de mon âme en sa nuit!


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 19/09/2010

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Dors-tu?


Et toi! Dors-tu quand la nuit est si belle,
Quand l'eau me cherche et me fuit comme toi;
Quand je te donne un coeur longtemps rebelle?
Dors-tu, ma vie! Ou rêves-tu de moi?

Démêles-tu, dans ton âme confuse,
Les doux secrets qui brûlent entre nous?
Ces longs secrets dont l'amour nous accuse,
Viens-tu les rompre en songe à mes genoux?

As-tu livré ta voix tendre et hardie
Aux fraîches voix qui font trembler les fleurs?
Non! C'est du soir la vague mélodie;
Ton souffle encore n'a pas séché mes pleurs!

Garde toujours ce douloureux empire
Sur notre amour qui cherche à nous trahir:
Mais garde aussi son mal dont je soupire;
Son mal est doux, bien qu'il fasse mourir!


Par: Marceline Desbordes-Valmore

 

Ajoutée par Savinien le 19/09/2010

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L'impatience


Toi, tu ne viens jamais! Qu'importe que je meure?
Les minutes en vain volent autour de l'heure;
Et l'heure, en les comptant, fait tomber sans retour
Les mois, les ans, la vie! Et sans toi, sans amour!


Par: Marceline Desbordes-Valmore

 

Ajoutée par Savinien le 19/09/2010

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L'amour... il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. A partir de quoi il m'apparaît urgent de me taire.


Par: Pierre Desproges

Ajoutée par Savinien le 15/09/2010

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Novissima verba


Femmes! Anges mortels! Création divine!
Seul rayon dont la vie un moment s'illumine!
Je le dis à cette heure, heure de vérité,
Comme je l'aurai dit, quand devant la beauté
Mon coeur épanoui qui se sentait éclore
Fondait comme une neige aux rayons de l'aurore!
Je ne regrette rien de ce monde que vous!
Ce que la vie humaine a d'amer et de doux,
Ce qui la fait brûler, ce qui trahit en elle
Je ne sais quel parfum de la vie immortelle,
C'est vous seules! Par vous toute joie est amour!
Ombre des biens parfaits du céleste séjour,
Vous êtes ici-bas la goutte sans mélange
Que Dieu laissa tomber de la coupe de l'ange!


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 10/09/2010

Catégories:

Novissima verba


Que tu sais bien dorer ton magique lointain!
Qu'il est beau l'horizon de ton riant matin!
Quand le premier amour et la fraîche espérance
Nous entrouvrent l'espace où notre âme s'élance
N'emportant avec soi qu'innocence et beauté,
Et que d'un seul objet notre coeur enchanté
Dit comme Roméo: « Non, ce n'est pas l'aurore!
Aimons toujours! L'oiseau ne chante pas encore! »
Tout le bonheur de l'homme est dans ce seul instant;
Le sentier de nos jours n'est vert qu'en le montant!


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 10/09/2010

Catégories:

Chant d'amour


Souviens-toi de l'heure bénie
Où les dieux, d'une tendre main,
Te répandirent sur ma vie
Comme l'ombre sur le chemin.
Depuis cette heure fortunée,
Ma vie à ta vie enchaînée,
Qui s'écoule comme un seul jour,
Est une coupe toujours pleine,
Où mes lèvres à longue haleine
Puisent l'innocence et l'amour.


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 10/09/2010

Catégories:

La branche d'amandier


Souvent la beauté fugitive
Ressemble à la fleur du matin,
Qui, du front glacé du convive,
Tombe avant l'heure du festin.

Un jour tombe, un autre se lève;
Le printemps va s'évanouir;
Chaque fleur que le vent enlève
Nous dit: Hâtez-vous de jouir.

Et, puisqu'il faut qu'elles périssent,
Qu'elles périssent sans retour!
Que ces roses ne se flétrissent
Que sous les lèvres de l'amour!


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 19/09/2012

 
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