Thématique citations : L'amour
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Ma grand'mère ne s'étonnait donc pas que M. de Ferjol eût tourné la tête à Mlle d'Olonde; et, de fait, il la lui avait tournée, et si bien, qu'un jour elle s'était faite enlever par lui, cette fille qu'on disait si fière! Dans ce temps-là, il y avait encore des enlèvements dans le monde, avec la poésie de la chaise de poste et la dignité du danger et des coups de pistolet aux portières. À présent, les amoureux ne s'enlèvent plus. Ils s'en vont prosaïquement ensemble, dans un confortable wagon de chemin de fer, et ils reviennent, après « le petit badinage consommé », comme dit Beaumarchais, aussi bêtement qu'ils étaient partis, et quelquefois beaucoup plus... C'est ainsi que nos plates moeurs modernes ont supprimé les plus belles et les plus charmantes folies de l'amour!
Extrait de: Une histoire sans nom (1882)
Ajoutée par Savinien le 30/08/2012
La retraite
Ce qu'on appelle nos beaux jours
N'est qu'un éclair brillant dans une nuit d'orage,
Et rien, excepté nos amours,
N'y mérite un regret du sage;
Mais, que dis-je? On aime à tout âge:
Ce feu durable et doux, dans l'âme renfermé,
Donne plus de chaleur en jetant moins de flamme;
C'est le souflle divin dont tout l'homme est formé,
Il ne s'éteint qu'avec son âme.
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 20/08/2012
Souvenir
En vain le jour succède au jour,
Ils glissent sans laisser de trace;
Dans mon âme rien ne t'efface,
O dernier songe de l'amour!
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 08/08/2012
La grande, la seule originalité de l'amour est de rendre le bonheur indistinct du malheur.
Par: Emil Cioran
Extrait de: Aveux et anathèmes (1987)
Ajoutée par Savinien le 18/07/2012
L'inconstance et l'amour sont incompatibles: l'amant qui change, ne change pas; il commence ou finit d'aimer.
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 21/05/2012
L'amour veut faire tout son progrès lui-même, il n'aime point que l'amitié lui épargne la moitié du chemin. Enfin, je l'ai dit autrefois, et j'ai lieu de le croire encore; on ne prend guère de baisers coupables sur la même bouche où l'on en prit d'innocents.
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 21/05/2012
On n'aime point si l'on n'est aimé; du moins on n'aime pas longtemps. Ces passions sans retour qui font, dit-on, tant de malheureux ne sont fondées que sur les sens, si quelques unes pénètrent jusqu'à l'âme c'est par des rapports faux dont on est bientôt détrompé. L'amour sensuel ne peut se passer de la possession, et s'éteint par elle. Le véritable amour ne peut se passer du coeur, et dure autant que les rapports qui l'ont fait naître.
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 02/05/2012
L'image de l'amour éteint effraie plus un coeur tendre que celle de l'amour malheureux, et le dégoût de ce qu'on possède est un état cent fois pire que le regret de ce qu'on a perdu.
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 01/05/2012
Quand le bonheur commun devient impossible, chercher le sien dans celui de ce qu'on aime, n'est-ce pas tout ce qui reste à faire à l'amour sans espoir?
Extrait de: Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Ajoutée par Savinien le 01/05/2012
Je sais que c'est elle
De ses deux bras tendus, elle fait l'horizon et le ciel,
Où sa tête en se balançant fait toute la course du soleil.
Et d'une épaule à l'autre, moi je sais que c'est elle.
Oui ce nouveau soleil, moi je sais que c'est elle!
Je ne veux pas te dire de serment éternel,
Les réveils sont cruels.
Et si l'on me demandait sur la terre où est mon ciel
Ou bien si j'ai de l'amour comme une vision nouvelle,
Moi sans vouloir te nommer, notre ciel n'a pas d'oreilles,
Je leur dirai seulement de toi: je sais que c'est elle!
Sur ses deux jambes croisées se déchire un murmure
c'est la matière de ses bas qui se plaint et qui me torture.
Et d'une cheville à l'autre moi je sais que c'est elle.
cette prison nouvelle, moi je sais que c'est elle!
Et moi sans vouloir te montrer, je garde toujours mes merveilles,
Toute la vie je leur répondrai: je sais que c'est elle!
Par: Paul Leclerc (Julien Clerc)
Ajoutée par Savinien le 01/04/2012
Horace, et toi, vieux La Fontaine,
Vous avez dit: il est un jour
Où le coeur qui palpite à peine
Sent comme une chanson lointaine
Mourir la joie et fuir l'amour.
O poètes, l'amour réclame
Quand vous dites: Nous n'aimons plus,
Nous pleurons, nous n'avons plus d'âme,
Nous cachons dans nos coeurs, sans flamme
Cupidon goutteux et perclus.
Le temps d'aimer jamais ne passe,
Non, jamais le coeur n'est fermé.
Hélas! Vieux Jean, ce qui s'efface,
Ce qui s'en va, mon doux Horace,
C'est le temps où l'on est aimé.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Toute la lyre (1888)
Ajoutée par Savinien le 05/03/2012
Quand deux coeurs en s'aimant ont doucement vieilli,
Oh! Quel bonheur profond, intime, recueilli!
Amour! Hymen d'en haut! O pur lien des âmes!
II garde ses rayons même en perdant ses flammes.
Ces deux coeurs qu'il a pris jadis n'en font plus qu'un.
Il fait, des souvenirs de leur passé commun,
L'impossibilité de vivre l'un sans l'autre.
-(Juliette, n'est-ce pas? Cette vie est la nôtre!)
Il a la paix du soir avec l'éclat du jour,
Et devient l'amitié tout en restant l'amour!
Par: Victor Hugo
Extrait de: Toute la lyre (1888)
Ajoutée par Savinien le 05/03/2012
L'heure sonne. Un jour va naître.
Le nuage erre au zénith;
La barque est sous ta fenêtre;
L'hirondelle est dans son nid;
Dans ton âme qu'il féconde
L'amour veille nuit et jour...
Laisse fuir la barque et l'onde!
Ne laisse pas fuir l'amour.
À nos coeurs qui se désolent
Les heures parlent parfois,
Quand dans l'ombre elles s'envolent
De quelque église des bois.
Les pires et les meilleures
Sur nous passent tour à tour...
Ange! Laisse fuir les heures!
Ne laisse pas fuir l'amour.
Est-il une chose au monde
Qui ne tremble à quelque vent?
Le nuage est comme l'onde,
Clair parfois, sombre souvent.
Il s'en va! Triste voyage,
Sans but, sans port; sans retour...
Oh! Laisse fuir le nuage!
Ne laisse pas fuir l'amour.
L'onde, la nuée et l'heure,
Tout passe, et nous pleurons tous!
Qu'une chose en nous demeure
Quand tout change autour de nous!
L'oiseau quitte à tire-d'aile
Son doux nid, sa vieille tour...
Oh! Laisse fuir l'hirondelle!
Ne laisse pas fuir l'amour.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Toute la lyre (1888)
Ajoutée par Savinien le 29/02/2012
Qu'est-ce que cette année emporte sur son aile?
Je ne suis pas moins tendre et tu n'es pas moins belle.
Nos deux coeurs en dix ans n'ont pas vieilli d'un jour.
Va, ne fais pas au temps de plainte et de reproche.
A mesure qu'il fuit, du ciel il nous rapproche,
Sans nous éloigner de l'amour.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Toute la lyre (1888)
Ajoutée par Savinien le 29/02/2012
Un coup de vent passa, souffle leste et charmant
Qui fit tourbillonner les jupes follement.
Je la savais ailée, étoilée, azurée,
Je l'adorais; mon âme allait dans l'empyrée
A sa suite. Oh! L'amour, c'est tout; le reste est vain.
Je ne supposais pas que cet être divin
Qui m'emportait rêveur si loin de la matière
Eût des jambes; soudain je vis sa jarretière;
Et cela me choqua: Quoi! Me dis-je, elle aussi!
Je la contemple, ému, tremblant, brûlant, transi,
Et je vois de la chair où j'adorais une âme!
Soit. Le songe est fini. Ce n'est donc qu'une femme
Qui marche sur la terre, et se retrousse au vent!
Et je fus amoureux bien plus qu'auparavant.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Toute la lyre (1888)
Ajoutée par Savinien le 29/02/2012
Vous ne la fuyez pas, oiseaux, petits farouches,
Car elle est votre soeur dans ce monde âpre et vain,
Elle a pour ce qui sort des âmes et des bouches
Votre dégoût divin.
Elle semble un rayon qui ploierait sous de l'ombre.
On se dit en voyant ce nimbe, ce parfum,
Cette grâce au milieu de nos laideurs sans nombre:
Peut-elle aimer quelqu'un?
Oh! Comme parmi vous elle marche, l'altière!
Elle dédaigne, esprit ailé, le ver qui fuit,
Et, lyre, la rumeur, et, souffle, la matière,
Et, lumière, la nuit.
Quand, seuls, au fond des bois nous nous perdons ensemble,
Je lui dis: j'aime! Avec mon regard le plus doux,
Elle répond: je hais. Et, voyant que je tremble,
Elle ajoute: pas vous.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Toute la lyre (1888)
Ajoutée par Savinien le 29/02/2012
Sais-tu ce que Dieu dit
Sais-tu ce que Dieu dit à l'enfant qui va naître?
Quand cet humble regard s'entr'ouvre à notre jour,
Il lui dit: va souffrir, va penser, va connaître;
Ame, perds l'innocence et rapporte l'amour!
Oui, c'est là le secret. Oui, c'est là le mystère.
Quoi qu'on fasse, il n'est rien qu'on ne puisse blâmer,
On tombe à chaque pas qu'on fait sur cette terre,
Tout est rempli d'erreur, mais il suffit d'aimer.
Colombe, c'est l'amour qu'il faut que tu rapportes!
Après ce dur voyage, obscur, long, hasardeux,
Le ciel d'où nous venons peut nous rouvrir ses portes.
On en est sorti seul, il faut y rentrer deux.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Toute la lyre (1888)
Ajoutée par Savinien le 28/02/2012
Vois-tu, mon ange
Vois-tu, mon ange, il faut accepter nos douleurs.
L'amour est comme la rosée
Qui luit de mille feux et de mille couleurs
Dans l'ombre où l'aube l'a posée.
Rien n'est plus radieux sous le haut firmament;
De cette goutte d'eau qui rayonne un moment
N'approchez pas vos yeux que tant de splendeur charme;
De loin, c'était un diamant,
De près, ce n'est plus qu'une larme.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Toute la lyre (1888)
Ajoutée par Savinien le 28/02/2012
En amour, il faut aux hommes des formes et des couleurs; ils veulent des images. Les femmes ne veulent que des sensations. Elles aiment mieux que nous, elles sont aveugles.
Par: Anatole France
Extrait de: Le jardin d'Epicure (1923)
Ajoutée par Savinien le 09/02/2012
Si donc j'étais démiurge ou démon, ce sont ces insectes que j'aurais pris pour modèles de l'homme. J'aurais voulu que, comme eux, l'homme accomplît d'abord, à l'état de larve, les travaux dégoûtants par lesquels il se nourrit. En cette phase, il n'y aurait point eu de sexes, et la faim n'aurait point avili l'amour. Puis j'aurais fait en sorte que, dans une transformation dernière, l'homme et la femme, déployant des ailes étincelantes, vécussent de rosée et de désir et mourussent dans un baiser. J'aurais de la sorte donné à leur existence mortelle l'amour en récompense et pour couronne. Et cela aurait été mieux ainsi. Mais je n'ai pas créé le monde, et le démiurge qui s'en est chargé n'a pas pris mes avis. Je doute, entre nous, qu'il ait consulté les philosophes et les gens d'esprit.
Par: Anatole France
Extrait de: Le jardin d'Epicure (1923)
Ajoutée par Savinien le 08/02/2012
Leurs amours avaient commencé presque avec leur vie: dès l'âge de huit à neuf ans ils se promenaient ensemble tous les soirs sur la Treille; à dix ans ils ne pouvaient plus se quitter. La sympathie, l'accord des âmes affermit en eux le sentiment qu'avait produit l'habitude. Tous deux, nés tendres et sensibles, n'attendaient que le moment de trouver dans un autre la même disposition, ou plutôt ce moment les attendait eux-mêmes, et chacun d'eux jeta son coeur dans le premier qui s'ouvrit pour le recevoir.
Extrait de: Les confessions (1782)
Ajoutée par Savinien le 23/01/2012
L'amant timide
A seize ans, pauvre et timide
Devant les plus frais appas,
Le coeur battant, l'oeil humide,
Je voulais et n'osais pas,
Et je priais, et sans cesse
Je répétais dans mes voeux :
« Jésus! Rien qu'une maîtresse,
Rien qu'une maîtresse... Ou deux! »
Lors une beauté, qui daigne
M'agacer d'un air moqueur,
Me dit : « Enfant, ton coeur saigne,
Et j'ai pitié de ton coeur.
Pour te guérir quel dictame
Faut-il donc, pauvre amoureux?
- Oh! Rien qu'un baiser, madame!
Oh! Rien qu'un baiser... Ou deux!... »
Puis le beau docteur, qui raille,
Me tâte le pouls, et moi,
En façon de représailles,
Je tâte je ne sais quoi!
« Où vont ces lèvres de flamme?
Où vont ces doigts curieux?
- Puisque j'en tiens un, madame,
Laissez-moi prendre les deux. »
La coquette sans alarmes
Rit si bien de mon amour,
Que j'eus à baiser des larmes
Quand je riais à mon tour.
Elle sanglote et se pâme:
« Qu'avons-nous fait là, grands dieux?
- Oh! Rien qu'un enfant, madame.
Oh! Rien qu'un enfant... Ou deux! »
Par: Hégésippe Moreau
Ajoutée par Savinien le 10/01/2012
L'ombre nue
J'ai fait de mon Amour cette blanche statue.
Regarde-la. Elle est debout, pensive et nue,
Au milieu du bassin où la mire son eau
Qui l'entoure d'un double et symbolique anneau
De pierre invariable et de cristal fidèle.
La colombe en passant la frôle de son aile,
Car l'Amour est vivant en ce marbre veiné
Qui de son long regard que rien n'a détourné,
Contemple, autour de lui dans l'eau proche apparue,
La fraîcheur de son ombre humide, vaine et nue.
Par: Henri François Joseph de Régnier
Extrait de: La cité des eaux (1902)
Ajoutée par Savinien le 28/12/2011
Celui qui, par une fraîche matinée, dans la force de la jeunesse, est sorti un jour à pas lents, tandis qu'une main adorée fermait sur lui la porte secrète; qui a marché sans savoir où, regardant les bois et les plaines; qui a traversé une place sans entendre qu'on lui parlait; qui s'est assis dans un lieu solitaire, riant et pleurant sans raison; qui a posé ses mains sur son visage pour y respirer un reste de parfum; qui a oublié tout à coup ce qu'il avait fait sur la terre jusqu'alors; qui a parlé aux arbres de la route et aux oiseaux qu'il voyait passer; qui, enfin, au milieu des hommes, s'est montré un joyeux insensé, puis qui est tombé à genoux et qui en a remercié Dieu; celui-là mourra sans se plaindre: il a possédé la femme qu'il aimait.
Par: Alfred de Musset
Extrait de: La confession d'un enfant du siècle (1836)
Ajoutée par Savinien le 07/12/2011
Il n'en faut pas douter, l'amour est un mystère inexplicable. De quelques chaînes, de quelques misères, et je dirai mêmes de quelques dégoûts que le monde l'ait entouré, tout enseveli qu'il y est sous une montagne de préjugés qui le dénaturent et le dépravent, à travers toutes les ordures dans lesquelles on le traîne, l'amour, le vivace et fatal amour, n'est pas moins une loi céleste aussi puissante et aussi incompréhensible que celle qui suspend le soleil dans les cieux. Qu'est-ce que c'est, je vous le demande, qu'un lien plus dur, plus solide que le fer, et qu'on ne peut ni voir ni toucher? Qu'est-ce que c'est que de rencontrer une femme, de la regarder, de lui dire un mot et de ne plus jamais l'oublier? Pourquoi celle-là plutôt qu'une autre? Invoquez la raison, l'habitude, les sens, la tête, le coeur et expliquez si vous pouvez.
Par: Alfred de Musset
Extrait de: La confession d'un enfant du siècle (1836)
Ajoutée par Savinien le 07/12/2011
De toutes les soeurs de l'amour, l'une des plus belles est la pitié.
Par: Alfred de Musset
Extrait de: La confession d'un enfant du siècle (1836)
Ajoutée par Savinien le 06/12/2011
Prenez de l'amour ce qu'un homme sobre prend de vin, ne devenez pas un ivrogne. Si votre maîtresse est sincère et fidèle, aimez-la pour cela; mais, si elle ne l'est pas, et qu'elle soit jeune et belle, aimez-la parce qu'elle est jeune et belle; et, si elle est agréable et spirituelle, aimez-la encore; et, si elle n'est rien de tout cela, mais qu'elle vous aime seulement, aimez-la encore. On n'est pas aimé tous les soirs.
Par: Alfred de Musset
Extrait de: La confession d'un enfant du siècle (1836)
Ajoutée par Savinien le 06/12/2011
Si l'homme, constant dans ses affections, pouvait sans-cesse fournir à un sentiment renouvelé sans-cesse, sans doute la solitude et l'amour l'égaleraient à Dieu même, car ce sont là les deux éternels plaisirs du grand Etre. Mais l'âme de l'homme se fatigue, et jamais elle n'aime longtemps le même objet avec plénitude. Il y a toujours quelques points par où deux coeurs ne se touchent pas, et ces points suffisent à la longue pour rendre la vie insupportable.
Par: François-René de Chateaubriand
Ajoutée par Savinien le 04/12/2011
Les plus belles amours furent celles de cet homme et de cette femme sortis de la main du Créateur. Un paradis avait été formé pour eux, ils étaient innocents et immortels. Parfaits de l'âme et du corps, ils se convenaient en tout: Eve avait été créée pour Adam, et Adam pour Eve. S'ils n'ont pu toutefois se maintenir dans cet état de bonheur, quels couples le pourront après eux?
Par: François-René de Chateaubriand
Ajoutée par Savinien le 04/12/2011
Je lus à madame Récamier ma description du Saint-Gothard; elle me pria d'écrire quelque chose sur ses tablettes, déjà à demi remplies des détails de la mort de Jean-Jacques Rousseau. Au-dessous de ces dernières paroles de l'auteur d'Héloïse: « ma femme, ouvrez la fenêtre, que je voie encore le soleil, » je traçai ces mots écrits au crayon: ce que je voulais sur le lac de Lucerne, je l'ai trouvé sur le lac de Constance, le charme et l'intelligence de la beauté. Je ne veux point mourir comme Rousseau; je veux encore voir longtemps le soleil, si c'est près de vous que je dois achever ma vie. Que mes jours expirent à vos pieds, comme ces vagues dont vous aimez le murmure.
Par: François-René de Chateaubriand
Extrait de: Mémoires d'outre-tombe (1848)
Ajoutée par Savinien le 24/10/2011
L'avantage de l'amour sur la débauche, c'est la multiplication des plaisirs. Toutes les pensées, tous les goûts, tous les sentiments, deviennent réciproques. Dans l'amour, vous avez deux corps et deux âmes; dans la débauche, vous avez une âme qui se dégoûte même de son propre corps.
Par: Charles-Louis de Secondat (Montesquieu)
Extrait de: Pensées et fragments (Montesquieu)
Ajoutée par Savinien le 19/10/2011
Avec une femme, l'amitié ne peut être que le clair de lune de l'amour.
Par: Pierre-Jules Renard (Jules Renard)
Extrait de: Journal (Renard) (1925)
Ajoutée par Savinien le 11/10/2011
Bonjour, Paris
C'est toujours la même chanson,
O mon amour que je fredonne:
Tout ce que j'ai je te le donne,
Nos coeurs battent à l'unisson.
Par: François Carcopino-Tusoli (Francis Carco)
Ajoutée par Savinien le 15/09/2011
Lorsque deux nobles coeurs se sont vraiment aimés
Leur amour est plus fort que la mort elle-même
Cueillons les souvenirs que nous avons semés
Et l'absence après tout n'est rien lorsque l'on s'aime.
Extrait de: Poèmes à Lou (1915)
Ajoutée par Savinien le 14/09/2011
Toutes les passions sont des soeurs jumelles qui se ressemblent. Demandez à un joueur quel est le plus grand plaisir après celui de gagner, il répondra: perdre; à un amant quel est le plus grand bonheur après celui d'être aimé, il répondra: être haï. La passion malheureuse est préférable à l'indifférence du coeur, et l'insensibilité est le pire de tous les maux.
Par: Charles Maurice de Talleyrand-Perigord (Talleyrand)
Extrait de: La confession de Talleyrand
Ajoutée par Savinien le 31/08/2011
Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l'écrire; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m'enfuie? Adieu, ma Sophie, bonsoir; votre coeur ne vous dit donc pas que je suis ici? Voilà la première fois que j'écris dans les ténèbres: cette situation devrait m'inspirer des choses bien tendres. Je n'en éprouve qu'une: je ne saurais sortir d'ici. L'espoir de vous voir un moment m'y retient, et j'y continue de vous parler, sans savoir si j'y forme des caractères. Partout où il n'y aura rien, lisez que je vous aime.
Par: Denis Diderot
Extrait de: Lettres à Melle Volland (1759)
Ajoutée par Savinien le 31/08/2011
Toutes les passions nous font faire des fautes, mais l'amour nous en fait faire de plus ridicules.
Par: François de La Rochefoucauld
Extrait de: Maximes et réflexions morales (1665)
Ajoutée par Savinien le 15/08/2011
Ceux qui critiquent le plus l'amour sont bien sûr ceux qui en ont le plus besoin: au fond de tout Valmont sommeille un indécrottable romantique qui ne demande qu'à sortir sa mandoline.
Par: Frédéric Beigbeder
Extrait de: L'amour dure trois ans (1997)
Ajoutée par Savinien le 13/08/2011
Le mariage est criminel car il tue le mystère. Vous rencontrez une créature envoûtante, vous l'épousez et soudain la créature envoûtante s'est volatilisée: c'est devenu votre femme. VOTRE femme! Quelle insulte, quelle déchéance pour elle! Alors que ce qu'on devrait chercher sans relâche, toute sa vie durant, c'est une femme qui ne vous appartienne jamais!
Par: Frédéric Beigbeder
Extrait de: L'amour dure trois ans (1997)
Ajoutée par Savinien le 10/08/2011
Pourquoi dit-on un amoureux? On devrait dire un possédé. Être possédé du diable, c'est l'exception; être possédé de la femme, c'est la règle. Tout homme subit cette aliénation de soi-même. Quelle sorcière qu'une jolie femme! Le vrai nom de l'amour, c'est captivité.
Par: Victor Hugo
Extrait de: L'homme qui rit (1869)
Ajoutée par Savinien le 21/07/2011
En amour, rien n'est tel qu'une habitude. Toute la vie s'y concentre. La réapparition de l'astre est une habitude de l'univers. La création n'est pas autre chose qu'une amoureuse, et le soleil est un amant. La lumière est une cariatide éblouissante qui porte le monde. Tous les jours, pendant une minute sublime, la terre couverte de nuit s'appuie sur le soleil levant.
Par: Victor Hugo
Extrait de: L'homme qui rit (1869)
Ajoutée par Savinien le 21/07/2011
Femme tentée et femme vaincue, c'est tout un.
Par: Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (Marivaux)
Extrait de: Arlequin poli par l'amour (1720)
Ajoutée par Savinien le 09/07/2011
En amour, il n'y a que les commencements qui soient charmants. Il ne m'étonne pas qu'on trouve du plaisir à recommencer souvent.
Extrait de: Mes écarts ou ma tête en liberté
Ajoutée par Savinien le 06/07/2011
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent.
Par: Eugène Emile Paul Grindel (Paul Eluard)
Extrait de: L'amour la poésie (1929)
Ajoutée par Savinien le 06/07/2011
L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent; il éteint le petit, il allume le grand.
Par: Roger de Rabutin (Bussy-Rabutin)
Extrait de: Histoire amoureuse des gaules (1666)
Ajoutée par Savinien le 30/06/2011
L'amour est comme un arbre, il pousse de lui-même, jette profondément ses racines dans tout notre être, et continue souvent de verdoyer dans un coeur en ruines.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Notre-Dame de Paris (1831)
Ajoutée par Savinien le 11/06/2011
Abat-jour
Baisse un peu l'abat-jour, veux-tu? Nous serons mieux.
C'est dans l'ombre que les coeurs causent,
Et l'on voit beaucoup mieux les yeux
Quand on voit un peu moins les choses.
Ce soir je t'aime trop pour te parler d'amour.
Par: Paul Lefèvre (Paul Géraldy)
Extrait de: Toi et moi (1912)
Ajoutée par Savinien le 15/05/2011
Dans l'adolescence on aime les autres femmes parce qu'elles ressemblent plus ou moins à la première; plus tard on les aime parce qu'elles diffèrent entre elles.
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Bouvard et Pécuchet (1881)
Ajoutée par Savinien le 15/05/2011
A Maggy
Peut-être pourrions-nous nous aimer, ma petite,
Et goûter le bonheur charmant d'un tendre amour;
Mais il faut des brillants, des chapeaux Pompadour,
Et des mets truffés dans ce monde sybarite.
Si je dis que je t'aime et que mon coeur palpite
Quand je baise ta gorge au gracieux contour
Hélas! Je ne suis pas un banquier de Hambourg
Et tu me répondras; que tu t'en bats l'orbite.
Je voudrais te bâtir un frais cottage, au bout
D'un jardin parfumé d'aubépine et de rose
Pour que tu passes là contente le mois d'août.
Mais, l'homme propose et le louis d'or dispose...
Et je n'ai que mon coeur qui ne vaut pas grand chose
Et mon corps fatigué qui ne vaut rien du tout.
Par: Jean Moréas
Ajoutée par Savinien le 08/05/2011
Le dahlia bleu
O créer avec fièvre un rien, quatorze vers
Délicats, spéciaux, rares, heureux d'éclore,
Un bouquet effaçant par le choix de sa flore
La vieille rhétorique et les jeunes pré verts!
Y mettre le secret de mon coeur, comme Arvers,
Et les vocables doux par lesquels on implore,
Et sous le nom vraiment rythmique, Hélène ou Laure,
Oser vous y parler d'amour, à mots couverts!
Vous les liriez, non pas comme ceux qu'on renomme,
Mais à mi-voix, en y mettant du vôtre, et comme
Ce sonnet sans défaut vaudrait bien un baiser,
Ayant touché le fin bristol du bout des lèvres,
Vous iriez, doucement, doucement, le poser
Sur l'étagère où sont vos tasses de vieux sèvres.
Par: Gaston Sénéchal
Ajoutée par Savinien le 05/05/2011
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