Thématique citations : Les alexandrins

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Le genre

Il semble que l'alexandrin soit apparu, en littérature française, au moyen age: la traduction des légendes du "Roman d'Alexandre" vit l'apparition des premiers poèmes sous forme de vers à douze syllabes, et prit le terme d'alexandrin.

L'alexandrin est articulé en deux parties (appelées hémistiches) séparées par la césure (l'endroit qui délimite ces deux parties), chaque partie faisant six syllabes chacune.

Rappelez-vous à ce sujet la formulation de Ragueneau, le pâtissier, dans Cyrano:

Vous avez mal placé la fente de ces miches:
Au milieu la césure, - entre les hémistiches!

Cette rythmique apporte à l'alexandrin une régularité rendant sa lecture presque chantante. Elle apporte également une contrainte à l'auteur, lui demandant d'articuler sa pensée autour de cette rythmique.

Variations

L'alexandrin peut être rythmé de façon différente, les principales étant:

  •     La forme binaire: chaque hémistiche fait deux fois trois syllabes. Exemple: "Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine (Arthur Rimbaud)"
  •     La forme tertiaire: l'alexandrin fait trois fois quatre syllabes. Exemple: "Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir (Corneille)".

On n'observe pas dans la forme tertiaire ce repos entre les deux hémistiches qu'on peut sentir dans la forme binaire, elle semble donc moins gracieuse à l'oreille, et c'est à juste titre que la forme la plus répandue est la forme binaire, autrement nommée forme classique.

Les tricheries

L'alexandrin étant un art difficile, on notera parfois de-ci de-là dans certains ouvrages des facilités ou raccourcis pris par les auteurs pour cadrer aux douzes syllabes par phrase. Dans certains cas, le décompte des syllabes joue allègrement sur la prise en compte ou non de syllabes muettes - c'est le jeu.

De même, et c'est surtout vrai dans le domaine du théâtre, où il est parfois particulièrement difficile de rendre un dialogue naturel sous forme d'alexandrins, l'auteur pourra jouer avec des alexandrins sur plusieurs lignes: l'alexandrin commençant dans les paroles d'un personnage et se terminant dans les paroles d'un autre, à la ligne suivante, comme par exemple, dans Cyrano de Bergerac:

- Un poète est un luxe, aujourd'hui, qu'on se donne.
 Voulez-vous être à moi ?
- Non, Monsieur, à personne.

En recomptant bien, on s'apercevra parfois qu'une syllabe ou deux peuvent même être adroitement oubliées pour satisfaire à la fluidité des dialogues.

Les champions de l'alexandrin

Même si le style est largement présent dans la littérature classique, on notera quelques champions toutes catégories de l'alexandrin:

Parmi ceux-ci, bien sûr, tous les dramaturges: Racine, Corneille, bien sûr
Ainsi que les auteurs de comédie: Molière en tête
Mais également nos poètes romantiques: Hugo, Lamartine, Musset, Vigny

Et bien d'autres encore, ceux-ci  n'étant que les plus connus (à juste titre, on peut même dire les plus adroits dans cet art).

En conclusion

A notre époque moderne, on suppose souvent que la poésie est un art en désuétude. C'est faux, on pourrait plus justement dire que peu de gens lisent encore de la poésie. Nos poètes modernes produisent toujours de la poésie (toutefois, il n'est plus vraiment de mise de produire de grandes pièces en alexandrins), même s'ils ont tendance à explorer des formes différentes de celles de l'alexandrin.

La poésie a également pris des formes plus populaires et des fois moins visibles:  tendez l'oreille, et vous retrouverez parfois dans les paroles de nos chansons modernes des alexandrins du plus bel effet, voire des reprises de poèmes classiques (Julien Clerc a ainsi déjà chanté du Marceline Desbordes-Valmore quasiment mot pour mot).

Invocation


Car l'amour vrai, tardif, qui mûrit en son temps,
Vois-tu, n'est pas semblable à celui de vingt ans,
Que jette la jeunesse en sa première sève,
Au blond duvet, vermeil, et doré comme un rêve;
C'est un amour profond, amer, désespéré,
C'est le dernier, l'unique; on dit moins, j'en mourrai;
On en meurt; - un amour armé de jalousie,
Consumant tout, honneur et gloire et poésie;
Sans douceurs et sans miel, capable de poison ,
Et pour toute la vie égarant la raison.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 17/02/2021

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Invocation


Amour, où donc es-tu? Descends, vautour sublime;
J'étalerai mon coeur pour qu'il soit ta victime;
Je t'ouvrirai ma veine et mon flanc tout fumant;
Docile à ton essor, comme un crédule amant,
J'irai, j'irai partout où montera ton aile;
Je chérirai sans fin ta morsure éternelle.
Tu me seras léger et doux, maître adoré!
Jamais gazon flétri, jamais sable altéré,
Jamais guerriers mourants dont la plaine est jonchée
N'ont plus avidement bu la pluie épanchée
Que moi, rôdant, la nuit, aux lieux les plus déserts,
Je ne boirai mes pleurs cuisants, mes pleurs amers.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 17/02/2021

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L'enfance d'Adèle


Elle est là, mon Adèle, oh! Je me la figure,
Elle est là, je la vois, dans la vague posture
D'une femme qui rêve, étendue à demi;
Le sombre époux l'enferme, elle rêve à l'Ami;
Elle se dit qu'il l'aime et qu'il n'aime rien qu'elle,
Qu'il veille obstinément sur l'amante fidèle,
Qu'il l'avertit de vivre et de tout espérer,
De ne plus obscurcir ses doux yeux à pleurer,
Mais de s'ouvrir d'avance à la saison heureuse
Que l'amour patient, à petit bruit, se creuse
Mille détours certains par où va son ennui,
Qu'obstacles et soupçons, tout s'use devant lui,
Et qu'en un coeur désert tarit la jalousie
Plus vite qu'en deux coeurs ses torrents d'ambroisie.
Le regard du jaloux s'aveugle en quelques jours;
Les amants se font signe et s'entendent toujours.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 17/02/2021

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Que vient-elle me dire, aux plus tendres instants,
En réponse aux soupirs d'une âme consumée,
Que vient-elle conter, ma folle Bien-aimée,
De charmes défleuris, de ravages du temps,

De bandeaux de cheveux déjà moins éclatants?
Qu'a-t-elle à me montrer sur sa tête embaumée,
Comme un peu de jasmin dans l'épaisse ramée,
Quelques rares endroits pâlis dés le printemps?

Qu'a-t-elle? Dites-moi; fut-on jamais plus belle?
Le désir la revêt d'une flamme nouvelle;
Sa taille est de quinze ans, ses yeux gagnent aux pleurs;

Et, pour mieux couronner ma jeune Fiancée,
Amour qui fait tout bien, docile à ma pensée,
Mêle à ses noirs cheveux quelque neige de fleurs.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 17/02/2021

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Par un ciel étoilé, sur ce beau pont des Arts,
Revenant tard et seul de la cité qui gronde,
J'ai mille fois songé que l'Éden en ce monde
Serait de mener là mon Ange aux doux regards;

De fuir boue et passants, les cris, le vice épars;
De lui montrer le ciel, la lune éclairant l'onde,
Les constellations dans leur courbe profonde
Planant sur ce vain bruit des hommes et des chars.

J'ai rêvé lui donner un bouquet au passage;
A la rampe accoudé, ne voir que son visage,
Ou l'asseoir sur ces bancs d'un mol éclat blanchis;

Et, quand son âme est pleine et sa voix oppressée,
L'entendre désirer de gagner le logis,
Suspendant à mon bras sa marche un peu lassée.


Par: Charles-Augustin Sainte-Beuve

Ajoutée par Savinien le 17/02/2021

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Acte III, Scène 9


Tout est vrai, je le vois, tout s'explique pour nous.
Yago, regarde-moi? - C'est ainsi que s'exhale
De cet amour d'enfant la démence fatale;
Il est bien loin de moi. - Levez-vous à présent,
Haine, vengeance, horreur d'un amour malfaisant;
Dédain juste et profond, légitimes colères,
Venez gonfler mon coeur du poison des vipères.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 13/02/2021

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Acte III, Scène 3


Ah! Gardez-vous, seigneur, d'un énorme défaut;
La jalousie. Hélas! C'est un monstre qui ronge
Le coeur infortuné dans lequel il se plonge.
Tel mari sans amour, bien certain de son sort,
Près de son infidèle en souriant s'endort;
Mais quel tourment d'enfer! Quel chagrin empoisonne
Celui dont l'âme ardente idolâtre et soupçonne!


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 13/02/2021

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Acte II, scène 5


Ma femme! Ô ma jeune beauté!
O délice et repos de mon coeur tourmenté!
Que le son de ta voix est doux à mon oreille!
Aux sifflements des airs que la mort se réveille,
Que ma barque se livre encore aux flots puissants,
Si mon jour doit venir, qu'il vienne, j'y consens;
Car jamais, quel que soit ton cours, Ô destinée!
Une telle heure encor ne me sera donnée.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 13/02/2021

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Acte II, Scène 4


Il lui prend les mains. Bon! Et lui parle bas! Bien,
Le papillon s'attrape au plus faible lien;
Dans celui-ci, Cassio, je te prends avec elle!
C'est cela. Parle-lui, souris bien à ta belle.
Tu seras dégradé pour ces fadaises-là.
Un baiser sur tes doigts, bien, bravo! C'est cela!
Pour que ta main le rende à sa main qu'elle touche,
Puissent tous ces baisers empoisonner ta bouche!


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 13/02/2021

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Acte I, scène 9


Les orages du sort que j'ai couru chercher
Ont bien assez prouvé qu'Othello m'était cher.
Mais qu'ai-je aimé dans lui? Sa grandeur valeureuse,
Sa gloire; aussi, seigneurs, je serai moins heureuse
Si l'on doit me ravir l'aspect victorieux
Des honneurs dont l'éclat est l'amour de mes yeux;
Etant vouée à lui, je le suis à la guerre;
Je me sens courageuse autant qu'il me rend fière,
Et rester c'est languir dans un pesant ennui;
Seigneurs, permettez-moi de partir avec lui.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 13/02/2021

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Acte I, Scène 6


Tout beau, messieurs, rentrez vos brillantes épées;
Du brouillard de la nuit elles seront trempées,
Cela peut les ternir. - Seigneur, vos cheveux blancs
Commandent mieux ici que ces moyens sanglants.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 13/02/2021

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Acte I, Scène 2


Mais je quitte ce lieu. L'air me devient malsain;
Car s'il me voit ici, je manque à mon dessein.
L'heure n'est pas venue; et mon rôle est encore
De paraître en tout point créature du More.
Paraître seulement; car, ma foi! Je le hais
Dix fois plus que l'enfer, où peut être je vais.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 13/02/2021

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Acte V, Scène 3


Oui, ton sang trop prompt t'entraîna vers l'abîme,
Laërte, et le Seigneur t'a puni par ton crime.
Mais tu le trouveras, car il sonde les coeurs,
Moins sévère là-haut. Laërte, - prie et meurs!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte V, Scène 3


La reine a bu la mort, rien ne peut la sauver!
Hamlet! Je ne dois pas, non plus, me relever,
Tout secours serait vain, ma vie est condamnée!
Et l'arme - est dans tes mains, regarde, empoisonnée!
Et le bourreau - se meurt à tes genoux, c'est moi!
Mais le double assassin, - le voilà! C'est le roi!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte V, Scène 2


Non! Je suis prêt pour tout, - et même pour la tombe!
Il faut l'arrêt de Dieu pour qu'un passereau tombe.
Il viendra tôt ou tard mon grand jour inconnu,
Et, s'il n'est à venir, c'est donc qu'il est venu!
Demain, ce soir, que fait l'heure où l'on abandonne
L'avenir - qu'on n'a pas, que jamais Dieu ne donne?
Etre prêt! Tout est là! Marchons notre chemin.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte IV (deuxième partie), Scène 3


Soit! Je confie alors, dans ce suprême adieu,
Son beau corps à la terre et sa belle âme à Dieu,
Pour qu'ils fassent, cléments en leurs métamorphoses,
Avec cette âme un ange, avec ce corps des roses!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte IV (deuxième partie), Scène 2


Eh! Quoi! Pas un lazzi pour railler maintenant
Votre affreuse grimace? Eh! Quoi? lèvres ni joue,
Plus rien! - Pauvre Yorick! Va faire ainsi la moue
Au miroir d'une belle, et, là, dis-lui tout bas,
Tandis qu'elle s'occupe à doubler ses appâts,
Dis-lui, pauvre Yorick! Dis-lui qu'elle a beau faire,
Que le corps, ici bas, appartient à la terre,
Qu'hélas! Nous sommes tous les jouets du hasard,
Et qu'elle cache en vain ses rides sous le fard;
Le temps au jour fixé réclamera sa dette:
Le fard cache la joue, et la joue - un squelette!
Lui révélant ainsi l'avenir inconnu,
Près de son front paré va poser ton front nu,
Et tu verras, bouffon, si cela la fait rire!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte IV, Scène 5


Elle est folle! - O mes pleurs enflammés,
Dévorez le regard dans mes yeux consumés!
Oh! Va! Je leur ferai payer cher ta folie,
Ma soeur, rose de mai! Bonne et tendre Ophélie!
Mon Dieu! Vous laissez donc s'éteindre au même vent
Le souffle du vieillard et l'esprit de l'enfant!
L'âme qu'un amour pur exalte d'heure en heure
Laisse à l'objet aimé sa moitié la meilleure.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte III, Scène 6


Oui. Souviens-toi. Tu vas te souvenir, j'espère!
Je viens pour réveiller ta volonté qui dort.
Mais vois ta mère, Hamlet, tremblante de remord
Oh! Mets-toi donc entre elle et sa terreur de femme!
Car l'amour de ma vie anime encor mon âme.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte III, Scène 6


Pardonnez-moi ce meurtre, Ô Seigneur! Ô mon Dieu!
Et toi, pauvre indiscret, fou téméraire, adieu!
Je l'ai pris pour plus grand que toi. Subis ta peine.
De l'affaire d'autrui pourquoi fis-tu la tienne?


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte III, Scène 5


J'attends! C'est simple à dire, et terrible à penser!
Voici l'heure propice aux mystères magiques
Où, laissant leur sommeil et leurs lits léthargiques,
Les morts quittent la tombe et les démons l'enfer!
Et, la pitié quittant aussi mon coeur de fer,
Je pourrais maintenant, comme un spectre insensible,
Boire du sang fumant, oser quelque oeuvre horrible
A faire reculer le soleil de terreur !


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte III, Scène 3


Entre dans un couvent,
Pauvre fille! Cela vaut mieux que d'être femme,
Pour mentir au Seigneur d'une façon infâme
Et faire sans pudeur de ces serments d'amour
Que l'on jure éternels et qui durent un jour!
Que de perpétuer notre race maudite.
En donnant la lumière à quelque âme hypocrite,
Qui se détournera de la route du ciel
Pour porter une pierre à la sombre Babel
Que le noir souverain des éternels abîmes
Dans la nuit de l'enfer bâtit avec nos crimes!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte III, Scène 3


Hamlet! Je tiens de vous tous ces présents. Hélas!
A chacun était jointe une douce parole,
Et je me crus heureuse, et je n'étais que folle!
Mon amour maintenant vous devient importun,
Et ces gages si doux ont perdu leur parfum.
Reprenez-les. Allez! Laissez la pauvre femme;
Car vous ne m'aimez plus, Hamlet, et pour mon âme
Les plus riches présents deviennent sans valeur,
Quand ce n'est que la main qui donne et non le coeur.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte III, Scène 3


Etre ou n'être pas, voilà la question!
Que faut-il admirer? La résignation
Acceptant à genoux la fortune outrageuse,
Ou la force luttant sur la mer orageuse
Et demandant le calme aux tempêtes? - Mourir!
Dormir! Et rien de plus, et puis, ne plus souffrir!
Fuir ces mille tourments pour lesquels il faut naître!
Mourir! Dormir! - Dormir! Qui sait? Rêver peut-être!
- Peut-être?... Ah ! Tout est là! Quels rêves peupleront
Le sommeil de la mort, lorsque sous notre front
Ne s'agiteront plus la vie et la pensée?
Doute affreux qui nous courbe à l'ornière tracée!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte II, Scène 5


L'homme est beau! L'homme est roi des choses éternelles
Son front a des rayons, et son âme a des ailes!
Quand l'idée ou l'amour l'éclairent de leur feu,
Ses actes sont d'un ange et ses pensers d'un dieu!
Mais l'homme, fût-il grand comme la terre entière,
Poussière, voilà tout, redeviendra poussière!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte II, Scène 3


Doutez qu'au firmament l'étoile soit de flamme
Doutez que dans les cieux marche l'astre du jour,
La sainte vérité doutez-en dans votre âme!
Doutez de tout enfin, mais non de mon amour!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte I, Scène 7


L'aurore croit au jour,
Et la fleur à la brise, et la femme à l'amour.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte I, Scène 3


On cache les forfaits; mais le destin moqueur,
Fussent-ils enfouis sous la terre où nous sommes,
Les traîne tout honteux aux yeux surpris des hommes,
Et nous montre, une nuit, quelque spectre sanglant,
Le poison dans la main, ou le poignard au flanc!


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte I, Scène 3


Et vous, amis, quelque événement sombre
Qu'amène cette nuit, que paraisse ou non l'Ombre,
Qu'elle parle ou se taise, au nom de l'amitié,
Gardez-moi ce secret dont vous portez moitié.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte I, Scène 1


Hélas! C'est une loi de la fatalité
Que chacun de nos pas mène à l'éternité.


Par: Alexandre Dumas (père)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2021

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Acte IV, Scène 1


Je vais donc, puisqu'il faut que je me sacrifie,
Assurer à Pyrrhus le reste de ma vie;
Je vais, en recevant sa foi sur les autels,
L'engager à mon fils par des nœuds immortels.
Mais aussitôt ma main, à moi seule funeste,
D'une infidèle vie abrégera le reste,
Et sauvant ma vertu, rendra ce que je dois
À Pyrrhus, à mon fils, à mon époux, à moi.


Par: Jean Racine

Extrait de: Andromaque (1667)

Ajoutée par Savinien le 17/01/2021

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Acte III, Scène 8


Chère épouse, dit-il en essuyant mes larmes,
J'ignore quel succès le sort garde à mes armes;
Je te laisse mon fils pour gage de ma foi:
S'il me perd, je prétends qu'il me retrouve en toi.
Si d'un heureux hymen la mémoire t'est chère,
Montre au fils à quel point tu chérissais le père.


Par: Jean Racine

Extrait de: Andromaque (1667)

Ajoutée par Savinien le 17/01/2021

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Acte IV, Scène 3


J'ai cru jusques ici que c'était l'ignorance
Qui faisait les grands sots, et non pas la science.

Vous avez cru fort mal, et je vous suis garant,
Qu'un sot savant est sot plus qu'un sot ignorant.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte IV, Scène 2


Il en est, et plusieurs, que pour le bel esprit
Le mauvais goût du siècle a su mettre en crédit:
Mais Monsieur Trissotin n'a pu duper personne,
Et chacun rend justice aux écrits qu'il nous donne.
Hors céans, on le prise en tous lieux ce qu'il vaut;
Et ce qui m'a vingt fois fait tomber de mon haut,
C'est de vous voir au ciel élever des sornettes,
Que vous désavoueriez, si vous les aviez faites.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte IV, Scène 2


Vos charmes ont d'abord possédé tout mon coeur.
Il a brûlé deux ans d'une constante ardeur;
Il n'est soins empressés, devoirs, respects, services,
Dont il ne vous ait fait d'amoureux sacrifices.
Tous mes feux, tous mes soins ne peuvent rien sur vous,
Je vous trouve contraire à mes voeux les plus doux;
Ce que vous refusez, je l'offre au choix d'une autre.
Voyez. Est-ce, Madame, ou ma faute, ou la vôtre?
Mon coeur court-il au change, ou si vous l'y poussez?
Est-ce moi qui vous quitte, ou vous qui me chassez?


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte III, Scène 6


J'aime à vivre aisément, et dans tout ce qu'on dit
Il faut se trop peiner, pour avoir de l'esprit.
C'est une ambition que je n'ai point en tête,
Je me trouve fort bien, ma mère, d'être bête,
Et j'aime mieux n'avoir que de communs propos,
Que de me tourmenter pour dire de beaux mots.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte III, Scène 2


Quoi, sans émotion pendant cette lecture?
Vous faites là, ma nièce, une étrange figure!

Chacun fait ici-bas la figure qu'il peut,
Ma tante; et bel esprit, il ne l'est pas qui veut.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte II, Scène 9


J'aime fort le repos, la paix, et la douceur,
Et ma femme est terrible avec son humeur.
Du nom de philosophe elle fait grand mystère,
Mais elle n'en est pas pour cela moins colère;
Et sa morale faite à mépriser le bien,
Sur l'aigreur de sa bile opère comme rien.
Pour peu que l'on s'oppose à ce que veut sa tête,
On en a pour huit jours d'effroyable tempête.
Elle me fait trembler dès qu'elle prend son ton.
Je ne sais où me mettre, et c'est un vrai dragon;
Et cependant avec toute sa diablerie,
Il faut que je l'appelle, et « mon coeur », et « ma mie ».


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte II, Scène 7


Je n'aime point céans tous vos gens à latin,
Et principalement ce Monsieur Trissotin.
C'est lui qui dans des vers vous a tympanisées,
Tous les propos qu'il tient sont des billevesées,
On cherche ce qu'il dit après qu'il a parlé,
Et je lui crois, pour moi, le timbre un peu fêlé.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

Catégories:

Acte II, Scène 7


Mes gens à la science aspirent pour vous plaire,
Et tous ne font rien moins que ce qu'ils ont à faire;
Raisonner est l'emploi de toute ma maison,
Et le raisonnement en bannit la raison;
L'un me brûle mon rôt en lisant quelque histoire,
L'autre rêve à des vers quand je demande à boire;
Enfin je vois par eux votre exemple suivi,
Et j'ai des serviteurs, et ne suis point servi.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte II, Scène 5


Me voilà bien chanceuse! Hélas l'on dit bien vrai:
Qui veut noyer son chien, l'accuse de la rage,
Et service d'autrui n'est pas un héritage.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

Catégories:

Acte I, Scène 3


Un amant fait sa cour où s'attache son coeur,
Il veut de tout le monde y gagner la faveur;
Et pour n'avoir personne à sa flamme contraire,
Jusqu'au chien du logis il s'efforce de plaire.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

Catégories:

Acte I, Scène 2


Vos attraits m'avaient pris, et mes tendres soupirs
Vous ont assez prouvé l'ardeur de mes désirs:
Mon coeur vous consacrait une flamme immortelle,
Mais vos yeux n'ont pas cru leur conquête assez belle;
J'ai souffert sous leur joug cent mépris différents,
Ils régnaient sur mon âme en superbes tyrans,
Et je me suis cherché, lassé de tant de peines,
Des vainqueurs plus humains, et de moins rudes chaînes.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

Catégories:

Acte I, Scène 1


Votre esprit à l'hymen renonce pour toujours,
Et la philosophie a toutes vos amours:
Ainsi n'ayant au coeur nul dessein pour Clitandre,
Que vous importe-t-il qu'on y puisse prétendre?

Cet empire que tient la raison sur les sens,
Ne fait pas renoncer aux douceurs des encens;
Et l'on peut pour époux refuser un mérite
Que pour adorateur on veut bien à sa suite.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

Catégories:

Acte I, Scène 1


Quand sur une personne on prétend se régler,
C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

Catégories:

Acte I, Scène 1


Le Ciel, dont nous voyons que l'ordre est tout-puissant,
Pour différents emplois nous fabrique en naissant;
Et tout esprit n'est pas composé d'une étoffe
Qui se trouve taillée à faire un philosophe.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

Catégories:

Acte I, Scène 1


Mon Dieu, que votre esprit est d'un étage bas!
Que vous jouez au monde un petit personnage,
De vous claquemurer aux choses du ménage,
Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants,
Qu'un idole d'époux, et des marmots d'enfants!
Laissez aux gens grossiers, aux personnes vulgaires,
Les bas amusements de ces sortes d'affaires.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte II, Scène 2


Si j'étais en sa place, un homme assurément
Ne m'épouserait pas de force impunément;
Et je lui ferais voir, bientôt après la fête,
Qu'une femme a toujours une vengeance prête.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte II, Scène 2


Il est bien difficile enfin d'être fidèle
A de certains maris faits d'un certain modèle;
Et qui donne à sa fille un homme qu'elle hait,
Est responsable au ciel des fautes qu'elle fait.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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Acte V, Scène 5


Vous vous plaignez à tort, à tort vous le blâmez,
Et ses pieux desseins par là sont confirmés.
Dans l'amour du prochain sa vertu se consomme:
Il sait que très souvent les biens corrompent l'homme,
Et, par charité pure, il veut vous enlever
Tout ce qui vous peut faire obstacle à vous sauver.


Par: Jean-Baptiste Poquelin (Molière)

Ajoutée par Savinien le 15/01/2021

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