Thématique citations : L'amour

482 Citations

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Acte II, Scène 21


Boire sans soif et faire l'amour en tous temps, madame, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bêtes.


Par: Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

Ajoutée par Savinien le 02/05/2011

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L'amour, c'est la bêtise des hommes et l'esprit de Dieu.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 11/04/2011

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Credo in unam


Par la lune d'été vaguement éclairée,
Debout, nue et rêvant dans sa pâleur dorée
Que tache le flot lourd de ses longs cheveux bleus,
Dans la clairière sombre où la mousse s'étoile,
La dryade regarde au ciel mystérieux...
- La blanche Selenè laisse flotter son voile,
Craintive, sur les pieds du bel Endymion,
Et lui jette un baiser dans un pâle rayon...
- La source pleure au loin dans une longue extase;
C'est la nymphe qui rêve, un coude sur son vase
Au beau jeune homme fort que son onde a pressé...
- Une brise d'amour dans la nuit a passé...
Et dans les bois sacrés, sous l'horreur des grands arbres,
Majestueusement debout, les sombres marbres,
Les dieux au front desquels le bouvreuil fait son nid,
- Les dieux écoutent l'homme et le monde infini!...


Par: Arthur Rimbaud

 

Ajoutée par Savinien le 10/04/2011

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Credo in unam


Parce qu'il était fort, l'Homme était chaste et doux!
Misère! Maintenant, il dit: je sais les choses,
Et va les yeux fermés et les oreilles closes!
S'il accepte des dieux, il est au moins un roi!
C'est qu'il n'a plus l'amour, s'il a perdu la foi!
- Oh! S'il savait encore puiser à ta mamelle,
Grand-mère des dieux et des hommes, Cybèle!
S'il n'avait pas laissé l'immortelle Astarté
Qui jadis, émergeant dans l'immense clarté
Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
Montra son nombril rose où vint neiger l'écume,
Et fit chanter partout, déesse aux yeux vainqueurs,
Le rossignol aux bois et l'amour dans les coeurs!


Par: Arthur Rimbaud

 

Ajoutée par Savinien le 10/04/2011

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Nous autres, nous avons tous plus ou moins des maîtresses qui nous rendent fous, c'est à dire braves. Quand on est amoureux comme un tigre, c'est bien le moins qu'on se batte comme un lion. C'est une façon de nous venger des traits que nous font mesdames nos grisettes. Roland se fait tuer pour faire bisquer Angélique; tous nos héroïsmes viennent de nos femmes. Un homme sans femme, c'est un pistolet sans chien; c'est la femme qui fait partir l'homme.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 04/04/2011

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Le premier symptôme de l'amour vrai chez un jeune homme, c'est la timidité; chez une jeune fille, c'est la hardiesse. Ceci étonne, et rien n'est plus simple pourtant. Ce sont les deux sexes qui tendent à se rapprocher et qui prennent les qualités l'un de l'autre.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 12/03/2011

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On a tant abusé du regard dans les romans d'amour qu'on a fini par le déconsidérer. C'est à peine si l'on ose dire maintenant que deux êtres se sont aimés parce qu'ils se sont regardés. C'est pourtant comme cela qu'on s'aime et uniquement comme cela. Le reste n'est que le reste, et vient après. Rien n'est plus réel que ces grandes secousses que deux âmes se donnent en échangeant cette étincelle.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 08/03/2011

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Acte IV, Scène 4


Mais tu l'as, le plus doux et le plus beau collier,
Celui que je n'ai pas, qui manque au rang suprême,
Les deux bras d'une femme aimée et qui vous aime!
Ah! Tu vas être heureux: moi, je suis empereur.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Hernani (1830)

Ajoutée par Savinien le 08/03/2011

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Acte III, Scène 5


Qui dira que nos sorts suivent la même loi?
Non. Dieu qui fait tout bien ne te fit pas pour moi.
Je n'ai nul droit d'en haut sur toi, je me résigne.
J'ai ton coeur, c'est un vol! Je le rends au plus digne.
Jamais à nos amours le ciel n'a consenti.
Si j'ai dit que c'était ton destin, j'ai menti.
D'ailleurs, vengeance, amour, adieu! Mon jour s'achève.
Je m'en vais, inutile, avec mon double rêve,
Honteux de n'avoir pu ni punir ni charmer,
Qu'on m'ait fait pour haïr, moi qui n'ait su qu'aimer!
Pardonne-moi! Fuis-moi! Ce sont mes deux prières;
Ne les rejette pas, car ce sont les dernières.
Tu vis et je suis mort. Je ne vois pas pourquoi
Tu te ferais murer dans ma tombe avec moi.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Hernani (1830)

Ajoutée par Savinien le 07/03/2011

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Acte III, Scène 4


Non, je dois t'être odieux! Mais, écoute,
Dis moi: je t'aime! Hélas! Rassure un coeur qui doute,
Dis-le moi! Car souvent avec ce peu de mots
La bouche d'une femme a guéri bien des maux.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Hernani (1830)

Ajoutée par Savinien le 04/03/2011

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Acte III, Scène 1


Mais va, crois-moi, ces cavaliers frivoles
N'ont pas d'amour si grand qu'il ne s'use en paroles.
Qu'une fille aime et croie un de ces jouvenceaux,
Elle en meurt, il en rit. Tous ces jeunes oiseaux,
A l'aile vive et peinte, au langoureux ramage,
Ont un amour qui mue ainsi que leur plumage.
Les vieux, dont l'âge éteint la voix et les couleurs,
Ont l'aile plus fidèle, et, moins beaux, sont meilleurs.
Nous aimons bien. Nos pas sont lourds? Nos yeux arides?
Nos fronts ridés? Au coeur on n'a jamais de rides.
Hélas! Quand un vieillard aime, il faut l'épargner.
Le coeur est toujours jeune et peut toujours saigner.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Hernani (1830)

Ajoutée par Savinien le 04/03/2011

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Acte II, Scène 4


Soyons heureux! Buvons, car la coupe est remplie,
Car cette heure est à nous, et le reste est folie.
Parle-moi, ravis-moi. N'est-ce pas qu'il est doux
D'aimer et de savoir qu'on vous aime à genoux?
D'être deux? D'être seuls? Et que c'est douce chose
De se parler d'amour la nuit quand tout repose?


Par: Victor Hugo

Extrait de: Hernani (1830)

Ajoutée par Savinien le 04/03/2011

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Acte II, Scène 2


J'aime mieux avec lui, mon Hernani, mon roi,
Vivre errante, en dehors du monde et de la loi,
Ayant faim, ayant soif, fuyant toute l'année,
Partageant jour à jour sa pauvre destinée,
Abandon, guerre, exil, deuil, misère et terreur,
Que d'être impératrice avec un empereur!


Par: Victor Hugo

Extrait de: Hernani (1830)

Ajoutée par Savinien le 03/03/2011

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Lamento


Ma belle amie est morte:
Je pleurerai toujours;
Sous la tombe elle emporte
Mon âme et mes amours.
Dans le ciel, sans m'attendre,
Elle s'en retourna;
L'ange qui l'emmena
Ne voulut pas me prendre.
Que mon sort est amer!
Ah! Sans amour, s'en aller sur la mer!

La blanche créature
Est couchée au cercueil.
Comme dans la nature
Tout me paraît en deuil!
La colombe oubliée
Pleure et songe à l'absent;
Mon âme pleure et sent
Qu'elle est dépareillée.
Que mon sort est amer!
Ah! Sans amour, s'en aller sur la mer!

Sur moi la nuit immense
S'étend comme un linceul;
Je chante ma romance
Que le ciel entend seul.
Ah! Comme elle était belle
Et comme je l'aimais!
Je n'aimerai jamais
Une femme autant qu'elle.
Que mon sort est amer!
Ah! Sans amour, s'en aller sur la mer!


Par: Théophile Gautier

 

Ajoutée par Savinien le 21/02/2011

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L'homme qui n'est pas aimé plane comme un vautour sur les amantes d'autrui.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 13/02/2011

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Acte II, Scène 2


Madame, sous vos pieds, dans l'ombre, un homme est là
Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile;
Qui souffre, ver de terre amoureux d'une étoile;
Qui pour vous donnera son âme, s'il le faut;
Et qui se meurt en bas quand vous brillez en haut.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Ruy Blas (1838)

Ajoutée par Savinien le 12/02/2011

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Acte I, Scène 3


Te fuir! - Moi qui n'ai pas souffert, n'aimant personne,
Moi, pauvre grelot vide où manque ce qui sonne,
Gueux, qui vais mendiant l'amour je ne sais où,
A qui de temps en temps le destin jette un sou,
Moi, coeur éteint, dont l'âme, hélas! S'est retirée,
Du spectacle d'hier affiche déchirée,
Vois-tu, pour cet amour dont tes regards sont pleins,
Mon frère, je t'envie autant que je te plains!


Par: Victor Hugo

Extrait de: Ruy Blas (1838)

Ajoutée par Savinien le 10/02/2011

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Acte I, Scène 2


Je n'aurai jamais honte
De mettre un bon pourpoint, brodé, passementé,
Qui me tient chaud l'hiver et me fait beau l'été.
- Voyez, il est tout neuf. - Les poches en sont pleines
De billets doux au comte adressés par centaines.
Souvent, pauvre, amoureux, n'ayant rien sous la dent,
J'avise une cuisine au soupirail ardent
D'où la vapeur des mets aux narines me monte;
Je m'assieds là, j'y lis les billets doux du comte,
Et, trompant l'estomac et le coeur tour à tour,
J'ai l'odeur du festin et l'ombre de l'amour!


Par: Victor Hugo

Extrait de: Ruy Blas (1838)

Ajoutée par Savinien le 10/02/2011

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Il passa une partie de la nuit à faire des vers en langue huronne pour sa bien-aimée: car il faut savoir qu'il n'y a aucun pays de la terre où l'amour n'ait rendu les amants poètes.


Par: François-Marie Arouet (Voltaire)

Extrait de: L'ingénu (1767)

Ajoutée par Savinien le 06/02/2011

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La jalousie


Astarté est femme; elle laisse parler ses regards avec d'autant plus d'imprudence qu'elle ne se croit pas encore coupable. Malheureusement rassurée sur son innocence, elle néglige des dehors nécessaires. Je tremblerai pour elle tant qu'elle n'aura rien à se reprocher. Si vous étiez d'accord l'un et l'autre, vous sauriez tromper tous les yeux: une passion naissante et combattue éclate; un amour satisfait sait se cacher.


Par: François-Marie Arouet (Voltaire)

Ajoutée par Savinien le 02/02/2011

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Philis, vous avez beau jurer,
Quand vous protestez d'ignorer
Le désir dont amour nous touche;
Les yeux, que vous avez si doux,
Démentant votre belle bouche,
Seront plus croyables que vous.


Par: Honorat de Bueil

Ajoutée par Savinien le 01/02/2011

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Eléonore


Dieu d'amour, vois Eléonore,
Fleur du printemps, rose de mai.
Telle est au lever de l'aurore,
La nymphe du bocage aimé.

Nous renaissons à sa parole;
Son oeil nous met à ses genoux;
Son souris enchante et console;
Son souffle est une âme pour nous.

La raison fléchit devant elle;
Elle nous fait tout notre esprit;
Loin d'elle le coeur est fidèle;
L'âme loin d'elle se flétrit.

C'est le poète qu'elle inspire,
Le philosophe qu'elle instruit,
Le solitaire qu'elle attire,
Et le sage qu'elle séduit.

Oui femme, ou fée enchanteresse,
Démon qui trouble, ange calmant,
Humble esclave, reine et maîtresse,
Et déesse de son amant.

Heureux qui cherche Eléonore,
Plus heureux qui l'approchera;
Demi-dieu celui qui l'adore,
Et dieu celui qu'elle aimera.


Par: François de La Rochefoucauld

Ajoutée par Savinien le 16/01/2011

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Il y a beaucoup d'hommes dont le coeur est puissamment ému par la seule apparence de la souffrance chez une femme; pour eux la douleur semble être une promesse de constance ou d'amour.


Par: Honoré de Balzac

Ajoutée par Savinien le 15/01/2011

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Je l'avais oublié: c'est aujourd'hui ta fête.
Toi qui sais mon amour, qui connais mon ardeur,
Pendant que tout le monde à te fêter s'apprête,
Tu m'accuses sans doute et blâme ma froideur!

Chacun t'offre un présent; chacun, selon son âge,
Te donne des bonbons ou t'apporte un bouquet;
Et moi, moi qui t'adore, hélas! Pour tout hommage
Je t'offrirais mon coeur, si je ne l'avais fait!

O Jeanne, ne crois pas que je t'aie oubliée;
Sache bien que mon âme à ton âme est liée
Par les liens puissants d'éternelles amours!

D'autres, quand vient ta fête, amants par politesse;
Peuvent t'aimer une heure, ô ma belle maîtresse:
Mais moi, pauvre amoureux, moi, je t'aime toujours!


Par: Henri-Charles Read

Ajoutée par Savinien le 15/01/2011

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Vers le passé


Longuement poursuivi par le spleen détesté,
Quand je vais dans les champs, par les beaux soirs d'été,
Au grand air rafraîchir mes tempes,
Je ris de voir, le long des bois, les fiancés
Cheminer lentement, deux par deux, enlacés
Comme dans les vieilles étampes.

Car je dédaigne enfin les baisers puérils
Et la foi des seize ans, fleur brève des avrils,
Ephémère duvet des pêches,
Qui fait qu'on se contente et qu'on est trop heureux,
Si la femme qu'on aime a les bras amoureux,
L'âme neuve et les lèvres fraîches.

Elle est évanouie à jamais la candeur
Qui fait que l'on s'éprend d'un petit air boudeur
Qui n'est bien qu'à travers le voile,
Et qu'on n'a pas de mots assez ambitieux
Pour dire à ses amis qu'elle a de jolis yeux
Couleur de bleuet et d'étoile.

Et c'est la fin. Mon coeur, quitté des anciens voeux,
Ne saura plus le charme infini des aveux
Et ce bonheur qui vous inonde
Parce qu'un soir de mai, dans les bois, à Meudon,
Sur votre épaule avec un geste d'abandon
Elle a posé sa tête blonde.


Par: François Edouard Joachim Coppée

 

Ajoutée par Savinien le 15/01/2011

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Primavera


Viens! Aujourd'hui l'hiver a fini ses ravages;
La neige, ruisselante encore au sein des fleurs
Goutte à goutte, à regret, laisse tomber ses pleurs;
Les oiseaux de leurs chants emplissent les bocages.

Viens! Partout on entend de langoureux ramages.
Les sureaux nous envoient leurs parfums enchanteurs;
Les bourgeons, exhalant leurs ardentes senteurs,
Ne craignent plus les vents et leurs fureurs sauvages.

Un doux soleil se joue aux branches des ormeaux,
Et jette un pâle éclat sur les jeunes rameaux;
Pas un souffle dans l'air: le printemps va renaître!

La nature aujourd'hui respire le bonheur.
Viens! Car déjà l'amour envahit tout mon être;
Viens! Tu vas ramener le printemps dans mon coeur.


Par: Henri-Charles Read

Ajoutée par Savinien le 13/01/2011

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A tes yeux


Telle, sur une mer houleuse, la frégate
Emporte vers le nord ses marins soucieux,
Telle mon âme nage, abimée en tes yeux,
Parmi leur azur pâle aux tristesses d'agate.

Car j'ai revu dans leur nuance délicate
Le mirage lointain des édens et des cieux
Plus doux que ferme à nos désirs audacieux
La figure voilée et sombre d'une Hécate.

Hélas! Courbons le front sous le poids des exils!
C'est en vain qu'aux genoux attiédis des amantes
Nous cherchons l'infini sous l'ombre de leurs cils.

Jamais rayon d'amour sur ces ondes dormantes
Ne vibrera sincère et pur, et les maudits
Ne retrouveront pas les anciens paradis.


Par: François Edouard Joachim Coppée

Ajoutée par Savinien le 13/01/2011

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Le corset


Vraiment, je lui trouvais l'air honnête et gentil,
A ce petit corset, simple et svelte, en coutil;
Mais, hier, je ne l'ai plus revu dans la boutique.
Une enfant du faubourg, jolie et chlorotique,
L'a sans doute lacé sur ses mignons appâts.
Et c'est attendrissant de penser, n'est-ce pas?
Qu'il enferme à présent le sein pur d'une vierge,
Ouvrière en journée ou fille de concierge,
Et que, songeant tout bas: « L'amour? Qu'est-ce que c'est? »
Un coeur battra bientôt sous le petit corset.


Par: François Edouard Joachim Coppée

Extrait de: Contes et poésies

Ajoutée par Savinien le 13/01/2011

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Caprice attendri


Au paradis d'amour, mon enfant, je le sais,
On ne mord qu'une fois la pomme tentatrice;
Et nous portons tous deux l'ardente cicatrice
Du coup qui pour jamais jadis nous a blessés.

Mais pour ne plus avoir les espoirs insensés,
Il ne faut pourtant pas que tout bonheur périsse;
Nous savons le saisir encore dans un caprice,
Nous nous attendrissons une heure, et c'est assez.

Renouvelons, veux-tu? L'illusion charmante;
Jette-moi tes deux bras au cou, comme une amante,
Baise-moi sur la bouche et dis moi: « M'aimes-tu? »

Mon enfant, oublions l'éden et notre chute,
Et bénissons l'amour, si, pour une minute,
Nos yeux se sont mouillés et nos coeurs ont battu.


Par: François Edouard Joachim Coppée

Extrait de: Contes et poésies

Ajoutée par Savinien le 13/01/2011

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Vieux brouillon de lettre


Adieu! J'ai peur d'aimer. Quittons-nous ce soir même.
Je te ferais souffrir et tu me rendrais fou.
Ainsi qu'une coquette ôte un collier qu'elle aime,
Je détache à regret tes bras blancs de mon cou.

Adieu! L'amour viendrait. Bornons-nous au caprice.
Ne nous torturons pas des larmes du départ.
Adieu! Mon coeur blessé saigne à sa cicatrice.
J'ai tant souffert, vois-tu, pour avoir fui trop tard.

[...]

Mais puis-je, pauvre et fier, te garder, toi, trop belle?
C'est impossible, hélas! Epargnons-nous des pleurs.
Si nous tardions encore, - la vie est si cruelle! -
Nos soupirs d'aujourd'hui deviendraient des douleurs.

Ayons pitié de nous! Fuyons-nous, mon amie!
Mais souffre qu'en un rêve où sont mouillés mes yeux,
Je te revoie encore dans mes bras endormie
Et pose entre tes seins le baiser des adieux!


Par: François Edouard Joachim Coppée

Extrait de: Contes et poésies

Ajoutée par Savinien le 11/01/2011

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Commentaire sur Racine


Est-il rien de plus ridicule que de vouloir définir l'amour, la sensibilité, la tendresse? Leurs nuances fines et imperceptibles se font sentir; mais elles échappent, lorsqu'on veut les saisir; et il en sera toujours d'elles comme du plus grand nombre des choses; on dira plutôt ce qu'elles ne sont pas que ce qu'elles sont.


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

 

Ajoutée par Savinien le 06/01/2011

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Le châtiment de ceux qui ont trop aimé les femmes est de les aimer toujours.


Par: Joseph Joubert

Ajoutée par Savinien le 26/12/2010

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A Alfred de Musset


Lorsque le rossignol, dans la saison brûlante
De l'amour et des fleurs, sur la branche tremblante
Se pose pour chanter son mal cher et secret,
Rien n'arrête l'essor de sa plainte infinie,
Et de son gosier frêle un long jet d'harmonie
S'élance et se répand au sein de la forêt.

La voix mélodieuse enchante au loin l'espace...
Mais soudain tout se tait; le voyageur qui passe
Sous la feuille des bois sent un frisson courir.
De l'oiseau qu'entraînait une ivresse imprudente
L'âme s'est envolée avec la note ardente;
Hélas! Chanter ainsi c'était vouloir mourir!


Par: Louise Victorine Ackermann

Ajoutée par Savinien le 24/12/2010

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La lyre d'Orphée


Quand Orphée autrefois, frappé par les Bacchantes,
Près de l'Hèbre tomba, sur les vagues sanglantes
On vit longtemps encore sa lyre surnager.
Le fleuve au loin chantait sous le fardeau léger.
Le gai zéphyr s'émut; ses ailes amoureuses
Baisaient les cordes d'or, et les vagues heureuses,
Comme pour l'arrêter, d'un effort doux et vain,
S'empressaient à l'entour de l'instrument divin.
Les récifs, les îlots, le sable à son passage
S'est revêtu de fleurs et cet âpre rivage
Voit soudain, pour toujours délivré des autans,
Au toucher de la lyre accourir le Printemps.

Ah! Que nous sommes loin de ces temps de merveilles!
Les ondes, les rochers, les vents n'ont plus d'oreilles,
Les coeurs mêmes, les coeurs refusent de s'ouvrir,
Et la lyre en passant ne fait plus rien fleurir.


Par: Louise Victorine Ackermann

Ajoutée par Savinien le 24/12/2010

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Le départ


Il est donc vrai? Je garde en quittant la patrie,
O profonde douleur! Un coeur indifférent.
Pas de regard aimé, pas d'image chérie,
Dont mon oeil au départ se détache en pleurant.

Ainsi partent tous ceux que le désespoir sombre
Dans quelque monde à part pousse à se renfermer,
Qui, voyant l'homme faible et les jours remplis d'ombre,
Ne se sont pas senti le courage d'aimer.

Pourtant, Dieu m'est témoin, j'aurai voulu sur terre
Rassembler tout mon coeur autour d'un grand amour,
Joindre à quelque destin mon destin solitaire,
Me donner sans regret, sans crainte, sans retour.

Ainsi ne croyez pas qu'avec indifférence
Je contemple s'éteindre, au plus beau de mes jours,
Des bonheurs d'ici-bas la riante espérance:
Bien que le coeur soit mort, on en souffre toujours.


Par: Louise Victorine Ackermann

Ajoutée par Savinien le 24/12/2010

Catégories:

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant:
« Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle. »

Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et fantôme sans os
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos,
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain;
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.


Par: Pierre de Ronsard

Ajoutée par Savinien le 23/12/2010

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Odelette


Cependant que ce beau mois dure,
Mignonne, allons sur la verdure,
Ne laissons perdre en vain le temps;
L'âge glissant qui ne s'arrête,
Mêlant le poil de notre tête,
S'enfuit ainsi que le Printemps.
Donc cependant que notre vie
Et le temps d'aimer nous convie,
Aimons, moissonnons nos désirs,
Passons l'amour de veine en veine,
Incontinent la mort prochaine
Viendra dérober nos plaisirs.


Par: Pierre de Ronsard

 

Ajoutée par Savinien le 23/12/2010

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M: Holà, Charon, nautonier infernal.
C: Qui est cet importun qui si pressé m'appelle?
M: C'est l'esprit éploré d'un amoureux fidèle,
Lequel pour bien aimer n'eut jamais que du mal.

C: Que cherches-tu de moi? M: Le passage fatal.
C: Qui est ton homicide? M: O demande cruelle!
Amour m'a fait mourir. C: Jamais dans ma nacelle,
Nul sujet à l'amour je ne conduis à val.

M: Et de grâce, Charon, reçois-moi dans ta barque.
C: Cherche un autre nocher, car ni moi ni la Parque
N'entreprenons jamais sur ce maître des dieux.

M: J'irai donc malgré toi, car j'ai dedans mon âme
Tant de traits amoureux, et de larmes aux yeux,
Que je serai le fleuve, et la barque, et la rame.


Par: Olivier de Magny

 

Ajoutée par Savinien le 23/12/2010

Catégories:

La passion vit par sa répétition et la répétition convertit en art un penchant. D'ailleurs, chaque fois qu'on aime c'est la seule fois qu'on ait jamais aimé. La différence d'objet n'altère pas la sincérité de la passion; elle l'intensifie simplement. Nous ne pouvons avoir dans la vie au plus qu'une grande expérience, et le secret de la vie est de la reproduire le plus souvent possible.


Par: Oscar Wilde

Ajoutée par Savinien le 23/12/2010

Catégories:

On n'achète ni son ami, ni sa maîtresse, et vouloir obtenir l'amour autrement qu'avec de la figure, du mérite et des sentiments, c'est se couvrir à la fois de honte et de ridicule.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 09/12/2010

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Les bijoux


Elle était donc couchée, et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses.

Et son bras et sa jambe, et ses cuisses et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient, plus câlins que les anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal,
Où calme et solitaire elle s'était assise.


Par: Charles Baudelaire

Ajoutée par Savinien le 02/12/2010

Catégories:

La beauté


Je suis belle, ô mortel, comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes devant mes grandes attitudes,
Qu'on dirait que j'emprunte aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai pour fasciner ces dociles amants
De purs miroirs qui font les étoiles plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!


Par: Charles Baudelaire

Ajoutée par Savinien le 02/12/2010

Catégories:

Bacarole


Aux bords fleuris d'une fontaine,
J'ai vu, dans les bras du sommeil,
Des coeurs la jeune souveraine,
L'oeil demi-clos, le teint vermeil:
Ah! Qu'en dormant elle était belle!
Que son réveil me charmera!
Besoin d'amour dort avec elle;
Avec elle il s'éveillera.


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

 

Ajoutée par Savinien le 27/11/2010

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Le pronom indiscret


Sur un homme à bonne fortune
Quelques femmes s'entretenaient,
Et presque toutes soutenaient
Que de ses maîtresse pas une
N'avait possédé tout un jour
Son coeur, ses sens et son amour.
Une enfin, prenant sa défense,
Dit: Je crois pouvoir, Dieu merci!
Vous éclairer sur ce point-ci,
Sans redouter la médisance:
Chacun dans Paris me connaît.
On sait quelle est ma répugnance
Pour un semblable freluquet.
Mais, tout fat et fripon qu'il est,
Je puis jurer en conscience
(Et le fait est des plus certains,
De sa maîtresse je le tiens),
Qu'au moins une fois en sa vie
Il sut aimer solidement:
Sa maîtresse était mon amie;
Elle m'a tout dit franchement.
Un matin chez elle en entrant,
Moitié transport, moitié folie,
De cet air vif et séduisant
Dont il subjugua tant de femmes,
Entre ses bras il la saisit,
Et la transporta sur son lit;
Mêmes feux consumaient leurs âmes;
Ils éprouvaient même désirs;
Et là, dans des flots de plaisir,
Trois jours entiers NOUS demeurâmes.


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

 

Ajoutée par Savinien le 27/11/2010

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Le calcul


Une prêtresse de l'amour,
Soupant chez Quincy, l'autre jour,
Vantait d'un ton de pruderie
Et sa constance et ses beaux sentiments.
J'ai, dit-elle, cédé quelques fois dans ma vie;
Mais tout le monde ici peut compter mes amants.
Oui, lui répondit Quincy; le calcul est facile;
Qui ne sait compter jusqu'à mille?


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

 

Ajoutée par Savinien le 27/11/2010

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Plaintive tourterelle


Plaintive tourterelle,
Qui roucoule toujours,
Veux-tu prêter ton aile
Pour servir mes amours!

Comme toi, pauvre amante,
Bien loin de mon ramier,
Je pleure et me lamente
Sans pouvoir l'oublier.

Vole, et que ton pied rose
Sur l'arbre ou sur la tour
Jamais ne se repose,
Car je languis d'amour.

Evite, ô ma colombe,
La halte des palmiers
Et tous les toits où tombe
La neige des ramiers.

Va droit sur sa fenêtre,
Près du palais du roi;
Donne-lui cette lettre
Et deux baisers pour moi.

Puis sur mon sein en flamme,
Qui ne peut s'apaiser,
Reviens, avec son âme,
Reviens te reposer.


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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Dernier voeu


Voilà longtemps que je vous aime:
- L'aveu remonte à dix-huit ans! -
Vous êtes rose, je suis blême;
J'ai les hivers, vous les printemps.

Des lilas blancs de cimetière
Près de mes tempes ont fleuri;
J'aurai bientôt la touffe entière
Pour ombrager mon front flétri.

Mon soleil pâli qui décline
Va disparaître à l'horizon,
Et sur la funèbre colline
Je vois ma dernière maison.

Oh! Que de votre lèvre il tombe
Sur ma lèvre un tardif baiser,
Pour que je puisse dans ma tombe,
Le coeur tranquille, reposer!


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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La raison dit?: « Vague fumée,
Où l'on croit voir ce qu'on rêva,
Ombre au gré du vent déformée,
Bulle qui crève et qui s'en va! »

Le sentiment répond: « Qu'importe!
Qu'est-ce après tout que la beauté,
Spectre charmant qu'un souffle emporte,
Et qui n'est rien, ayant été!

A l'Idéal ouvre ton âme;
Mets dans ton cœur beaucoup de ciel,
Aime une nue, aime une femme,
Mais aime! - C'est l'essentiel! »


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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La fellah


Caprice d'un pinceau fantasque
Et d'un impérial loisir,
Votre fellah, sphinx qui se masque,
Propose une énigme au désir.

C'est une mode bien austère
Que ce masque et cet habit long;
Elle intrigue par son mystère
Tous les Oedipes du Salon.

L'antique Isis légua ses voiles
Aux modernes filles du Nil;
Mais, sous le bandeau, deux étoiles
Brillent d'un feu pur et subtil.

Ces yeux, qui sont tout un poème
De langueur et de volupté,
Disent, résolvant le problème,
« Sois l'amour, je suis la beauté. »


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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Les accroche-coeurs


Ravivant les langueurs nacrées
De tes yeux battus et vainqueurs,
En mèches de parfum lustrées
Se courbent deux accroche-coeurs.

A voir s'arrondir sur tes joues
Leurs orbes tournés par tes doigts,
On dirait les petites roues
Du char de Mab fait d'une noix;

Ou l'arc de l'Amour, dont les pointes,
Pour une flèche à décocher,
En cercle d'or se sont rejointes
À la tempe du jeune archer.

Pourtant un scrupule me trouble:
Je n'ai qu'un coeur, alors pourquoi,
Coquette, un accroche-coeur double?
Qui donc y pends-tu près de moi?


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 14/11/2010

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Pg 8/10