Thématique citations : Les alexandrins

879 Citations

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Le sacre de la femme


Eve laissait errer ses yeux sur la nature.

Et, sous les verts palmiers à la haute stature,
Autour d'Eve, au dessus de sa tête, l'oeillet
Semblait songer, le bleu lotus se recueillait,
Le frais myosotis se souvenait; les roses
Cherchaient ses pieds avec leurs lèvres demi-closes;
Un souffle fraternel sortait du lys vermeil;
Comme si ce doux être eut été leur pareil,
Comme si de ces fleurs, ayant toutes une âme,
La plus belle s'était épanouie en femme.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 23/08/2010

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Acte V, Scène 1


Nous mourons à toute heure; et dans le plus doux sort
Chaque instant de la vie est un pas vers la mort.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Sertorius (1662)

Ajoutée par Savinien le 07/08/2010

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Acte IV, Scène 5


Un monarque a souvent des lois à s'imposer;
Et qui veut pouvoir tout ne doit pas tout oser.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Sertorius (1662)

Ajoutée par Savinien le 07/08/2010

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Acte V, Scène 4


La source de ma haine est trop inépuisable;
A l'égal de mes jours je la ferai durer;
Je veux vivre avec elle, avec elle expirer.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Polyeucte (1641)

Ajoutée par Savinien le 07/08/2010

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Acte II, Scène 3


Nous donnons bien souvent de divers noms aux choses:
Des épines pour moi, vous les nommez des roses...


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Médée (1635)

Ajoutée par Savinien le 07/08/2010

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Moyen de se contenter


Rien ne te semble bon, rien ne saurait te plaire;
Veux-tu de ce chagrin te guérir désormais?
Fais des vers; tu pourras ainsi te satisfaire;
Jamais homme n'en fit qu'il ait trouvés mauvais.


Par: Jacques de Cailly

Ajoutée par Savinien le 07/08/2010

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Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.


Par: Pierre de Marbeuf

 

Ajoutée par Savinien le 07/08/2010

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Acte IV, Scène 3


Quoi qu'on ait dit de moi par haine ou par envie,
Toujours mes actions répondront de ma vie.


Par: Honorat de Bueil

Extrait de: Les bergeries

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Acte IV, Scène 2


Je cherche le remède, et ne veux pas guérir;
Je me déplais de vivre, et ne saurais mourir.


Par: Honorat de Bueil

Extrait de: Les bergeries

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Acte IV, Scène 1


Mais, comme à tous les biens que le ciel nous envoie
Toujours quelque douleur se mêle à notre joie...


Par: Honorat de Bueil

Extrait de: Les bergeries

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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La belle vieille


Cloris, que dans mon coeur j'ai longtemps servie
Et que ma passion montre à tout l'univers,
Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie
Et donner de beaux jours à mes derniers hivers?

Ce n'est pas d'aujourd'hui que je suis ta conquête,
Huit lustres ont suivi le jour que tu me pris;
Et j'ai fidèlement aimé ta belle tête
Sous des cheveux châtains et sous des cheveux gris.


Par: François Maynard

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Paraphrase du psaume VIII


Il n'est faiblesse égale à nos infirmités;
Nos plus sages discours ne sont que vanités.


Par: François de Malherbe

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Le mal n'est guère grand qui se peut bien dépeindre,
Et je sais mieux souffrir que je ne sais me plaindre.


Par: Jean Bertaut

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Epitaphe de Mme Lugol


Ainsi le veut la loi prescrite à la nature:
Toujours le plus beau temps est celui qui moins dure;
Mais les fleurs de vertu règnent plus d'un printemps,
Et ceux qui vivent bien vivent assez longtemps.


Par: Jean Bertaut

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Criez après l'enfer: de l'enfer il ne sort
Que l'éternelle soif de l'impossible mort.


Par: Théodore Agrippa d' Aubigné

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Stances de l'impossible


L'été sera l'hiver et le printemps l'automne,
L'air deviendra pesant, le plomb sera léger:
On verra les poissons dedans l'air voyager
Et de muets qu'ils sont avoir la voix fort bonne.
L'eau deviendra le feu, le feu deviendra l'eau
Plutôt que je sois pris d'un autre amour nouveau.


Par: Amadis Jamyn

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Nul, quiconque soit-il, ne vit en liberté.
Nul au monde n'est libre, et quelque servitude
Presse tous les humains de chaîne douce ou rude,
Selon qu'est le sujet de leur captivité.


Par: Amadis Jamyn

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Pour du vent les mortels font la guerre souvent,
Ne rapportant du jeu que la mort qui les dompte;

Car tout ce monde bas n'est qu'un flux et reflux,
Et n'apprennent jamais à toute fin de compte,
Sinon que cette vie est un songe et rien de plus.


Par: Amadis Jamyn

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Vous aimez bien la paix, époux et épousée,
Qui l'avez ce matin à la messe baisée :
Cette nuit, on dira, combattants désarmés,
Qu'encore mieux que la paix, la guerre vous aimez.


Par: Jean Passerat

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Epitaphe


S'il faut que maintenant en la fosse je tombe,
Qui ai toujours aimé la paix et le repos,
Afin que rien ne pèse à ma cendre et mes os,
Amis, de mauvais vers ne chargez pas ma tombe.


Par: Jean Passerat

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Contre les bûcherons de la forêt de Gastine


Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras!
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce?


Par: Pierre de Ronsard

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Sonnets pour Hélène


Il ne faut s'ébahir, disaient ces bons vieillards
Dessus le mur troyen, voyant passer Hélène,
Si pour telle beauté nous souffrons tant de peine:
Notre mal ne vaut pas un seul de ses regards...


Par: Pierre de Ronsard

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Sonnets pour Hélène


Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant,
Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle.


Par: Pierre de Ronsard

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Je n'avais pas douze ans qu'au profond des vallées,
Dans les hautes forêts des hommes reculées,
Dans les antres secrets, de frayeur tous couverts,
Sans avoir soin de rien je composais des vers.


Par: Pierre de Ronsard

 

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Quand je veux en amours prendre mes passe-temps,
M'amie en se moquant laid et vieillard me nomme.
Quoi, dit-elle, rêveur, tu as plus de cent ans,
Et tu veux contrefaire encore le jeune homme!


Par: Pierre de Ronsard

Extrait de: Odes (1552)

Ajoutée par Savinien le 06/08/2010

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Le sacre de la femme


L'arbre, tout pénétré de lumière, chantait;
Chaque fleur, échangeant son souffle et sa pensée
Avec le ciel serein d'où tombe la rosée,
Recevait une perle et donnait un parfum;
L'Être resplendissait, Un dans Tout, Tout dans Un;
Le paradis brillait sous les sombres ramures
De la vie ivre d'ombre et pleine de murmures,
Et tout avait la grâce, ayant la pureté.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 05/08/2010

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Sonnets spirituels


Lève-toi promptement, m'amour, ma toute belle,
Disait Dieu à la Vierge en ses divins écrits,
Je suis de ta beauté divinement épris,
Hâte-toi de venir, ma douce colombelle.


Par: Anne des Marquets

 

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Sonnets spirituels


Las! nous n'emportons rien que les biens ou méfaits
Dont la vie ou la mort pour jamais nous demeure.
Tous ces biens donc qu'alors nous voudrions avoir faits,
Pour n'être point surpris, faisons les dès cette heure,
Et ne nous promettons jamais de lendemain,
Car tel vit aujourd'hui qui sera mort demain.


Par: Anne des Marquets

 

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte V, Scène 6


J'ai fait votre malheur! Moi! Moi!

Vous?... Au contraire!
J'ignorais la douceur féminine. Ma mère
Ne m'a pas trouvé beau. Je n'ai pas eu de soeur.
Plus tard, j'ai redouté l'amante à l'oeil moqueur.
Je vous dois d'avoir eu, tout au moins, une amie.
Grâce à vous une robe a passé dans ma vie.


Par: Edmond Rostand

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte V, Scène 6


Tu me parles encore,
Exécrable assassin d'un héros que j'adore!
Va, tu l'as pris en traître; un guerrier si vaillant
N'eût jamais succombé sous un tel assaillant.
N'espère rien de moi, tu ne m'as point servie!
En croyant me venger, tu m'as ôté la vie.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte V, Scène 4


Quoi! Vous voulez encore refuser le bonheur
De pouvoir maintenant vous taire avec honneur?
Que prétend ce devoir, et qu'est-ce qu'il espère?
La mort de votre amant vous rendra-t-elle un père?
Est-ce trop peu pour vous que d'un coup de malheur?
Faut-il perte sur perte, et douleur sur douleur ?


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte V, Scène 1


Pour venger son honneur il perdit son amour,
Pour venger sa maîtresse il a quitté le jour,
Préférant - quelque espoir qu'eût son âme asservie -
Son honneur à Chimène et Chimène à sa vie.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

Catégories:

Acte V, Scène 1


Je cours à mon supplice, et non pas au combat;
Et ma fidèle ardeur sait bien m'ôter l'envie,
Quand vous cherchez ma mort, de défendre ma vie.
J'ai toujours même coeur; mais je n'ai point de bras
Quand il faut conserver ce qui ne vous plaît pas;


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte III, Scène 6


Je ne me repens point de vous avoir servi;
Mais rendez-moi le bien que ce coup m'a ravi.
Mon bras pour vous venger, armé contre ma flamme,
Par ce coup glorieux m'a privé de mon âme.
Ne me dites plus rien; pour vous j'ai tout perdu:
Ce que je vous devais, je vous l'ai bien rendu.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte III, Scène 5


Jamais nous ne goûtons de parfaite allégresse:
Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse;
Toujours quelques soucis en ces événements
Troublent la pureté de nos contentements.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte III, Scène 3


Pleurez, pleurez mes yeux et fondez-vous en eau!
La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau,
Et m'oblige à venger, après ce coup funeste,
Celle que je n'ai plus sur celle qui me reste.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte III, Scène 1


Ne me regarde plus d'un visage étonné;
Je cherche le trépas après l'avoir donné.
Mon juge est mon amour, mon juge est ma Chimène:
Je mérite la mort de mériter sa haine,
Et j'en viens recevoir, comme un bien souverain,
Et l'arrêt de sa bouche, et le coup de sa main.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte II, Scène 2


J'attaque en téméraire un bras toujours vainqueur,
Mais j'aurai trop de force, ayant assez de coeur.
A qui venge son père il n'est rien d'impossible.
Ton bras est invaincu, mais non pas invincible.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte II, Scène 2


Mes pareils à deux fois ne se font point connaître,
Et pour leur coup d'essai veulent des coups de maître.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte II, Scène 2


Parle sans t'émouvoir.
Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées
La valeur n'attend point le nombre des années.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte II, Scène 1


Qui ne craint point la mort ne craint point les menaces.
J'ai le coeur au-dessus des plus fières disgrâces;
Et l'on peut me réduire à vivre sans bonheur,
Mais non pas me résoudre à vivre sans honneur.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte I, Scène 6


Oui, mon esprit s'était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse:
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte I, Scène 5


Ne réplique point, je connais ton amour,
Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour;
Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense.
Enfin tu sais l'affront, et tu tiens la vengeance:
Je ne te dis plus rien. venge-moi, venge-toi;
Montre-toi digne fils d'un père tel que moi.
Accablé des malheurs où le destin me range,
Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte I, Scène 3


Achève, et prends ma vie après un tel affront,
Le premier dont ma race ait vu rougir son front.


Par: Pierre Corneille

Extrait de: Le Cid (1636)

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Le Mont des Oliviers


S'il est vrai qu'au jardin sacré des écritures,
Le fils de l'homme ait dit ce qu'on voit rapporté;
Muet, aveugle et sourd au cri des créatures,
Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,
Le juste opposera le dédain à l'absence
Et ne répondra plus que par un froid silence
Au silence éternel de la divinité.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Le cor


Turpin, n'as tu rien vu dans le fond du torrent?

J'y vois deux chevaliers: l'un mort, l'autre expirant
Tous deux sont écrasés sous une roche noire;
Le plus fort, dans sa main, élève un cor d'ivoire,
Son âme en s'exhalant nous appela deux fois.

Dieu! Que le son du cor est triste au fond des bois!


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Le cor


Âmes des chevaliers, revenez-vous encore?
Est-ce vous qui parlez avec la voix du cor?
Roncevaux! Roncevaux! Dans ta sombre vallée
L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée!


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Eloa


Je le laisse, orgueilleux des bruits du jour vermeil
Cacher des astres d'or sous l'éclat d'un soleil;
Moi, j'ai l'ombre muette, et je donne à la terre
La volupté des soirs et les biens du mystère.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Eloa


Je suis celui qu'on aime et qu'on ne connaît pas.
Sur l'homme j'ai fondé mon empire de flamme
Dans les désirs du coeur, dans les rêves de l'âme,
Dans les liens des corps, attraits mystérieux,
Dans les trésors du sang, dans les regards des yeux.
C'est moi qui fait parler l'épouse dans ses songes;
La jeune fille heureuse apprend d'heureux mensonges;
Je leur donne des nuits qui consolent des jours,
Je suis le roi secret des secrètes amours.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Eloa


Eloa, disaient-ils, oh! Veillez bien sur vous:
Un ange peut tomber; le plus beau de nous tous
N'est plus ici: pourtant dans sa vertu première
On le nommait 'celui qui porte la lumière';
Car il portait l'amour et la vie en tout lieu,
Aux astres il portait tous les ordres de Dieu;
La terre consacrait sa beauté sans égale,
Appelant Lucifer l'étoile matinale,
Diamant radieux que sur son front vermeil
Parmi ses cheveux d'or a posé le soleil.
Mais on dit qu'à présent il est sans diadème,
Qu'il gémit, qu'il est seul, que personne ne l'aime,
Que la noirceur d'un crime appesantit ses yeux,
Qu'il ne sait plus parler le langage des cieux;
La mort est dans les mots que prononce sa bouche;
Il brûle ce qu'il voit, il flétrit ce qu'il touche;
Il ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits;
Il est même sans joie aux malheurs qu'il a faits.


Par: Alfred de Vigny

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Pg 16/18