Thématique citations : La solitude

138 Citations

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Sur les rochers de Chevremorte


Ce n'est point ici qu'on respire la mousse des chênes, et les bourgeons du peuplier, ce n'est point ici que les brises et les eaux murmurent d'amour ensemble.

Aucun baume, le matin, après la pluie, le soir, aux heures de la rosée; et rien pour charmer l'oreille que le cri du petit oiseau qui quête un brin d'herbe.

Désert qui n'entend plus la voix de Jean-Baptiste, désert que n'habitent plus ni les ermites ni les colombes!

Ainsi mon âme est une solitude où, sur le bord de l'abîme, une main à la vie et l'autre à la mort, je pousse un sanglot désolé.

Le poète est comme la giroflée qui s'attache frêle et odorante au granit, et demande moins de terre que de soleil.

Mais hélas! Je n'ai plus de soleil, depuis que se sont fermés les yeux si charmants qui réchauffaient mon génie!


Par: Louis Jacques Napoléon Bertrand (Aloysius Bertrand)

Ajoutée par Savinien le 21/02/2011

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Le pêcheur


On prétend qu'on en est moins malheureux quand on ne l'est pas seul. Mais, selon Zoroastre, ce n'est pas par malignité, c'est par besoin. On se sent alors entraîné vers un infortuné comme vers son semblable. La joie d'un homme heureux serait une insulte; mais deux malheureux sont comme deux arbrisseaux faibles qui, s'appuyant l'un sur l'autre, se fortifient contre l'orage.


Par: François-Marie Arouet (Voltaire)

Ajoutée par Savinien le 03/02/2011

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Sur la porte d'un solitaire


Dans un lieu du bruit retiré
Où pour peu qu'on soit modéré,
On peut trouver que tout abonde,
Sans amour, sans ambition,
Exempt de toute passion
Je jouis d'une paix profonde.
Et pour m'assurer le seul bien
Que l'on doit estimer au monde,
Tout ce que je n'ai pas je le compte pour rien.


Par: François Gayot de Pitaval

Ajoutée par Savinien le 02/02/2011

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Le tilleul


Qu'elle est douce la solitude,
Où croît la violette au pied du chèvrefeuille,
Qui de mon humble toit vient ombrager le seuil!
Et quelle douce quiétude,
Quand sans audace et sans effroi,
Je mets ma conscience entre le ciel et moi!

[...]

Que d'autres éprouvent l'envie
Et des richesses de la vie,
Et des succès du monde est des plaisirs humains:
Dans ma solitude que j'aime,
J'ai des amis avec moi-même;

Puis quelquefois, joignant les mains,
J'ai plus de charme, en mon humble prière,
A parler à mon Dieu qu'à parler à la terre;
Et je me dis sous mon tilleul:
Il est bon d'être seul.


Par: François de La Rochefoucauld

Ajoutée par Savinien le 15/01/2011

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Le recueil des poésies qu'on a composées dans la vie pour soi, avec soi-même, avec soi seul, est peut-être le journal le plus vrai et le plus complet des sentiments les plus intimes et les plus profonds qu'on ait éprouvés. On se plait, en les relisant, à faire un retour sur le passé dont la conscience a souvent besoin; et ce n'est point par amour-propre qu'on les publie; c'est au contraire un acte de sincérité pour se montrer tel qu'on fut aux autres et à soi-même.


Par: François de La Rochefoucauld

Ajoutée par Savinien le 15/01/2011

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Je me compare à ces insectes qui, réfugiés à l'extrémité d'une branche, dans une feuille, s'y tissent une enveloppe fine où s'ensevelir. La solitude est ma feuille; j'y file mon petit cocon poétique.


Par: Louise Victorine Ackermann

Ajoutée par Savinien le 28/12/2010

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Le départ


Il est donc vrai? Je garde en quittant la patrie,
O profonde douleur! Un coeur indifférent.
Pas de regard aimé, pas d'image chérie,
Dont mon oeil au départ se détache en pleurant.

Ainsi partent tous ceux que le désespoir sombre
Dans quelque monde à part pousse à se renfermer,
Qui, voyant l'homme faible et les jours remplis d'ombre,
Ne se sont pas senti le courage d'aimer.

Pourtant, Dieu m'est témoin, j'aurai voulu sur terre
Rassembler tout mon coeur autour d'un grand amour,
Joindre à quelque destin mon destin solitaire,
Me donner sans regret, sans crainte, sans retour.

Ainsi ne croyez pas qu'avec indifférence
Je contemple s'éteindre, au plus beau de mes jours,
Des bonheurs d'ici-bas la riante espérance:
Bien que le coeur soit mort, on en souffre toujours.


Par: Louise Victorine Ackermann

Ajoutée par Savinien le 24/12/2010

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Adieux à la poésie


Mes pleurs sont à moi, nul au monde
Ne les a comptés ni reçus;
Pas un oeil étranger qui sonde
Les désespoirs que j'ai conçus.

L'être qui souffre est un mystère
Parmi ses frères ici-bas;
Il faut qu'il aille solitaire
S'asseoir aux portes du trépas.

J'irai seule et brisant ma lyre,
Souffrant mes maux sans les chanter;
Car je sentirais à les dire
Plus de douleur qu'à les porter.


Par: Louise Victorine Ackermann

Ajoutée par Savinien le 24/12/2010

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La méditation dans la retraite, l'étude de la nature, la contemplation de l'univers forcent un solitaire à s'élancer incessamment vers l'Auteur des choses, et à chercher avec une douce inquiétude la fin de tout ce qu'il voit et la cause de tout ce qu'il sent.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 13/12/2010

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Le méchant se craint et se fuit; il s'égaye en se jetant hors de lui-même; il tourne autour de lui des yeux inquiets, et cherche un objet qui l'amuse; sans la satire amère, sans la raillerie insultante, il serait toujours triste; le ris moqueur est son seul plaisir. Au contraire, la sérénité du juste est intérieure; son ris n'est point de malignité, mais de joie: il en porte la source en lui-même; il est aussi gai seul qu'au milieu d'un cercle, il ne tire pas son contentement de ceux qui l'approchent, il le leur communique.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 09/12/2010

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Un être vraiment heureux est un être solitaire; Dieu seul jouit d'un bonheur absolu;


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 09/12/2010

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Myson


Myson fut connu dans la Grèce
Par son amour pour la sagesse;
Pauvre, libre, content, sans soins, sans embarras,
Il vivait dans les bois, seul, méditant sans cesse,
Et parfois riant aux éclats.
Un jour deux grecs vinrent lui dire:
De ta gaîté, Myson, nous sommes tout surpris;
Tu vis seul; comment peux-tu rire?
Vraiment, répondit-il, voilà pourquoi je ris.


Par: Jean-Pierre Claris de Florian (Florian)

Ajoutée par Savinien le 18/11/2010

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Le rossignol et le prince


Pourquoi donc, dit alors son altesse en colère,
Le plus aimable des oiseaux
Se tient-il dans les bois farouche et solitaire,
Tandis que mon palais est rempli de moineaux?

C'est, lui dit le mentor, afin de vous instruire
De ce qu'un jour vous devez éprouver:
Les sots savent tous se produire;
Le mérite se cache, il faut l'aller trouver.


Par: Jean-Pierre Claris de Florian (Florian)

Ajoutée par Savinien le 16/11/2010

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L'oisiveté des cercles est tuante, parce qu'elle est de nécessité; celle de la solitude est charmante, parce qu'elle est libre et de volonté.
Dans une compagnie il m'est cruel de ne rien faire, parce que j'y suis forcé. Il faut que je reste là cloué sur une chaise ou debout, planté comme un piquet, sans remuer ni pied ni patte, n'osant ni courir, ni sauter, ni chanter, ni crier, ni gesticuler quand j'en ai envie, n'osant pas même rêver; ayant à la fois tout l'ennui de l'oisiveté et tout le tourment de la contrainte; obligé d'être attentif à toutes les sottises qui se disent et à tous les compliments qui se font, et de fatiguer incessamment ma Minerve, pour ne pas manquer de placer à mon tour mon rébus et mon mensonge. Et vous appelez cela de l'oisiveté! C'est un travail de forçat.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 15/11/2010

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Ayant quitté tout à fait la littérature, je ne songeai plus qu'à mener une vie tranquille et douce, autant qu'il dépendrait de moi.
Seul je n'ai jamais connu l'ennui, même dans le plus parfait désoeuvrement: mon imagination, remplissant tous les vides, suffit seule pour m'occuper.
Il n'y a que le bavardage inactif de chambre, assis les uns vis-à-vis des autres à ne mouvoir que la langue, que jamais je n'ai pu supporter. Quand on marche, qu'on se promène, encore passe; les pieds et les yeux font au moins quelque chose; mais rester là, les bras croisés, à parler du temps qu'il fait et des mouches qui volent, ou, qui pis est, à s'entre-faire des compliments, cela m'est un supplice insupportable.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 15/11/2010

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On faisait la guerre à M. sur son goût pour la solitude; il répondit:
- C'est que je suis plus accoutumé à mes défauts qu'à ceux d'autrui.


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

Ajoutée par Savinien le 04/11/2010

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On accusait M. d'être misanthrope.
- Moi, dit-il, je ne le suis pas; mais j'ai bien pensé l'être, et j'ai vraiment bien fait d'y mettre ordre.
- Qu'avez-vous fait pour l'empêcher?
- Je me suis fait solitaire.


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

Ajoutée par Savinien le 04/11/2010

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J'aimerais la société comme un autre, si je n'étais sûr de m'y montrer non seulement à mon désavantage, mais tout autre que je ne suis.
Le parti que j'ai pris d'écrire et de me cacher est précisément celui qui me convenait. Moi présent, on n'aurait jamais su ce que je valais, on ne l'aurait pas soupçonné même.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 01/11/2010

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Dans le tête-à-tête il y a un autre inconvénient que je trouve pire, la nécessité de parler toujours: quand on vous parle, il faut répondre; et si l'on ne dit mot, il faut relever la conversation.
Cette insupportable contrainte m'eût seule dégoûté de la société.
Je ne trouve point de gêne plus terrible que l'obligation de parler sur-le-champ et toujours. Je ne sais si ceci tient à ma mortelle aversion pour tout assujettissement; mais c'est assez qu'il faille absolument que je parle, pour que je dise une sottise infailliblement.


Par: Jean-Jacques Rousseau

Ajoutée par Savinien le 01/11/2010

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J'écoute les bruits de la ville


J'écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu'un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison

Le jour s'en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté Chère raison


Par: Guillaume Apollinaire

Extrait de: Alcools (1913)

Ajoutée par Savinien le 29/10/2010

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On est plus heureux dans la solitude que dans le monde. Cela ne viendrait-il pas de ce que, dans la solitude, on pense aux choses, et que, dans le monde, on est forcé de penser aux hommes?


Par: Nicolas Sébastien-Roch (Chamfort)

Ajoutée par Savinien le 26/10/2010

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L'homme intelligent aspirera avant tout à fuir toute douleur, toute tracasserie et à trouver le repos et les loisirs; il recherchera donc une vie tranquille, modeste, abritée autant que possible contre les importuns; après avoir entretenu pendant quelque temps des relations avec ce que l'on appelle les hommes, il préférera une existence retirée, et, si c'est un esprit tout à fait supérieur, il choisira la solitude. Car plus un homme possède en lui-même, moins il a besoin du monde extérieur et moins les autres peuvent lui être utiles. Aussi la supériorité de l'intelligence conduit-elle à l'insociabilité.
Ah! Si la qualité de la société pouvait être remplacée par la quantité, cela vaudrait alors la peine de vivre même dans le grand monde: mais, hélas! Cent fous mis en un tas ne font pas encore un homme raisonnable.


Par: Arthur Schopenhauer

Ajoutée par Savinien le 24/10/2010

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Un homme d'esprit, dans la solitude la plus absolue, trouve dans ses propres pensées et dans sa propre fantaisie de quoi se divertir agréablement, tandis que l'être borné aura beau varier sans cesse les fêtes, les spectacles, les promenades et les amusements, il ne parviendra pas à écarter l'ennui qui le torture.


Par: Arthur Schopenhauer

Ajoutée par Savinien le 24/10/2010

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Watteau


Devers Paris, un soir, dans la campagne,
J'allais suivant l'ornière d'un chemin,
Seul avec moi, n'ayant d'autre compagne
Que ma douleur qui me donnait la main.


Par: Théophile Gautier

Ajoutée par Savinien le 17/10/2010

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Stances


Je vous trouve partout, éternelle sagesse,
Toujours devant mes yeux et jamais dans mon coeur.
Arbres, fleurs, ruisseaux, dévote solitude,
Vous m'en dites assez pour des siècles d'étude.


Par: Paul Pellisson-Fontanier

 

Ajoutée par Savinien le 17/10/2010

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De l'homme, 99


Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls; de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l'ignorance, la médisance, l'envie, l'oubli de soi-même et de Dieu.


Par: Jean de La Bruyère

Ajoutée par Savinien le 17/10/2010

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Epître VI - La campagne et la ville


Qu'heureux est le mortel, qui, du monde ignoré,
Vit content de soi-même en un coin retiré;
Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée
N'a jamais enivré d'une vaine fumée;
Qui de sa liberté forme tout son plaisir
Et ne rend qu'à lui seul compte de son loisir!


Par: Nicolas Boileau (Boileau-Despréaux)

Extrait de: Epîtres (1669)

Ajoutée par Savinien le 29/09/2010

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Satire X - Les femmes


Dépouillons-nous ici d'une vaine fierté:
Nous naissons, nous vivons pour la société.
A nous-mêmes livrés dans une solitude,
Notre bonheur bientôt fait notre inquiétude;
Et, si durant un jour notre premier aïeul,
Plus riche d'une côte, avait vécu tout seul,
Je doute, en sa demeure alors si fortunée,
S'il n'eût point prié Dieu d'abréger la journée.


Par: Nicolas Boileau (Boileau-Despréaux)

Extrait de: Les satires (1666)

Ajoutée par Savinien le 29/09/2010

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La jeune fille et le ramier


Les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir;
Tout tressaille, averti de la prochaine ondée:
Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée,
Plains-tu l'absent aimé qui ne pourra te voir?

Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l'ombrage,
Banni de l'horizon qu'il n'atteint que des yeux,
Appelant sa compagne et regardant les cieux,
Un ramier, comme toi, soupire de l'orage.

Laissez pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux!
Sous l'orage qui passe il renaît tant de choses.
Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses?
Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous?


Par: Marceline Desbordes-Valmore

 

Ajoutée par Savinien le 20/09/2010

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L'églantine


Églantine! Humble fleur, comme moi solitaire,
Ne crains pas que sur toi j'ose étendre ma main.
Sans en être arrachée orne un moment la terre,
Et comme un doux rayon console mon chemin.
Quand les tièdes zéphyrs s'endorment sous l'ombrage,
Quand le jour fatigué ferme ses yeux brûlants,
Quand l'ombre se répand et brunit le feuillage,
Par ton souffle, vers toi, guide mes pas tremblants.

Mais ton front, humecté par le froid crépuscule,
Se penche tristement pour éviter ses pleurs;
Tes parfums sont enclos dans leur blanche cellule,
Et le soir a changé ta forme et tes couleurs.
Rose, console-toi! Le jour qui va paraître,
Rouvrira ton calice à ses feux ranimé ;
Ta mourante auréole, il la fera renaître,
Et ton front reprendra son éclat embaumé.

Fleur au monde étrangère, ainsi que toi, dans l'ombre
Je me cache et je cède à l'abandon du jour;
Mais un rayon d'espoir enchante ma nuit sombre:
Il vient de l'autre rive... et j'attends son retour.


Par: Marceline Desbordes-Valmore

 

Ajoutée par Savinien le 20/09/2010

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Pasteurs et troupeaux


Le vallon où je vais tous les jours est charmant,
Serein, abandonné, seul sous le firmament,
Plein de ronces en fleurs; c'est un sourire triste.
Il vous fait oublier que quelque chose existe.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 19/09/2010

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Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place.
Dans un système sexuel où l'adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit.
En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables; d'autres croupissent dans le chômage et la misère.
En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude.
Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société.


Par: Michel Houellebecq

Ajoutée par Savinien le 19/08/2010

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La nuit de Décembre


Ami, notre père est le tien.
Je ne suis ni l'ange gardien,
Ni le mauvais destin des hommes.
Ceux que j'aime, je ne sais pas
De quel côté s'en vont leurs pas
Sur ce peu de fange où nous sommes.

Je ne suis ni dieu ni démon,
Et tu m'as nommé par mon nom
Quand tu m'as appelé ton frère;
Où tu vas, j'y serai toujours,
Jusques au dernier de tes jours,
Où j'irai m'asseoir sur ta pierre.

Le ciel m'a confié ton coeur.
Quand tu seras dans la douleur,
Viens à moi sans inquiétude.
Je te suivrai sur le chemin;
Mais je ne puis toucher ta main,
Ami, je suis la Solitude.


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Lettre à Mr de Lamartine


Te dirai-je qu'un soir, dans la brise embaumée,
Endormi, comme toi, dans la paix du bonheur,
Aux célestes accents d'une voix bien-aimée,
J'ai cru sentir le temps s'arrêter dans mon coeur?
Te dirai-je qu'un soir, resté seul sur la terre,
Dévoré, comme toi, d'un affreux souvenir,
Je me suis étonné de ma propre misère,
Et de ce qu'un enfant peut souffrir sans mourir?


Par: Alfred de Musset

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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La solitude


Heureux qui, s'écartant des sentiers d'ici-bas,
A l'ombre du désert allant cacher ses pas,
D'un monde dédaigné secouant la poussière,
Efface, encore vivant, ses traces sur la terre,
Et, dans la solitude enfin enseveli,
Se nourrit d'espérance et s'abreuve d'oubli!


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 19/09/2012

 

Le vallon


J'ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie,
Je viens chercher vivant le calme du Léthé;
Beaux lieux, soyez pour moi ces bords où l'on oublie
L'oubli seul désormais est ma félicité.


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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L'isolement


Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières?
Vains objets dont pour moi le charme est envolé;
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil? Je n'attends rien des jours.


Par: Alphonse de Lamartine

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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Acte I, Scène 5


Mon ami, j'ai de mauvaises heures!
De me sentir si laid, parfois, tout seul...


Par: Edmond Rostand

Ajoutée par Savinien le 25/07/2010

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