Citations de Diane de Lys, de Alexandre Dumas (fils)
7 Citations
La douleur morale a cette ressemblance avec la douleur physique, que celui qui l'éprouve l'irrite continuellement, au lieu de tenter de la calmer. La nature a mis une volupté jusque dans l'exagération de la souffrance, comme elle a mis une souffrance dans l'exagération du plaisir.
Extrait de: Diane de Lys (1851)
Ajoutée par Savinien le 01/09/2021
Cela vient de ce qu'en lisant une lettre que le peintre écrivait à sa mère, vous avez, vous, la femme sceptique par théorie et indifférente par habitude, laissé tomber une larme sur cette lettre, larme qui ne venait pas seulement de vos yeux, mais de votre coeur, et que rien ne fait plus vite pousser dans l'âme cette fleur qu'on nomme l'amour que cette rosée qu'on nomme les larmes.
Extrait de: Diane de Lys (1851)
Ajoutée par Savinien le 01/09/2021
La rêverie est une visiteuse avec laquelle on a besoin d'être seul, et qui s'effarouche dès qu'elle entend ouvrir une porte.
Extrait de: Diane de Lys (1851)
Ajoutée par Savinien le 01/09/2021
Dieu nous garde d'écrire jamais un livre contre les femmes. Nous ne les croyons pas plus méchantes que nous ne les croyons parfaites. Elles ressemblent pour nous à ces oiseaux que nous mettons dans une cage, qui nous donnent des coups de bec chaque fois que nous voulons les saisir, mais dont le chant est si doux, le plumage si charmant, que, le jour où ils s'envolent, nous les pleurons sans nous rappeler que nous avons sur les mains les marques de leur bec, et sans réfléchir que leur départ serait une ingratitude, s'ils n'avaient eu ce désir invincible de liberté que Dieu a donné à toutes ses créatures.
Extrait de: Diane de Lys (1851)
Ajoutée par Savinien le 01/09/2021
Les conversations d'un premier rendez-vous d'amour sont difficiles pour la femme et pour l'homme. Pour la femme, en ce sens que, tout en sachant à quoi elle s'expose, elle veut donner à sa pudeur le mérite de lutter encore; pour l'homme, qui, tout convaincu qu'il est que la femme ne lui résistera pas longtemps, doit cependant mettre toute sa délicatesse et tout son esprit à faire à sa complice une pente tellement douce qu'elle ne s'y sente pas glisser et ne s'en aperçoive que lorsqu'il est trop tard.
Extrait de: Diane de Lys (1851)
Ajoutée par Savinien le 01/09/2021
Ici nous nous permettrons une réflexion, c'est qu'il n'est pas rare de voir une femme, incapable de tromper son mari, par cette seule raison qu'elle l'aime, aider une amie à tromper le sien, et prendre plaisir à des dangers sans danger pour elle. C'est ce sentiment qui fait des mères et des soeurs, même les plus vertueuses, de si complaisantes intermédiaires. Mais il y a cette compensation, que celle qui est la confidente des joies est aussi la confidente des tristesses que ces sortes d'amours font naître, et que lorsqu'elle pèse les unes et les autres dans sa conscience, elle se trouve plus heureuse encore par la comparaison. Puis, qui sait? La compensation de la vertu, ce trésor un peu lourd à porter, c'est peut-être la non-vertu des autres. Les plus saintes passions ont leur égoïsme et leur orgueil.
Extrait de: Diane de Lys (1851)
Ajoutée par Savinien le 01/09/2021
Quoi qu'il en soit, Maximilien, qui s'était rencontré souvent dans le monde avec Mme de Lys, lui avait fait sa cour avec cette timidité qui séduit tant les femmes. Elle avait paru l'écouter en riant. Il ne s'était pas découragé. Alors le silence encourageant avait succédé au rire, les demi-regards à l'indifférence, les demi-confidences aux demi-regards, et la marquise avait fini par laisser comprendre au jeune homme qu'elle recevrait par écrit tout ce qu'il n'osait lui dire et tout ce qu'elle ne pouvait entendre.
Extrait de: Diane de Lys (1851)
Ajoutée par Savinien le 01/09/2021
