Citations
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Vous avez lu des choses bien méprisables, lui dit le sage lettré; mais dans tous les temps, dans tous les pays et dans tous les genres, le mauvais fourmille, et le bon est rare. Vous avez reçu chez vous le rebut de la pédanterie, parce que, dans toutes les professions, ce qu'il y a de plus indigne de paraître est toujours ce qui se présente avec le plus d'impudence. Les véritables sages vivent entre eux retirés et tranquilles; il y a encore parmi nous des hommes et des livres dignes de votre attention.
Par: François-Marie Arouet (Voltaire)
Extrait de: Le monde comme il va (1748)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Elle ne commettrait pas une légère injustice pour le plus grand intérêt; elle ne donne à son amant que des conseils généreux, elle n'est occupée que de sa gloire: il rougirait devant elle, s'il avait laissé échapper une occasion de faire du bien; car rien n'encourage plus aux actions vertueuses que d'avoir pour témoin et pour juge de sa conduite une maîtresse dont on veut mériter l'estime.
Par: François-Marie Arouet (Voltaire)
Extrait de: Le monde comme il va (1748)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Il fit faire par le meilleur fondeur de la ville une petite statue composée de tous les métaux, des terres et des pierres les plus précieuses et les plus viles; il la porta à Ituriel: « Casserez-vous, dit-il, cette jolie statue, parce que tout n'y est pas or et diamants? » Ituriel entendit à demi-mot; il résolut de ne pas même songer à corriger Persépolis, et de laisser aller le monde comme il va; car, dit-il, si tout n'est pas bien, tout est passable.
Par: François-Marie Arouet (Voltaire)
Extrait de: Le monde comme il va (1748)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Retiré chez lui, il envoya chercher des livres nouveaux pour adoucir son chagrin, et il pria quelques lettrés à dîner pour se réjouir. Il en vint deux fois plus qu'il n'en avait demandé, comme les guêpes que le miel attire. Ces parasites se pressaient de manger et de parler; ils louaient deux sortes de personnes, les morts et eux-mêmes, et jamais leurs contemporains, excepté le maître de la maison. Si quelqu'un d'eux disait un bon mot, les autres baissaient les yeux et se mordaient les lèvres de douleur de ne l'avoir pas dit.
Par: François-Marie Arouet (Voltaire)
Extrait de: Le monde comme il va (1748)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Un mage parut dans une machine élevée, qui parla longtemps du vice et de la vertu. Ce mage divisa en plusieurs parties ce qui n'avait pas besoin d'être divisé; il prouva méthodiquement tout ce qui était clair; il enseigna tout ce qu'on savait. Il se passionna froidement, et sortit suant et hors d'haleine. Toute l'assemblée alors se réveilla, et crut avoir assisté à une instruction.
Par: François-Marie Arouet (Voltaire)
Extrait de: Le monde comme il va (1748)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Je ne sais pas si j'ai raison de regarder la fierté comme un des premiers devoirs de la femme, mais il n'est pas en mon pouvoir de ne pas mépriser la passion qui s'acharne. Il me semble qu'il y a là un attentat contre le ciel, qui seul donne et reprend les vraies affections. On ne doit pas plus disputer la possession d'une âme que celle d'un esclave. On doit rendre à l'homme sa liberté, à l'âme son élan, à Dieu la flamme émanée de lui.
Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)
Extrait de: Histoire de ma vie (George Sand) (1855)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Acte V, Scène 5
Frère! Allons d'un pas ferme au-devant de leurs coups.
Que ce soit l'échafaud qui tremble et non pas nous.
On veut notre tête! Eh! Pour n'être pas en faute,
Au bourreau qui l'attend il faut la porter haute.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Marion de Lorme (1831)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Acte IV, Scène 8
Attendez, sire! - Un jour, un mois, l'an révolu,
Lorsque nous aurons bien, durant le temps voulu,
Fait tous trois, moi le fou, vous le roi, lui le maître,
Nous nous endormirons, et, si fier qu'on puisse être,
Si grand que soit un homme au compte de l'orgueil,
Nul n'a plus de six pieds de haut dans le cercueil!
Par: Victor Hugo
Extrait de: Marion de Lorme (1831)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Acte III, Scène 6
Mais je dois t'avertir, oui, mon astre est mauvais:
J'ignore d'où je viens et j'ignore où je vais.
Mon ciel est noir. - Marie, écoute une prière: -
Il en est temps encore, toi, retourne en arrière;
Laisse-moi suivre seul ma sombre route; hélas!
Après ce dur voyage, et quand je serai las,
La couche qui m'attend, froide d'un froid de glace,
Est étroite, et pour deux n'a pas assez de place.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Marion de Lorme (1831)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
Acte III, Scène 6
Ah! Quoique à chaque instant mon mauvais sort renaisse,
Tu me donnes ton coeur, ton bonheur, ta jeunesse!
D'où vient que tous ces dons sont prodigués pour moi,
Qui seraient peu payés du royaume d'un roi?
Je ne t'offre en retour que misère et folie.
Le ciel te donne à moi, l'enfer à moi te lie.
Pour mériter tous deux ce partage inégal,
Qu'ai-je donc fait de bien et qu'as-tu fait de mal?
Par: Victor Hugo
Extrait de: Marion de Lorme (1831)
Ajoutée par Savinien le 08/03/2021
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