Citations
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La première démarche d'une âme pleine et libre n'est pas plus de succomber à l'humiliation de ses crimes que de les aimer. Mais c'est de les connaître; et connus, sans les aimer, sinon sans les haïr, de les tenir pour des faits. Ils sont asservis dès qu'ils sont mis à leur rang. Le mal est le plus souvent un effet de la faiblesse, une usurpation de la partie mauvaise sur la bonne, qui est la plus faible, mais qui n'en existe pas moins.
Par: Isaac Félix Suarès (André Suarès)
Extrait de: Trois hommes. (1913)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2021
Ceux qui ne sont médiocres en rien, ni par le coeur ni par l'esprit, se portent bientôt à contempler deux abîmes: le néant du monde et le néant de soi. La plupart des grandes âmes s'arrêtent à l'un des deux précipices, qu'elles comblent en y jetant l'autre. Et, à ne rien dissimuler, peut-être ne peut-on vivre à moins d'un parti héroïque. Il faut prendre parti pour le monde contre soi, ou pour soi contre le monde.
Par: Isaac Félix Suarès (André Suarès)
Extrait de: Trois hommes. (1913)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2021
Le pouvoir d'un homme est la moyenne de ce qu'il peut lui-même, et de ce que les circonstances lui permettent, - l'accord de sa force propre avec la fatalité des événements. C'est pourquoi tout homme puissant s'est toujours senti à deux doigts de ne pas l'être.
Par: Isaac Félix Suarès (André Suarès)
Extrait de: Trois hommes. (1913)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2021
La maîtresse est morte, l'amant peine.
Par: Gaëtan Faucer
Extrait de: Faces et Cie (2017)
Ajoutée par Caravage le 25/07/2021
L'auteur écrit des tonnes pour être publié en grammes.
Par: Gaëtan Faucer
Extrait de: L'Héritage (2017)
Ajoutée par Caravage le 25/07/2021
Pendant une maladie
Je vois l'immense instant suprême
Dans les ténèbres arriver.
L'astre pâle au fond du ciel blême
Dessine son vague lever.
L'heure réelle, ou décevante,
Dresse son front mystérieux.
Ne crois pas que je m'épouvante;
J'ai toujours été curieux.
Mon âme se change en prunelle;
Ma raison sonde Dieu voilé;
Je tâte la porte éternelle,
Et j'essaie à la nuit ma clé.
C'est Dieu que le fossoyeur creuse;
Mourir, c'est l'heure de savoir;
Je dis à la mort: Vieille ouvreuse.
Je viens voir le spectacle noir,
Par: Victor Hugo
Extrait de: Les chansons des rues et des bois (1865)
Ajoutée par Savinien le 28/06/2021
Une alcôve au soleil levant
Une petite en ce coin sombre
Etait là dans un berceau blanc.
Ayant je ne sais quoi dans l'ombre
De confiant et de tremblant.
Elle étreignait dans sa main calme
Un grelot d'argent qui penchait;
L'innocence au ciel tient la palme
Et sur la terre le hochet.
Comme elle sommeille! Elle ignore
Le bien, le mal, le coeur, les sens.
Son rêve est un sentier d'aurore
Dont les anges sont les passants.
Son bras, par instants, sans secousse,
Se déplace, charmant et pur;
Sa respiration est douce
Comme une mouche dans l'azur.
Le regard de l'aube la couvre;
Rien n'est auguste et triomphant
Comme cet oeil de Dieu qui s'ouvre
Sur les yeux fermés de l'enfant.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Les chansons des rues et des bois (1865)
Ajoutée par Savinien le 28/06/2021
Lettre
Et la femme est le divin diable
Qui taquine ce paradis.
Elle tient un fruit qu'elle achève
Et qu'elle mord, ange et tyran:
Ce qu'on nomme la pomme d'Ève,
Tristes cieux! C'est le coeur d'Adam.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Les chansons des rues et des bois (1865)
Ajoutée par Savinien le 28/06/2021
Dénonciation de l'esprit des bois
J'ai vu ton ami, j'ai vu ton amie,
Mérante et Rosa; vous n'étiez point trois.
Fils, ils ont produit une épidémie
De baisers parmi les nids de mon bois.
Ils étaient contents, le diable m'emporte!
Tu n'étais point là. Je les regardais.
Jadis on trompait Jupin de la sorte;
Car parfois un dieu peut être un dadais.
Moi je suis très laid, j'ai l'épaule haute,
Mais, bah! Quand je peux, je ris de bon coeur.
Chacun a sa part; on plane, je saute;
Vous êtes les beaux, je suis le moqueur.
Quand le ciel charmant se mire à la source,
Quand les autres ont l'âme et le baiser,
Faire la grimace est une ressource.
N'étant pas heureux, il faut s'amuser.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Les chansons des rues et des bois (1865)
Ajoutée par Savinien le 28/06/2021
Les bonnes intentions de Rosa
Le diable est diseur de proverbes.
Il songeait. Son pied mal botté
Écrasait dans les hautes herbes
La forêt de fleurs de l'été.
L'un près de l'autre nous passâmes.
- Çà, pensai-je, il est du métier. -
Le diable se connaît en femmes,
En qualité de bijoutier.
Je m'approchai de son altesse,
Le chapeau bas; ce carnassier,
Calme, me fit la politesse
D'un sourire hostile et princier.
Je lui dis: - Que pensez-vous d'elle?
Contez-moi ce que vous savez.
- Son désir de t'être fidèle,
Dit-il, est un de mes pavés.
Par: Victor Hugo
Extrait de: Les chansons des rues et des bois (1865)
Ajoutée par Savinien le 28/06/2021
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