Thématique citations : Les alexandrins
879 Citations
| Pg 18/18 |
Le vallon
J'ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie,
Je viens chercher vivant le calme du Léthé;
Beaux lieux, soyez pour moi ces bords où l'on oublie
L'oubli seul désormais est ma félicité.
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
L'immortalité
Tu vois autour de toi dans la nature entière
Les siècles entasser poussière sur poussière,
Et le temps, d'un seul pas confondant ton orgueil,
De tout ce qu'il produit devenir le cercueil.
Et l'homme, et l'homme seul, ô sublime folie!
Au fond de son tombeau croit retrouver la vie,
Et dans le tourbillon au néant emporté,
Abattu par le temps, rêve l'éternité!
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
A Elvire
Vois d'un oeil de pitié la vulgaire jeunesse;
Brillante de beauté, s'enivrant de plaisir!
Quand elle aura tari sa coupe enchanteresse,
Que restera-t-il d'elle? à peine un souvenir:
Le tombeau qui l'attend l'engloutit tout entière,
Un silence éternel succède à ses amours;
Mais les siècles auront passé sur ta poussière
Elvire, et tu vivras toujours!
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
L'homme
Pardonne au désespoir un moment de blasphème,
J'osai... Je me repends: gloire au maître suprême:
Il fit l'eau pour couler, l'aquilon pour courir,
Les soleils pour brûler, et l'homme pour souffrir!
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
L'homme
Cependant, accablé sous le poids de ma chaîne,
Du néant au tombeau l'adversité m'entraîne;
Je marche dans la nuit par un chemin mauvais,
Ignorant d'où je viens, incertain où je vais.
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
L'homme
Ici-bas, la douleur à la douleur s'enchaîne.
Le jour succède au jour, et la peine à la peine.
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
L'homme
Aux regards de celui qui fit l'immensité,
L'insecte vaut un monde: ils ont autant coûté!
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Sapho
Adieu! Leurs vains présents que le vulgaire envie,
Ni des traits de l'amour, ni des coups du destin,
Misérable Sapho, n'ont pu sauver ta vie!
Tu vécus dans les pleurs et tu meurs au matin!
Ainsi tombe une fleur avant le temps fanée!
Ainsi, cruel Amour, sous le couteau mortel,
Une jeune victime à ton temple amenée,
Qu'à ton culte en naissant le pâtre a destinée,
Vient tomber avant l'âge au pied de ton autel!
Et vous qui reverrez le cruel que j'adore
Quand l'ombre du trépas aura couvert mes yeux,
Compagnes de Sapho, portez-lui ces adieux!
Dites-lui... qu'en mourant je le nommais encore!...
Elle dit. Et le soir, quittant le bord des flots,
Vous revîntes sans elle, ô vierges de Lesbos!
Extrait de: Nouvelles méditations poétiques (1823)
Ajoutée par Savinien le 19/09/2012
L'isolement
Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi,
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.
Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie:
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons!
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
L'isolement
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme, ni transports,
Je contemple la terre, ainsi qu'une ombre errante:
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.
De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis: nulle part le bonheur ne m'attend.
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte II, Scène 7
Il est des plus experts.
Il vous corrigera seulement quelques vers...
Impossible, Monsieur; mon sang se coagule
En pensant qu'on y peut changer une virgule.
Mais quand un vers lui plaît, en revanche, mon cher,
Il le paye très cher.
Il le paye moins cher
Que moi, lorsque j'ai fait un vers, et que je l'aime,
Je me le paye, en me le chantant à moi-même!
Vous êtes fier.
Vraiment, vous l'avez remarqué?
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte I, Scène 4
Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule!
Ah? ... Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule
De Bergerac.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte V, Scène 6
Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose!
Arrachez! Il y a malgré vous quelque chose
Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tâche,
J'emporte malgré vous, et c'est...
C'est?
Mon panache.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte V, Scène 6
Oui, ma vie
Ce fut d'être celui qui souffle, - et qu'on oublie!
Vous souvient-il du soir où Christian vous parla
Sous le balcon? Eh bien! toute ma vie est là:
Pendant que je restais en bas, dans l'ombre noire,
D'autres montaient cueillir le baiser de la gloire!
C'est justice, et j'approuve au seuil de mon tombeau:
Molière a du génie et Christian était beau!
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte V, Scène 5
Ah! Que de choses qui sont mortes... qui sont nées!
- Pourquoi vous être tu pendant quatorze années,
Puisque sur cette lettre où, lui, n'était pour rien,
Ces pleurs étaient de vous ?
Ce sang était le sien.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte V, Scène 5
Depuis quatorze années,
Pour la première fois, en retard!
Oui, c'est fou!
J'enrage. Je fus mis en retard, vertuchou!...
Par?...
Par une visite assez inopportune.
Ah! oui! quelque fâcheux?
Cousine, c'était une
Fâcheuse.
Vous l'avez renvoyée?
Oui, j'ai dit:
Excusez-moi, mais c'est aujourd'hui samedi,
Jour où je dois me rendre en certaine demeure;
Rien ne m'y fait manquer, repassez dans une heure!
Eh bien! Cette personne attendra pour vous voir:
Je ne vous laisse pas partir avant ce soir.
Peut-être un peu plus tôt faudra-t-il que je parte.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte V, Scène 2
Oui, parfois, je l'envie.
- Voyez-vous, lorsqu'on a trop réussi sa vie,
On sent, - n'ayant rien fait, mon Dieu, de vraiment mal! -
Mille petits dégoûts de soi, dont le total
Ne fait pas un remords, mais une gêne obscure;
Et les manteaux de duc traînent dans leur fourrure,
Pendant que des grandeurs on monte les degrés,
Un bruit d'illusions sèches et de regrets,
Comme, quand vous montez lentement vers ces portes,
Votre robe de deuil traîne des feuilles mortes.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte V, Scène 2
Ah! Celui-là n'est pas parvenu! - C'est égal,
Ne le plaignez pas trop.
Monsieur le maréchal!...
Ne le plaignez pas trop: il a vécu sans pactes,
Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.
Monsieur le duc!...
Je sais, oui: j'ai tout; il n'a rien...
Mais je lui serrerais bien volontiers la main.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte IV, Scène 9
Qu'elle choisisse!
Tu vas lui dire tout!
Non, non! Pas ce supplice.
Je tuerais ton bonheur parce que je suis beau?
C'est trop injuste!
Et moi, je mettrais au tombeau
Le tien parce que, grâce au hasard qui fait naître,
J'ai le don d'exprimer... Ce que tu sens, peut-être?
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte III, Scène 10
Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce?
Un serment fait d'un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer;
C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d'un peu se respirer le coeur,
Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme!
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte II, Scène 8
Fais tout haut l'orgueilleux et l'amer, mais, tout bas,
Dis-moi tout simplement qu'elle ne t'aime pas!
Tais-toi!
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte II, Scène 8
Non, merci! Non, merci! Non merci! Mais... chanter.
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers!
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune!
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire: mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul!
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte II, Scène 7
un poète est un luxe, aujourd'hui, qu'on se donne.
- Voulez-vous être à moi ?
Non, Monsieur, à personne.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte II, Scène 6
Cent hommes contre vous? Allons, adieu. - Nous
Sommes de grands amis!
Oui, oui.
Qu'il m'écrive! - Cent hommes! -
Vous me direz plus tard. Maintenant, je ne puis.
Cent hommes! Quel courage!
Oh! J'ai fait mieux depuis.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte I, Scène 5
Ah! non, cela, jamais! Non, ce serait trop laid,
Si le long de ce nez une larme coulait!
Je ne laisserai pas, tant que j'en serai maître,
La divine beauté des larmes se commettre
Avec tant de laideur grossière!... Vois-tu bien,
Les larmes, il n'est rien de plus sublime, rien,
Et je ne voudrais pas qu'excitant la risée,
Une seule, par moi, fut ridiculisée!...
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte I, Scène 5
Regarde-moi, mon cher, et dis quelle espérance
Pourrait bien me laisser cette protubérance!
Oh! Je ne me fais pas d'illusion! - Parbleu,
Oui, quelquefois, je m'attendris, dans le soir bleu;
J'entre dans quelque jardin où l'heure se parfume;
Avec mon pauvre grand diable de nez je hume
L'avril, - Je suis des yeux, sous un rayon d'argent,
Au bras d'un cavalier, quelque femme, en songeant
Que pour marcher, à petits pas, dans de la lune,
Aussi moi j'aimerais au bras en avoir une,
Je m'exalte, j'oublie... et j'aperçois soudain
L'ombre de mon profil sur le mur du jardin!
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte I, Scène 4
Je n'ai pas de gants?... La belle affaire!
Il m'en restait un seul... d'une très vieille paire!
Lequel m'était d'ailleurs encore fort importun:
Je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
L'isolement
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières?
Vains objets dont pour moi le charme est envolé;
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.
Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil? Je n'attends rien des jours.
Extrait de: Méditations poétiques (1820)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
Acte II, Scène 3
Eh bien! Ecrivons là,
Cette lettre d'amour qu'en moi-même j'ai faite
Et refaite cent fois, de sorte qu'elle est prête,
Et que mettant mon âme à côté du papier,
Je n'ai tout simplement qu'à la recopier.
Par: Edmond Rostand
Extrait de: Cyrano de Bergerac (1897)
Ajoutée par Savinien le 25/07/2010
| Pg 18/18 |
