Citations de Apologie de l'étude, de Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
8 Citations
Pourquoi, par exemple, avez-vous imaginé qu'en feuilletant, étudiant, compilant des livres de métaphysique, vous y trouveriez des lumières sur tant de questions, moitié creuses, moitié sublimes, l'écueil éternel de tous les philosophes passés, présents et futurs? En repliant votre esprit sur lui-même, sans avoir besoin d'interroger celui des autres, vous auriez senti qu'en métaphysique ce qu'on ne peut pas s'apprendre par ses propres réflexions, ne s'apprend point par la lecture; et que ce qui ne peut pas être rendu clair pour les esprits les plus communs, est obscur pour les plus profonds.
Par: Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
Extrait de: Apologie de l'étude (1761)
Ajoutée par Savinien le 20/01/2021
C'est le propre des malheurs de ramener à la philosophie, comme le joueur qui a tout perdu revient à sa maîtresse.
Par: Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
Extrait de: Apologie de l'étude (1761)
Ajoutée par Savinien le 20/01/2021
Las de m'ennuyer des pensées des autres, j'ai voulu leur donner les miennes; mais je puis me flatter de leur avoir rendu tout l'ennui que j'avais reçu d'eux.
Par: Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
Extrait de: Apologie de l'étude (1761)
Ajoutée par Savinien le 20/01/2021
Vous voyez, me disait il n'y a pas longtemps un savant célèbre, cette bibliothèque immense que j'habite. Que de biens à la fois, ai-je dit en y entrant, comme cet animal affamé de la fable! Que de moyens d'être heureux sans avoir besoin de personne! J'ai passé mes plus belles années à épuiser cette vaste collection; que m'a-t-elle appris? L'histoire ne m'a offert qu'incertitude; la physique que ténèbres; la morale que vérités communes, ou paradoxes dangereux; la métaphysique que vaines subtilités. Après trente ans d'étude, vous me demanderiez en vain pourquoi une pierre tombe, pourquoi je remue la main, pourquoi j'ai la faculté de penser et de sentir. Sans des lumières supérieures à la raison, qui ont servi plus d'une fois à consoler mon ignorance, aucun livre n'aurait pu m'apprendre ce que je suis, d'où je viens et où je dois aller; et je dirais de moi-même, jeté comme au hasard dans cet univers, ce que le doge de Gênes disait de Versailles ; ce qui m'étonne le plus ici, c'est de m'y voir.
Par: Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
Extrait de: Apologie de l'étude (1761)
Ajoutée par Savinien le 20/01/2021
La paresse est naturelle à l'homme. On objectera qu'il est condamné au travail; mais, puisqu'il y est condamné, ce n'était donc pas sa première destination. Semblable à un pendule qu'une force étrangère a tiré de son repos, il tend à y revenir sans cesse.
Par: Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
Extrait de: Apologie de l'étude (1761)
Ajoutée par Savinien le 20/01/2021
Les Muses sont pour ceux qu'elles favorisent une maîtresse aimable et capricieuse, dont on se plaint quelquefois, et à laquelle on revient toujours.
Par: Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
Extrait de: Apologie de l'étude (1761)
Ajoutée par Savinien le 20/01/2021
L'expérience l'a dit longtemps avant Horace: on ne se trouve heureux qu'à la place des autres, et jamais à la sienne; le seul avantage que donnent les lumières, si c'en est un, est de n'envier l'état de personne, sans en être plus content du sien.
Par: Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
Extrait de: Apologie de l'étude (1761)
Ajoutée par Savinien le 20/01/2021
Pour connaître les inconvénients secrets d'une profession, il faut s'adresser à ceux qui l'exercent, et non pas à ceux qui ne font que s'en amuser.
Par: Jean le Rond d' Alembert (d'Alembert)
Extrait de: Apologie de l'étude (1761)
Ajoutée par Savinien le 20/01/2021
