Citations de Mémoires de Louise Michel écrits par elle-même, de Louise Michel
21 Citations
Manifeste des anarchistes
Pas de liberté sans égalité! Pas de liberté dans une société où le capital est monopolisé entre les mains d'une minorité qui va se réduisant tous les jours et où rien n'est également réparti, pas même l'éducation publique, payée cependant des deniers de tous.
Nous croyons, nous, que le capital, patrimoine commun de l'humanité, puisqu'il est le fruit de la collaboration des générations passées et des générations contemporaines, doit être mis à la disposition de tous, de telle sorte que nul ne puisse en être exclu; que personne, en revanche, ne puisse en accaparer une part au détriment du reste.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 22/05/2020
Manifeste des anarchistes
Nous voulons la liberté et nous croyons son existence incompatible avec l'existence d'un pouvoir quelconque, quelle que soit son origine et sa forme, qu'il soit élu ou imposé, monarchique ou républicain, qu'il s'inspire du droit divin ou du droit populaire, de la Sainte-Ampoule ou du suffrage universel.
C'est que l'histoire est là pour nous apprendre que tous les gouvernements se ressemblent et se valent. Les meilleurs sont les pires. Plus de cynisme chez les uns, plus d'hypocrisie chez les autres! Au fond, toujours les mêmes procédés, toujours la même intolérance. Il n'est pas jusqu'aux plus libéraux en apparence qui n'aient en réserve, sous la poussière des arsenaux législatifs, quelque bonne petite loi sur l'Internationale, à l'usage des oppositions gênantes.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 22/05/2020
Quant à penser qu'un seul n'est rien devant tous, j'en ai toujours été persuadée; seulement le tyrannicide n'est praticable que quand la tyrannie n'a qu'une seule tête ou un certain groupe de têtes. Quand elle est devenue l'hydre, c'est la Révolution qui s'en charge.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 22/05/2020
Il n'est pas défendu de ne vouloir vivre qu'autant qu'on est utile et de préférer mourir debout à mourir couché.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 22/05/2020
Chacun de nous a ses qualités et ses défauts; c'est la loi commune; mais qu'importe ce que nous sommes, si notre oeuvre est grande et nous couvre de sa lumière; il ne s'agit pas de nous dans ce que nous commençons, il s'agit de ce qui sera pour l'humanité quand nous aurons disparu.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 22/05/2020
Marie Ferré
Mes amis, puisqu'il faut nous dire qu'elle est morte,
Qu'au seuil de nos prisons, nous ne la verrons plus;
Puisque du froid néant nul ne rouvre la porte,
Que vers les trépassés nos cris sont superflus;
Parlons d'elle un instant; que son nom nous reporte
Vers ceux que nous avons perdus.
Modeste, elle savait être héroïque et fière.
Souvent, nous admirions ce contraste charmant!
Maintenant, c'en est fait, dans le noir cimetière
Pour jamais elle dort, emportant en mourant
Notre dernier sourire; et mon coeur sous sa pierre
Se sent enseveli vivant.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 22/05/2020
La Révolution est terrible; mais son but étant le bonheur de l'humanité, elle a des combattants audacieux, des lutteurs impitoyables, il le faut bien.
Est-ce que vous croyez qu'on choisit, pour tirer les gens de l'eau où ils se noient, si on les prend par les cheveux ou autrement? La Révolution agit ainsi pour tirer l'humanité de l'océan de boue et de sang où des milliers d'inconnus servent de pâture à quelques requins.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 22/05/2020
Il y a: que le progrès va toujours, que la révolution enfle les voiles, et qu'on saura un jour!
Il y a aussi de vrai: que nul ne peut être loué de ce qu'il fait, puisqu'il le fait parce que cela lui plaît; il n'y a pas d'héroïsme, puisqu'on est empoigné par la grandeur de l'oeuvre à accomplir, et qu'on reste au-dessous.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Par delà notre temps maudit viendra le jour où l'homme, conscient et libre, ne torturera plus ni l'homme ni la bête. Cette espérance-là vaut bien qu'on s'en aille à travers l'horreur de la vie.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Allons donc! Dominer c'est être tyran, être dominés c'est être lâches! Que le peuple se mette donc debout, il y a assez longtemps qu'on fouette le vieux lion pour qu'il casse la muselière.
Et le lendemain? Dit-on.
Eh bien, le lendemain, il est à l'humanité nouvelle, elle s'arrangera dans le monde nouveau: est-ce que nous pouvons comprendre ce lendemain-là?
Qu'elle passe sur nous comme sur un pont, nous ne sommes bons qu'à cela. Ne discutons pas, aveugles que nous sommes, l'aurore qui se lève.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Nul homme ne serait un monstre ou une victime sans le pouvoir que les uns donnent aux autres pour la perte de tous.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Ces réunions avaient lieu le plus souvent en dehors de Paris. Que de choses on disait en revenant par les sentiers des champs! D'autres fois on se taisait dans tout l'éblouissement de l'idée qui se levait, balayant les hontes de vingt ans. Oh! Mes amis, je crois que nous étions tous un peu poètes! Nous avons bien souffert, mais nous avons vu de belles choses!
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Qui écrira les crimes du pouvoir et la façon monstrueuse dont il transforme les hommes, de façon à ce qu'on détruise à jamais ses crimes en l'étendant à toute la race humaine?
Il n'y a qu'à grandir les choses pour qu'elles sauvent au lieu de perdre: étendre le sentiment de la patrie au monde entier; le bien-être, la science, à toute l'humanité.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Est-ce que vous croyez qu'on vient au monde avec un couteau ouvert pour chouriner ou une carte à la main pour se vendre? On n'y vient pas non plus avec une canne plombée pour être sbire, ou un portefeuille de ministre pour être pris des vertiges du pouvoir, et traîner des nations dans sa chute.
Nul bandit qui n'aurait pu être un honnête homme! Nul honnête homme qui ne soit capable de commettre des crimes dans les affolements où jettent les préjugés du vieux monde maudit!
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Une fois, au-dessus de la côte des vignes, on avait entouré une pauvre louve qui hurlait, ses petits dans ses pattes. J'avoue avoir demandé sa grâce, qu'on ne m'accorda pas, bien entendu.
Mais quelle que soit la pitié qui torde le coeur, il faut que l'être nuisible disparaisse, et la grâce que je demandais enfant, pour la louve, je ne la demanderais pas pour certains hommes pires que des loups contre la race humaine.
Quant à ceux qui à eux seuls, comme les tzars, représentent l'esclavage et la mort d'une nation, je n'aurais ni plus d'hésitation ni plus d'émoi, qu'en ôtant du chemin un piège dangereux.
Tu peux frapper cet homme avec tranquillité.
Tel serait toujours, vienne l'occasion, mon sentiment, aujourd'hui comme hier, comme demain.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu'il me souvienne l'horreur des tortures infligées aux bêtes. [...] Et plus l'homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent. Des cruautés que l'on voit dans les campagnes commettre sur les animaux, de l'aspect horrible de leur condition, date avec ma pitié pour eux la compréhension des crimes de la force.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
L'être, comme la race, monte et s'épanouit en feuilles et en fleurs. Pareils aux fruits verts, nous ne serons bons qu'à engraisser le sol, mais ceux qui viendront après nous porteront semence pour la justice et la liberté.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 20/05/2020
Je vois ceux qui sont disparus d'hier ou de longtemps, tels qu'ils étaient, avec tout ce qui les entourait dans leur vie, et la blessure de l'absence saigne comme aux premiers jours. Je n'ai pas le mal du pays, mais j'ai le mal des morts.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 19/05/2020
Il m'a toujours semblé que nous sentons la destinée, comme les chiens sentent le loup; parfois cela se réalise avec une précision étrange.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 19/05/2020
Adieu à ma tourelle
Adieu dans le manoir ma rêveuse retraite!
Adieu ma haute tour ouverte à tous les vents!
Il reste à tes vieux murs la mousse de leur crête
Et moi, frêle rameau brisé par la tempête,
Je suivrai loin de toi les rapides courants.
Tu reverras sans moi venir les hirondelles
Qui dans les jours d'été chantent au bord des toits.
Mais, si je vais errer fugitive comme elles,
Ne manquera-t-il rien, dis-moi, sous les tourelles,
Quand leurs tristes échos ne diront plus ma voix?
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 19/05/2020
Ce n'est pas la faute de la race humaine si on la pétrit éternellement d'après un type si misérable et si, comme la bête, nous nous consumons dans la lutte pour l'existence.
Quand toutes les forces se tourneront contre les obstacles qui entravent l'humanité, elle passera à travers la tourmente.
Par: Louise Michel
Ajoutée par Savinien le 19/05/2020
