Citations de François le champi, de Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

10 Citations

Le champi, tout simple de coeur qu'il était, n'était pas si simple d'esprit, qu'il n'eût fini par comprendre ce qu'on lui insinuait, et ce qu'il disait là, il ne le disait pas sans intention. Mais la Jeannette ne se le tint pas pour dit, et elle s'énamoura de lui un peu plus. Elle avait été très-courtisée sans se soucier d'aucun galant. Le premier qui lui convînt fut celui qui lui tournait le dos, tant les femmes ont l'esprit bien fait.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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On ne peut pas se fâcher longtemps quand on se fâche tout seul.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

 

Et puis il y a deux manières de lire, et il serait bon de dire cela aux gens qui se croient bien instruits. Ceux qui ont beaucoup de temps à eux, et beaucoup de livres, en avalent tant qu'ils peuvent et se mettent tant de sortes de choses dans la tête, que le bon Dieu n'y connaît plus goutte. Ceux qui n'ont pas le temps et les livres sont heureux quand ils tombent sur le bon morceau. Ils le recommencent cent fois sans se lasser, et chaque fois, quelque chose qu'ils n'avaient pas bien remarqué leur fait venir une nouvelle idée. Au fond, c'est toujours la même idée, mais elle est si retournée, si bien goûtée et digérée, que l'esprit qui la tient est mieux nourri et mieux portant, à lui tout seul, que trente mille cervelles remplies de vent et de fadaises.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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Un jour qu'il portait le petit Jeannie dans ses bras et qu'il se laissait tirer les cheveux par lui pour le faire rire, Madeleine lui reprit l'enfant avec un brin de mécontentement, disant comme malgré elle: - François, si tu commences déjà à tout souffrir des autres, tu ne sais pas où ils s'arrêteront. Et à son grand ébahissement, François lui répondit: - J'aime mieux souffrir le mal que de le rendre.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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Elle n'avait pas grande amitié pour la Zabelle, mais elle en avait un peu, parce que cette femme, moitié bonne, moitié intéressée, continuait à soigner de son mieux le pauvre champi; et Madeleine, voyant combien deviennent mauvais ceux qui ne songent qu'à eux-mêmes, était portée à n'estimer que ceux qui pensaient un peu aux autres.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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Je vous connais, vous autres artistes; vous ne vous passionnez que devant les obstacles, et vous faites mal ce que vous faites sans souffrir.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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Les chefs-d'œuvre ne sont jamais que des tentatives heureuses. Console-toi de ne pas faire de chefs-d'œuvre, pourvu que tu fasses des tentatives consciencieuses.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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Je révoque en doute la puissance de l'art. Je la méprise, je l'anéantis, je prétends que l'art n'est pas né, qu'il n'existe pas, ou bien que, s'il a vécu, son temps est fait. Il est usé, il n'a plus de formes, il n'a plus de souffle, il n'a plus de moyens pour chanter la beauté du vrai. La nature est une œuvre d'art, mais Dieu est le seul artiste qui existe, et l'homme n'est qu'un arrangeur de mauvais goût. La nature est belle, le sentiment s'exhale de tous ses pores; l'amour, la jeunesse, la beauté y sont impérissables. Mais l'homme n'a pour les sentir et les exprimer que des moyens absurdes et des facultés misérables.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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On dirait qu'à l'approche du lourd sommeil de l'hiver chaque être et chaque chose s'arrangent furtivement pour jouir d'un reste de vie et d'animation avant l'engourdissement fatal de la gelée: et, comme s'ils voulaient tromper la marche du temps, comme s'ils craignaient d'être surpris et interrompus dans les derniers ébats de leur fête, les êtres et les choses de la nature procèdent sans bruit et sans activité apparente à leurs ivresses nocturnes. Les oiseaux font entendre des cris étouffés au lieu des joyeuses fanfares de l'été. L'insecte des sillons laisse échapper parfois une exclamation indiscrète; mais tout aussitôt il s'interrompt, et va rapidement porter son chant ou sa plainte à un autre point de rappel. Les plantes se hâtent d'exhaler un dernier parfum, d'autant plus suave qu'il est plus subtil et comme contenu. Les feuilles jaunissantes n'osent frémir au souffle de l'air, et les troupeaux paissent en silence sans cris d'amour ou de combat.


Par: Amantine Aurore Lucile Dupin (George Sand)

Ajoutée par Savinien le 08/05/2020

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