Citations de Louise Michel

29 Citations

Manifeste des anarchistes


Pas de liberté sans égalité! Pas de liberté dans une société où le capital est monopolisé entre les mains d'une minorité qui va se réduisant tous les jours et où rien n'est également réparti, pas même l'éducation publique, payée cependant des deniers de tous.
Nous croyons, nous, que le capital, patrimoine commun de l'humanité, puisqu'il est le fruit de la collaboration des générations passées et des générations contemporaines, doit être mis à la disposition de tous, de telle sorte que nul ne puisse en être exclu; que personne, en revanche, ne puisse en accaparer une part au détriment du reste.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 22/05/2020

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Manifeste des anarchistes


Nous voulons la liberté et nous croyons son existence incompatible avec l'existence d'un pouvoir quelconque, quelle que soit son origine et sa forme, qu'il soit élu ou imposé, monarchique ou républicain, qu'il s'inspire du droit divin ou du droit populaire, de la Sainte-Ampoule ou du suffrage universel.
C'est que l'histoire est là pour nous apprendre que tous les gouvernements se ressemblent et se valent. Les meilleurs sont les pires. Plus de cynisme chez les uns, plus d'hypocrisie chez les autres! Au fond, toujours les mêmes procédés, toujours la même intolérance. Il n'est pas jusqu'aux plus libéraux en apparence qui n'aient en réserve, sous la poussière des arsenaux législatifs, quelque bonne petite loi sur l'Internationale, à l'usage des oppositions gênantes.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 22/05/2020

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Quant à penser qu'un seul n'est rien devant tous, j'en ai toujours été persuadée; seulement le tyrannicide n'est praticable que quand la tyrannie n'a qu'une seule tête ou un certain groupe de têtes. Quand elle est devenue l'hydre, c'est la Révolution qui s'en charge.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 22/05/2020

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Il n'est pas défendu de ne vouloir vivre qu'autant qu'on est utile et de préférer mourir debout à mourir couché.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 22/05/2020

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Chacun de nous a ses qualités et ses défauts; c'est la loi commune; mais qu'importe ce que nous sommes, si notre oeuvre est grande et nous couvre de sa lumière; il ne s'agit pas de nous dans ce que nous commençons, il s'agit de ce qui sera pour l'humanité quand nous aurons disparu.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 22/05/2020

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Marie Ferré


Mes amis, puisqu'il faut nous dire qu'elle est morte,
Qu'au seuil de nos prisons, nous ne la verrons plus;
Puisque du froid néant nul ne rouvre la porte,
Que vers les trépassés nos cris sont superflus;
Parlons d'elle un instant; que son nom nous reporte
Vers ceux que nous avons perdus.

Modeste, elle savait être héroïque et fière.
Souvent, nous admirions ce contraste charmant!
Maintenant, c'en est fait, dans le noir cimetière
Pour jamais elle dort, emportant en mourant
Notre dernier sourire; et mon coeur sous sa pierre
Se sent enseveli vivant.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 22/05/2020

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La Révolution est terrible; mais son but étant le bonheur de l'humanité, elle a des combattants audacieux, des lutteurs impitoyables, il le faut bien.
Est-ce que vous croyez qu'on choisit, pour tirer les gens de l'eau où ils se noient, si on les prend par les cheveux ou autrement? La Révolution agit ainsi pour tirer l'humanité de l'océan de boue et de sang où des milliers d'inconnus servent de pâture à quelques requins.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 22/05/2020

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Il y a: que le progrès va toujours, que la révolution enfle les voiles, et qu'on saura un jour!
Il y a aussi de vrai: que nul ne peut être loué de ce qu'il fait, puisqu'il le fait parce que cela lui plaît; il n'y a pas d'héroïsme, puisqu'on est empoigné par la grandeur de l'oeuvre à accomplir, et qu'on reste au-dessous.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Par delà notre temps maudit viendra le jour où l'homme, conscient et libre, ne torturera plus ni l'homme ni la bête. Cette espérance-là vaut bien qu'on s'en aille à travers l'horreur de la vie.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Allons donc! Dominer c'est être tyran, être dominés c'est être lâches! Que le peuple se mette donc debout, il y a assez longtemps qu'on fouette le vieux lion pour qu'il casse la muselière.
Et le lendemain? Dit-on.
Eh bien, le lendemain, il est à l'humanité nouvelle, elle s'arrangera dans le monde nouveau: est-ce que nous pouvons comprendre ce lendemain-là?
Qu'elle passe sur nous comme sur un pont, nous ne sommes bons qu'à cela. Ne discutons pas, aveugles que nous sommes, l'aurore qui se lève.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Nul homme ne serait un monstre ou une victime sans le pouvoir que les uns donnent aux autres pour la perte de tous.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Ces réunions avaient lieu le plus souvent en dehors de Paris. Que de choses on disait en revenant par les sentiers des champs! D'autres fois on se taisait dans tout l'éblouissement de l'idée qui se levait, balayant les hontes de vingt ans. Oh! Mes amis, je crois que nous étions tous un peu poètes! Nous avons bien souffert, mais nous avons vu de belles choses!


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Qui écrira les crimes du pouvoir et la façon monstrueuse dont il transforme les hommes, de façon à ce qu'on détruise à jamais ses crimes en l'étendant à toute la race humaine?
Il n'y a qu'à grandir les choses pour qu'elles sauvent au lieu de perdre: étendre le sentiment de la patrie au monde entier; le bien-être, la science, à toute l'humanité.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Est-ce que vous croyez qu'on vient au monde avec un couteau ouvert pour chouriner ou une carte à la main pour se vendre? On n'y vient pas non plus avec une canne plombée pour être sbire, ou un portefeuille de ministre pour être pris des vertiges du pouvoir, et traîner des nations dans sa chute.
Nul bandit qui n'aurait pu être un honnête homme! Nul honnête homme qui ne soit capable de commettre des crimes dans les affolements où jettent les préjugés du vieux monde maudit!


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Une fois, au-dessus de la côte des vignes, on avait entouré une pauvre louve qui hurlait, ses petits dans ses pattes. J'avoue avoir demandé sa grâce, qu'on ne m'accorda pas, bien entendu.
Mais quelle que soit la pitié qui torde le coeur, il faut que l'être nuisible disparaisse, et la grâce que je demandais enfant, pour la louve, je ne la demanderais pas pour certains hommes pires que des loups contre la race humaine.
Quant à ceux qui à eux seuls, comme les tzars, représentent l'esclavage et la mort d'une nation, je n'aurais ni plus d'hésitation ni plus d'émoi, qu'en ôtant du chemin un piège dangereux.
Tu peux frapper cet homme avec tranquillité.
Tel serait toujours, vienne l'occasion, mon sentiment, aujourd'hui comme hier, comme demain.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu'il me souvienne l'horreur des tortures infligées aux bêtes. [...] Et plus l'homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent. Des cruautés que l'on voit dans les campagnes commettre sur les animaux, de l'aspect horrible de leur condition, date avec ma pitié pour eux la compréhension des crimes de la force.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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L'être, comme la race, monte et s'épanouit en feuilles et en fleurs. Pareils aux fruits verts, nous ne serons bons qu'à engraisser le sol, mais ceux qui viendront après nous porteront semence pour la justice et la liberté.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 20/05/2020

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Je vois ceux qui sont disparus d'hier ou de longtemps, tels qu'ils étaient, avec tout ce qui les entourait dans leur vie, et la blessure de l'absence saigne comme aux premiers jours. Je n'ai pas le mal du pays, mais j'ai le mal des morts.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 19/05/2020

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Il m'a toujours semblé que nous sentons la destinée, comme les chiens sentent le loup; parfois cela se réalise avec une précision étrange.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 19/05/2020

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Adieu à ma tourelle


Adieu dans le manoir ma rêveuse retraite!
Adieu ma haute tour ouverte à tous les vents!
Il reste à tes vieux murs la mousse de leur crête
Et moi, frêle rameau brisé par la tempête,
Je suivrai loin de toi les rapides courants.

Tu reverras sans moi venir les hirondelles
Qui dans les jours d'été chantent au bord des toits.
Mais, si je vais errer fugitive comme elles,
Ne manquera-t-il rien, dis-moi, sous les tourelles,
Quand leurs tristes échos ne diront plus ma voix?


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 19/05/2020

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Ce n'est pas la faute de la race humaine si on la pétrit éternellement d'après un type si misérable et si, comme la bête, nous nous consumons dans la lutte pour l'existence.
Quand toutes les forces se tourneront contre les obstacles qui entravent l'humanité, elle passera à travers la tourmente.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 19/05/2020

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Sylva


Il est nuit, la lune se lève;
Dans l'ombre montent des concerts;
Le vent agite comme un rêve
La cime des peupliers verts.

Des chemins creux et des ravines
Sortent de naïves chansons,
Et dans la mousse des ruines
Bruissent des choeurs de grillons.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 18/05/2020

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Les hirondelles


Hirondelle qui viens de la nue orageuse,
Hirondelle fidèle, où vas-tu? Dis-le-moi.
Quelle brise t'emporte, errante voyageuse?
Écoute, je voudrais m'en aller avec toi,

Bien loin, bien loin d'ici vers d'immenses rivages,
Vers de grands rochers nus, des grèves, des déserts,
Dans l'inconnu muet, ou bien vers d'autres âges,
Vers les astres errants qui roulent dans les airs.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 18/05/2020

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Niobé


Un spectre au coeur saignant comme frappé d'un glaive,
Drapé dans un linceul et les cheveux épars,
Les yeux noyés de pleurs, dans les bois, sur la grève,
Errant avec la nuit... Jamais sinistre rêve
N'eut telle vision dans ses pâles brouillards.

Jamais non plus le songe, en ses splendeurs divines,
L'oeil ébloui du mage, aux soleils flamboyants,
Ne virent, aux grands jours des fêtes sibyllines,
Déesse plus auguste, au sommet des collines,
Fouler les verts gazons sous ses pieds triomphants.

Laissez passer cette ombre au fond des vastes plaines;
Au fond des bois profonds elle fuit les vivants;
Tout le sang de son coeur, tout le sang de ses veines
A coulé sur la terre où rugissent les haines.
Place! C'est Niobé qui pleure ses enfants.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 18/05/2020

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Nox


Les plus petites
Des humbles fleurs,
Les marguerites,
Cachent des pleurs.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 18/05/2020

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Misères


La rêveuse Allemagne eut son premier sourire;
Parmi ses jeunes soeurs, vierges aux blonds cheveux,
Souvent sa voix vibrait comme un chant sur la lyre
Et son regard d'azur se mêlait aux grands cieux.

Voilà ce qu'elle était quand l'horrible misère
Vint s'asseoir au foyer, quand elle eut faim et froid,
Qu'à la fosse commune on eut porté sa mère,
Et que le vent d'hiver glissa sur l'humble toit.

C'est votre oeuvre à vous tous dont jamais la nuit sombre
Ne cache les bienfaits sous les voiles du soir,
Vous qui passez sans voir les misères sans nombre
Ou qui fermez l'oreille aux cris du désespoir.

Oui, c'est vous; frémissez, car elle s'est vendue,
La malheureuse enfant, pour des haillons hideux:
On permet de se vendre, on défend d'aller nue.
Que vous importent à vous tous ces détails affreux?

Pleurons, amis, pleurons! Oh! N'est-il donc personne
Qui s'en aille sans cesse et la nuit et le jour,
À l'heure où paraît l'aube, à l'heure où minuit sonne,
Relevant, consolant le pauvre avec amour.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 18/05/2020

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N'ouvrez donc point ce livre où vous verriez des tombes
Sous les arbres en fleur, ô vous qui n'aimez pas
Que la mort au front pâle, aux nids blancs des colombes
Par les beaux soirs d'été souvent porte ses pas.

Oh! Non, ne l'ouvrez point! Chaque strophe, âme sombre,
Vous laisserait aux mains, sous le ciel nébuleux,
La poussière d'une urne, et peut-être à son ombre
Dans un songe effrayant vous verriez les grands cieux.

Mais pour moi je m'en vais sans crainte dans l'espace,
Où? Je l'ignore encore, je cherche le chemin.
Si dans le grand désert nul voyageur ne passe,
Qu'importe! J'irai seule à la voix du destin.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 18/05/2020

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La révolte! C'est le soulèvement des consciences, c'est l'indignation, c'est la revendication des droits violés... Qui donc se révolte sans être lésé? Plus on aura pesé sur les misérables, plus la révolte sera terrible; plus ceux qui gouvernent commettront de crimes, plus on verra clair enfin, et plus implacablement on fera justice...


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 18/05/2020

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La société humaine n'en a plus pour longtemps de ces guerres qui ne servent qu'à ses ennemis, ses maîtres: nul ne peut empêcher le soleil de demain de succéder à notre nuit. Aujourd'hui nul homme ne peut vivre autrement que comme l'oiseau sur la branche, c'est-à-dire guetté par le chat ou le chasseur. Les états eux-mêmes ont l'épée de Damoclès suspendue sur leur tête: la dette les ronge et l'emprunt qui les fait vivre s'use comme le reste.


Par: Louise Michel

Ajoutée par Savinien le 18/05/2020

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