Citations
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Acte IV, Scène 3
Mon père s'exilait; nous partirons ensemble;
Il sied que le destin jusqu'au bout nous rassemble.
- Que mon malheur du moins serve à tous de leçon:
Pour mieux vaincre à jamais l'esprit de trahison,
Songez à vos enfants! Songez que d'un tel crime
Votre race serait l'éternelle victime,
Et que tous les remords, tous les pleurs d'ici-bas,
Toutes les eaux du ciel ne l'effaceraient pas!
Par: Henri de Bornier
Extrait de: La fille de Roland (1875)
Ajoutée par Savinien le 25/08/2021
Acte IV, Scène 3
Oui, sire, ce bienfait, cette faveur insigne,
C'est en les refusant que j'en puis être digne!
J'entends là cette voix qui ne saurait mentir:
Je suis le fils du crime, et non du repentir!
Afin qu'aux yeux de tous la leçon soit plus haute,
Je veux que le malheur soit plus grand que la faute!
Et le père sera d'autant mieux pardonné
Que le fils innocent se sera condamné!
Par: Henri de Bornier
Extrait de: La fille de Roland (1875)
Ajoutée par Savinien le 25/08/2021
Acte IV, Scène 3
J'aime sire Gérald, autant que je l'honore;
Je l'aime maintenant d'un coeur plus attendri,
Car ce qui l'a frappé ne l'a pas amoindri;
Son honneur reste pur dans la cruelle épreuve,
Et la source n'a pas empoisonné le fleuve.
Je lui donnai mon âme, ici comme à Montblois,
Pour sa jeune vertu, pour ses nouveaux exploits,
Et je ne saurais pas de trahison plus noire
D'aimer moins son affront que je n'aimais sa gloire!
Par: Henri de Bornier
Extrait de: La fille de Roland (1875)
Ajoutée par Savinien le 25/08/2021
Acte III, Scène 4
Sire, ces armes-là,
Je les laisse aux vassaux, aux ribauds, aux esclaves,
Et m'en tiens à l'épée, à l'arme des vrais braves!
Maudit soit le premier soldat qui fut archer;
C'était un lâche, au fond: il n'osait approcher!
Par: Henri de Bornier
Extrait de: La fille de Roland (1875)
Ajoutée par Savinien le 25/08/2021
Acte III, Scène 2
Enfant! Tu pleures? Eh pourquoi?
Juges en mieux, et sois plus forte; écoute-moi:
Ce qui tourmente une âme au déclin de la vie,
Ce n'est plus ou l'orgueil, ou la crainte, ou l'envie:
C'est un désir ardent et plein d'anxiété
De se juger soi-même en toute vérité;
Aucun homme, aucun roi jusqu'au fond de son être
Ne descend tant qu'il vit... Mourir, c'est se connaitre!
Par: Henri de Bornier
Extrait de: La fille de Roland (1875)
Ajoutée par Savinien le 25/08/2021
Acte II, scène 8
Je vous ai deviné, j'ai vu de jour en jour
Naitre comme le mien et grandir votre amour;
En vain vous vous taisiez; j'écoutais ce silence,
Le coeur entend le coeur qui se fait violence.
Par: Henri de Bornier
Extrait de: La fille de Roland (1875)
Ajoutée par Savinien le 25/08/2021
Acte II, Scène 2
Oui, je l'aime! Et ce mot
Semble élargir mon coeur à le dire tout haut!
Oui, mon père, je l'aime autant que je l'admire:
Ses yeux où l'on dirait qu'un coin du ciel se mire,
Son âme qui rayonne à travers la beauté,
Sa voix... Quel homme au monde aurait donc résisté?
Je l'aime! Est-ce folie ou raison? Je l'ignore.
Je l'aime! Tout est là; que vous dirais je encore?
Par: Henri de Bornier
Extrait de: La fille de Roland (1875)
Ajoutée par Savinien le 25/08/2021
Acte I, Scène 1
Notre âme en vain se voile et se retire,
Le regard d'un enfant saura toujours y lire!
Par: Henri de Bornier
Extrait de: La fille de Roland (1875)
Ajoutée par Savinien le 25/08/2021
Nous sommes sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants entre l’ignorance et la connaissance; et si nous pensons aller plus avant, notre objet branle et échappe à nos prises; il se dérobe et fuit d’une fuite éternelle: rien ne peut l’arrêter. C’est notre condition naturelle, et toutefois la plus contraire à notre inclination. Nous brûlons du désir d’approfondir tout, et d’édifier une tour qui s’élève jusqu’à l’infini. Mais tout notre édifice craque, et la terre s’ouvre jusqu’aux abîmes.
Par: Blaise Pascal
Extrait de: Les Pensées de Pascal (1669)
Ajoutée par Charlemagne le 25/08/2021
Les instants se suivent les uns les autres. Rien ne prête l'illusion d'un contenu ou l'apparence d'une signification. Ils se déroulent, leurs cours n'est pas le nôtre, nous en contemplons l'écoulement, prisonniers d'une perception stupide. Le vide du coeur devant le vide du temps, deux miroirs reflétant face à face leur absence, une même image de nullité. Comme sous l'effet d'une idiotie songeuse, tout se nivelle, plus de sommet, plus d'abîme. Où découvrir la poésie des mensonges, l'aiguillon d'une énigme? Celui qui ne connaît point l'ennui se trouve encore à l'enfance du monde, où les âges attendaient de naître; il demeure fermé à ce temps fatigué qui se survit, qui rit de ses dimensions et succombe au seuil de son propre avenir. Entraînant avec lui la matière, élevée subitement à un lyrisme de négation, l'ennui est l'écho en nous du temps qui se déchire, la révélation du vide, le tarissement de ce délire qui soutient ou invente la vie. L'ennui nous révèle une éternité qui n'est pas la dépassement du temps, mais sa ruine; il est l'infini des âmes pourries faute de superstitions, un absolu plat où rien n'empêche plus les choses de tourner en rond à la recherche de leur propre chute. La vie se crée dans le délire et se défait dans l'ennui.
Par: Emil Cioran
Extrait de: Précis de décomposition (1949)
Ajoutée par yo le 25/08/2021
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