Citations
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Acte II, Scène 1
Oh! Parfois, il me prend comme un désir immense
De me plonger bien loin dans l'ombre et le silence,
Et de fuir à jamais vers quelque région
Plus haute que l'envie et que l'ambition!
Certe, ils ignorent tous, et ne voudraient pas croire
Ce qu'il faut de sanglots pour faire un peu de gloire,
Et sur combien d'autels mon bonheur s'immola!
Un jour toi qui le sais, tu leur diras cela!
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Madame de Montarcy (1856)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Acte I, Scène 3
Plus un mot... Sage ou fou, mon destin se décide,
Et ce n'est pas le fait d'un compagnon solide,
Lorsque l'ami se noie, au fossé du chemin,
De lui tendre un conseil en place de la main!
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Madame de Montarcy (1856)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Acte I, Scène 3
C'est là, mon d'Aubigné, loin des bruits de la cour,
Que je pourrai l'entendre et la voir chaque jour;
Entendre sa voix douce et voir par intervalle
L'amour comme un soleil monter à son front pâle!
Tu comprends, n'est-ce pas, qu'il me faut ce bonheur
De la sentir tout près, dût se rompre mon coeur!
Et que j'ai bien le droit, quand sous l'amour je tombe,
D'emporter, pour mourir, un regard dans ma tombe!
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Madame de Montarcy (1856)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Acte I, Scène 3
Oh! J'ai marché longtemps dans le doute et l'effroi,
Traînant ma passion comme une ombre après moi,
Et n'osant regarder au fond du gouffre immense
Où mon coeur éperdu tombait sans espérance!
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Madame de Montarcy (1856)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Amour double
Ami, tu disais toi-même:
- Et j'entends encor ta voix -
« Il ne se peut pas qu'on aime
Deux maîtresses à la fois! »
Tu m'as bien trompé!... Regarde
L'effet d'un mot hasardeux:
J'ai vécu sans prendre garde,
Voilà que j'en aime deux!
Je ne sais pas trop laquelle
Me cause moins de souci;
Car, si l'une est la plus belle,
L'autre est la plus belle aussi.
Où me fixer? Comment faire?
Le doute a gagné mes yeux.
C'est l'une que je préfère,
C'est l'autre que j'aime mieux.
Et mon pauvre coeur qui flotte
De l'une à l'autre beauté
Semble un vaisseau sans pilote
Par tous les vents emporté.
- Amour, qui me dois connaître,
Pourquoi doubler mes douleurs?
Il suffisait d'une, ô maître,
Pour me coûter bien des pleurs!...
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Dernières chansons (1872)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Jasmin
J'ai cueilli pour vous seule, à sa branche flétrie,
Ce jasmin par l'hiver oublié dans la tour.
J'ai baisé sa corolle, et mon âme attendrie
Dans la dernière fleur met son dernier amour.
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Dernières chansons (1872)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Sérénade
J'ai dans mon coeur une belle
Que j'adore nuit et jour;
Une lampe est devant elle,
La lampe de mon amour!
Dans cette chapelle austère
Que desservent mes douleurs,
Tous mes rêves sont à terre,
Effeuillés comme des fleurs.
La détresse, en cape noire,
Tient, goutte à goutte amassés
Dans un bénitier d'ivoire,
Tous les pleurs que j'ai versés!
Le seul encensoir qui fume
A l'autel silencieux,
C'est mon âme qui s'allume
Sous le rayon de tes yeux.
Apaise enfin ta colère,
Toi que Dieu fit pour charmer;
Va, c'est un crime de plaire
Quand on ne veut pas aimer!
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Dernières chansons (1872)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Confiance
Quoi! Sans te soucier de l'océan qui gronde,
Tu veux ta place à bord, sur mon vaisseau perdu;
Et pour dire à Colomb qu'il a trouvé son monde,
Tu n'attends pas, enfant, qu'il en soit revenu!
Dans tes bras frémissants j'ai mis ma tête blonde.
J'ai bu ton souffle en feu, dans mon sein répandu;
Et, comme le pêcheur voit la perle sous l'onde,
Dans ton regard charmant j'ai vu ton coeur à nu.
Sois bénie, à jamais, pour cette foi sublime!
Sans redouter les flots je braverai l'abîme,
Puisque j'ai ton amour, comme une étoile, aux cieux.
Et mon nom restera, triomphant et sonore,
Afin que, dans mille ans, la terre sache encore,
Ô mon ange adoré, la couleur de tes yeux!
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Dernières chansons (1872)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Vestigia Flammæ
Où donc es-tu partie, ô belle jeune fille?
Toi dont le doux regard et dont la voix, un jour,
Comme un oiseau qu'éveille un bruit sous la charmille,
A l'ombre de mon coeur ont fait chanter l'amour.
Ange, te souvient-il que je t'aimai sur terre?
Que j'aurais tout donné pour un baiser de toi!
Lorsqu'au fond de ton coeur tu descends solitaire,
N'est-il aucun écho qui te parle de moi?
Que fais-tu, maintenant que je suis seul dans l'ombre,
Quand dix ans sont passés depuis ton tendre aveu,
Et que, sur mes deux mains inclinant mon front sombre,
Je regarde briller, comme des yeux sans nombre,
Les étincelles de mon feu!
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Festons et astragales (1859)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
Portrait
Je ne sais pas ton nom, comtesse ou bien marquise,
Dont le portrait charmant rit dans ce cadre d'or;
Mais nulle, en sa beauté, n'eut plus de grâce exquise,
Au temps qu'on était jeune et qu'on aimait encor.
Tes cheveux à frimas, où le zéphyr se joue,
Effleurent mollement ton visage vermeil,
Car le pastel du maître a semé sur ta joue
L'incarnat velouté d'une pèche au soleil.
Mille amours sont nichés sous tes narines roses,
Mille autres sont blottis dans tes yeux irisés,
Tandis que Cupidon, sur tes lèvres mi-closes,
Appelle au pâturage un troupeau de baisers.
Et le ruban bleu-ciel, dont ta robe est fermée,
Semble, au long du corsage, étaler à plaisir,
De ta taille divine à ta gorge embaumée,
Une échelle d'azur où monte le désir !...
Par: Louis Bouilhet
Extrait de: Festons et astragales (1859)
Ajoutée par Savinien le 27/01/2022
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