Citations

Pg 1/535

Je venais de causer avec ce vieux soldat français qui s'est fait chevrier dans ces montagnes, et qui y est devenu presque sauvage et presque sorcier; singulière fin pour un tambour-maître du trente-septième léger. Ce brave homme, ancien enfant de troupe dans les armées voltairiennes de la république, m'a paru croire aujourd'hui aux fées et aux gnomes comme il a cru jadis à l'empereur. La solitude agit toujours ainsi sur l'intelligence; elle développe la poésie qui est toujours dans l'homme; tout pâtre est rêveur.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

En aucune chose il ne faut excéder. Le bonheur est fait de modération. Tenez en équilibre vos goûts et en bride vos appétits. Qui aime trop les chevaux et les chiens fâche les femmes; qui aime trop les femmes fâche Dieu.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

Elle rentrait dans sa chambre secrète, courroucée et triste, et elle pleurait. Puis elle grondait ses servantes, et après ses servantes elle grondait son nain. Car la colère chez les femmes est comme la pluie dans la forêt; elle tombe deux fois. Bis pluit.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

Cet homme, jadis fort bel archer, avait été recherché en mariage par plusieurs riches paysannes du pays de Lorch; mais il avait rebuté les épouseuses et s'était fait valet de chiens. Un jour que Pécopin lui en demandait la raison, Érilangus répondit: Monseigneur, les chiens ont sept espèces de rage, les femmes en ont mille.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

Du reste, ne l'oublions pas, Dieu met invariablement le jour à côté de la nuit, le bien auprès du mal. L'ange en face du démon. L'enseignement austère de la Providence résulte de cette éternelle et sublime antithèse. Il semble que Dieu dise sans cesse: Choisissez.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

J'aime les systèmes, quoique j'y croie peu. Descartes rêve, Huyghens modifie les rêveries de Descartes, Mariotte modifie les modifications de Huyghens. Où Descartes voit des étoiles, Huyghens voit des globules et Mariotte voit des aiguilles. Qu'y a-t-il de prouvé dans tout cela? Rien que la brièveté de l'homme et la grandeur de Dieu.
C'est quelque chose.
Après tout, je le dis, j'aime les systèmes. Les systèmes sont les échelles au moyen desquelles on monte à la vérité.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

Mes aventures et mes travaux, à moi, laborieux fainéant que vous connaissez bien, cher Louis, vous les savez par coeur, vous les avez assez longtemps partagés; c'est une promenade solitaire dans un sentier perdu, la contemplation d'un rayon de soleil sur la mousse, la visite d'une cathédrale ou d'une église de village, un vieux livre feuilleté à l'ombre d'un vieux arbre, un petit paysan que je questionne, un beau scarabée enterreur cuirassé d'or violet, qui est tombé par malheur sur le dos, qui se débat, et que je retourne en passant avec le bout de mon pied; des vers quelconques mêlés à tout cela; et puis des rêveries de plusieurs heures devant la Roche-More sur le Rhône, le Château-Gaillard sur la Seine, le Rolandseck sur le Rhin, devant une ruine sur un fleuve, devant ce qui tombe sur ce qui passe, ou, spectacle à mon sens non moins touchant, devant ce qui fleurit sur ce qui chante, devant un myosotis penchant sa grappe bleue sur un ruisseau d'eau vive.
Voilà ce que je fais, ou, pour mieux dire, voilà ce que je suis; car, pour moi, faire dérive fatalement et immédiatement d'être. Comme on est, on fait.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

Ami! Chacun a son livre, et, voyez-vous, dans l'Evangile comme dans le paysage, la même main a écrit les mêmes choses.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

Je pense aussi que l'étude de la nature ne nuit en aucune façon à la pratique de la vie, et que l'esprit qui sait être libre et ailé parmi les oiseaux, parfumé parmi les fleurs, mobile et vibrant parmi les flots et les arbres, haut, serein et paisible parmi les montagnes, sait aussi, quand vient l'heure, et mieux peut-être que personne, être intelligent et éloquent parmi les hommes. Je ne suis rien, je le sais, mais je compose mon rien avec un petit morceau de tout.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

Rien n'est mélancolique et doux comme la tyrolienne sauvage chantée dans l'ombre, par un pauvre petit chevrier invisible, pour la solitude qui l'écoute. Quelquefois, dans toute une grande montagne, il n'y a que la voix d'un enfant.


Par: Victor Hugo

Extrait de: Le Rhin (1842)

Ajoutée par Savinien le 11/11/2022

Catégories:

Pg 1/535