Citations de Novembre, de Gustave Flaubert
8 Citations
Pourquoi le coeur de l'homme est-il si grand, et la vie si petite? Il y a des jours où l'amour des anges même ne lui suffirait pas, et il se fatigue en une heure de toutes les caresses de la terre.
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Novembre (1842)
Ajoutée par Savinien le 19/08/2020
Que de fois j'ai contemplé, dans les chapelles des cathédrales, ces longues statues de pierre couchées sur les tombeaux! Leur calme est si profond que la vie ici-bas n'offre rien de pareil; ils ont, sur leur lèvre froide, comme un sourire monté du fond du tombeau, on dirait qu'ils dorment, qu'ils savourent la mort. N'avoir plus besoin de pleurer, ne plus sentir de ces défaillances où il semble que tout se rompt, comme des échafaudages pourris, c'est là le bonheur au-dessus de tous les bonheurs, la joie sans lendemain, le rêve sans éveil.
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Novembre (1842)
Ajoutée par Savinien le 19/08/2020
Le coeur de l'homme est inépuisable pour la tristesse: un ou deux bonheurs le remplissent, toutes les misères de l'humanité peuvent s'y donner rendez-vous et vivre comme des hôtes.
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Novembre (1842)
Ajoutée par Savinien le 19/08/2020
Rappelons-nous nos beaux jours, les jours où nous étions gais, où nous étions plusieurs, où le soleil brillait, où les oiseaux cachés chantaient après la pluie, les jours où nous nous étions promenés dans le jardin; le sable des allées était mouillé, les corolles des roses étaient tombées dans les plates-bandes, l'air embaumait. Pourquoi n'avons-nous pas assez senti notre bonheur quand il nous a passé par les mains?
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Novembre (1842)
Ajoutée par Savinien le 19/08/2020
Malheur à qui n'a pas désiré des colères de tragédie, à qui ne sait pas par coeur des strophes amoureuses pour se les répéter au clair de lune! Il est beau de vivre ainsi dans la beauté éternelle, de se draper avec les rois, d'avoir les passions à leur expression la plus haute, d'aimer les amours que le génie à rendus immortels.
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Novembre (1842)
Ajoutée par Savinien le 19/08/2020
J'ai savouré longuement ma vie perdue; je me suis dit avec joie que ma jeunesse était passée, car c'est une joie de sentir le froid vous venir au coeur, et de pouvoir dire, le tâtant de la main comme un foyer qui fume encore: il ne brûle plus.
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Novembre (1842)
Ajoutée par Savinien le 19/08/2020
J'aime l'automne, cette triste saison va bien aux souvenirs. Quand les arbres n'ont plus de feuilles, quand le ciel conserve encore au crépuscule la teinte rousse qui dore l'herbe fanée, il est doux de regarder s'éteindre tout ce qui naguère encore brûlait en vous.
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Novembre (1842)
Ajoutée par Savinien le 19/08/2020
De tout ce qui va suivre personne n'a rien su, et ceux qui me voyaient chaque jour, pas plus que les autres; ils étaient, par rapport à moi, comme le lit sur lequel je dors et qui ne sait rien de mes songes. Et d'ailleurs, le coeur de l'homme n'est-il pas une énorme solitude où nul ne pénètre? Les passions qui y viennent sont comme les voyageurs dans le désert du Sahara, elles y meurent étouffées, et leurs cris ne sont point entendus au-delà.
Par: Gustave Flaubert
Extrait de: Novembre (1842)
Ajoutée par Savinien le 19/08/2020
