Citations de Les enfants (le livre des mères), de Victor Hugo

7 Citations

Dieu est toujours là


Oh! Donnez-moi pour que je donne!
J'ai des oiseaux nus dans mon nid.
Donnez, méchants, Dieu vous pardonne;
Donnez, ô bons, Dieu vous bénit!

Heureux ceux que mon zèle enflamme!
Qui donne aux pauvres prête à Dieu.
Le bien qu'on fait parfume l'âme,
On s'en souvient toujours un peu!


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 15/12/2020

Catégories:

Où vont ces enfants?


Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules?
ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules;
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue;
Aussi quelle pâleur! La cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas!
Ils semblent dire à Dieu: « Petits comme nous sommes,
Notre Père, voyez ce que nous font les hommes! »


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 04/06/2020

Catégories:

Chanson


La femelle? Elle est morte.
Le mâle? Un chat l'emporte
Et dévore ses os.
Au doux nid qui frissonne
Qui reviendra? Personne.
Pauvres petits oiseaux!

Le pâtre absent par fraude!
Le chien mort! Le loup rôde
Et tend ses noirs panneaux.
Au bercail qui frissonne
Qui veillera? Personne.
Pauvres petits agneaux!

L'homme au bagne! La mère
A l'hospice! Ô misère!
Le logis tremble aux vents;
L'humble berceau frissonne.
Que reste-t-il? Personne.
Pauvres petits enfants!


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 04/06/2020

Catégories:

Toute espérance, enfant, est un roseau.
Dieu dans ses mains tient nos jours, ma colombe;
Il les dévide à son fatal fuseau,
Puis le fil casse et notre joie en tombe;
Car dans tout berceau
Il germe une tombe.

Jadis, vois-tu, l'avenir, pur rayon,
Apparaissait à mon âme éblouie.

Ciel avec l'astre, onde avec l'alcyon,
Fleur lumineuse à l'ombre épanouie.
Cette vision
S'est évanouie!

Si, près de toi, quelqu'un pleure en rêvant,
Laisse pleurer sans en chercher la cause.
Pleurer est doux, pleurer est bon souvent
Pour l'homme, hélas! Sur qui le sort se pose.
Toute larme, enfant,
Lave quelque chose.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 04/06/2020

Catégories:

Seul et triste au milieu des chants des matelots,
Le soir, sous la falaise, à cette heure où les flots,
S'ouvrant et se fermant comme autant de narines,
Mêlent au vent des cieux mille haleines marines,
Où l'on entend dans l'air d'ineffables échos
Qui viennent de la terre ou qui viennent des eaux,
Ainsi je songe! A vous, enfants, maison, famille,
A la table qui rit, au foyer qui pétille,
A tous les soins pieux que répandent sur vous
Votre mère si tendre et votre aïeul si doux;
Et, tandis qu'à mes pieds s'étend, couvert de voiles,
Le limpide Océan, ce miroir des étoiles,
Tandis que les nochers laissent errer leurs yeux
De l'infini des mers à l'infini des cieux;
Moi, rêvant à vous seuls, je contemple et je sonde
L'amour que j'ai pour vous dans mon âme profonde,
Amour doux et puissant qui toujours m'est resté;
Et cette grande mer est petite à côté!


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 04/06/2020

Catégories:

Epitaphe


Il vivait, il jouait, riante créature.
Que te sert d'avoir pris cet enfant, ô nature?
N'as-tu pas les oiseaux peints de mille couleurs,
Les astres, les grands bois, le ciel bleu, l'onde amère?
Que te sert d'avoir pris cet enfant à sa mère,
Et de l'avoir caché sous des touffes de fleurs?

Pour cet enfant de plus, tu n'es pas plus peuplée,
Tu n'es pas plus joyeuse, ô nature étoilée!
Et le coeur de la mère, en proie à tant de soins,
Ce coeur où toute joie engendre une torture,
Cet abîme aussi grand que toi-même, ô nature,
Est vide et désolé pour cet enfant de moins!


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 04/06/2020

Catégories:

La vie aux champs


Le soir, à la campagne, on sort, on se promène,
Le pauvre dans son champ, le riche en son domaine;
Moi, je vais devant moi; le poète en tout lieu
Se sent chez lui, sentant qu'il est partout chez Dieu.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 07/05/2020

Catégories: