Citations de Toute la lyre, de Victor Hugo

Dans le monde meilleur


Quiconque chante émeut la nature ravie;
La musique est la soeur des rayons réchauffants;
Une chanson éparse est utile à la vie;
Chantez, petits oiseaux; chantez, petits enfants!

Le soir, à l'heure où l'ombre endort les nids qui rêvent,
Quand tout s'éteint, un astre apparaît au couchant;
Quand tout se tait, les voix de l'infini s'élèvent;
La nuit veut une étoile et le silence un chant.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 09/10/2020

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Seul dans tes grands bois


Seul dans tes grands bois, seul dans tes grandes pensées,
Tu marches, et les vents, les feuilles balancées,
Les sources, les oiseaux t'approchent sans effroi,
Les vieux arbres pensifs dont l'ombre emplit la cime,
Chantent autour de toi le même hymne sublime
Que ton âme, ô rêveur, chante au dedans de toi!


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 01/05/2020

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Chanson de Maglia


Vous êtes bien belle et je suis bien laid.
A vous la splendeur de rayons baignée;
A moi la poussière, à moi l'araignée.
Vous êtes bien belle et je suis bien laid;
Soyez la fenêtre et moi le volet.

Nous réglerons tout dans notre réduit.
Je protégerai ta vitre qui tremble;
Nous serons heureux, nous serons ensemble;
Nous réglerons tout dans notre réduit;
Tu feras le jour, je ferai la nuit.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 25/03/2020

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Horace, et toi, vieux La Fontaine,
Vous avez dit: il est un jour
Où le coeur qui palpite à peine
Sent comme une chanson lointaine
Mourir la joie et fuir l'amour.

O poètes, l'amour réclame
Quand vous dites: Nous n'aimons plus,
Nous pleurons, nous n'avons plus d'âme,
Nous cachons dans nos coeurs, sans flamme
Cupidon goutteux et perclus.

Le temps d'aimer jamais ne passe,
Non, jamais le coeur n'est fermé.

Hélas! Vieux Jean, ce qui s'efface,
Ce qui s'en va, mon doux Horace,
C'est le temps où l'on est aimé.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 05/03/2012

 

Quand deux coeurs en s'aimant ont doucement vieilli,
Oh! Quel bonheur profond, intime, recueilli!
Amour! Hymen d'en haut! O pur lien des âmes!
II garde ses rayons même en perdant ses flammes.
Ces deux coeurs qu'il a pris jadis n'en font plus qu'un.
Il fait, des souvenirs de leur passé commun,
L'impossibilité de vivre l'un sans l'autre.
-(Juliette, n'est-ce pas? Cette vie est la nôtre!)
Il a la paix du soir avec l'éclat du jour,
Et devient l'amitié tout en restant l'amour!


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 05/03/2012

 

J'étais un lycéen honnête;
Denise avait l'oeil hasardeux;
Elle était belle et j'étais bête;
Nous faisions un conte à nous deux.

Ainsi que la belle Fosseuse,
Elle riait des imprudents;
L'huître en perles est connaisseuse,
C'est pourquoi j'admirais ses dents.

Un jour elle me dit: farouche!
Et m'offrit un baiser moqueur.
Je pris le baiser sur ma bouche
Et sentis la morsure au coeur.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 29/02/2012

 

L'heure sonne. Un jour va naître.
Le nuage erre au zénith;
La barque est sous ta fenêtre;
L'hirondelle est dans son nid;
Dans ton âme qu'il féconde
L'amour veille nuit et jour...
Laisse fuir la barque et l'onde!
Ne laisse pas fuir l'amour.

À nos coeurs qui se désolent
Les heures parlent parfois,
Quand dans l'ombre elles s'envolent
De quelque église des bois.
Les pires et les meilleures
Sur nous passent tour à tour...
Ange! Laisse fuir les heures!
Ne laisse pas fuir l'amour.

Est-il une chose au monde
Qui ne tremble à quelque vent?
Le nuage est comme l'onde,
Clair parfois, sombre souvent.
Il s'en va! Triste voyage,
Sans but, sans port; sans retour...
Oh! Laisse fuir le nuage!
Ne laisse pas fuir l'amour.

L'onde, la nuée et l'heure,
Tout passe, et nous pleurons tous!
Qu'une chose en nous demeure
Quand tout change autour de nous!
L'oiseau quitte à tire-d'aile
Son doux nid, sa vieille tour...
Oh! Laisse fuir l'hirondelle!
Ne laisse pas fuir l'amour.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 29/02/2012

 

Qu'est-ce que cette année emporte sur son aile?
Je ne suis pas moins tendre et tu n'es pas moins belle.
Nos deux coeurs en dix ans n'ont pas vieilli d'un jour.
Va, ne fais pas au temps de plainte et de reproche.
A mesure qu'il fuit, du ciel il nous rapproche,
Sans nous éloigner de l'amour.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 29/02/2012

 

Un coup de vent passa, souffle leste et charmant
Qui fit tourbillonner les jupes follement.
Je la savais ailée, étoilée, azurée,
Je l'adorais; mon âme allait dans l'empyrée
A sa suite. Oh! L'amour, c'est tout; le reste est vain.
Je ne supposais pas que cet être divin
Qui m'emportait rêveur si loin de la matière
Eût des jambes; soudain je vis sa jarretière;

Et cela me choqua: Quoi! Me dis-je, elle aussi!
Je la contemple, ému, tremblant, brûlant, transi,
Et je vois de la chair où j'adorais une âme!
Soit. Le songe est fini. Ce n'est donc qu'une femme
Qui marche sur la terre, et se retrousse au vent!
Et je fus amoureux bien plus qu'auparavant.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 29/02/2012

 

Vous ne la fuyez pas, oiseaux, petits farouches,
Car elle est votre soeur dans ce monde âpre et vain,

Elle a pour ce qui sort des âmes et des bouches
Votre dégoût divin.

Elle semble un rayon qui ploierait sous de l'ombre.
On se dit en voyant ce nimbe, ce parfum,
Cette grâce au milieu de nos laideurs sans nombre:
Peut-elle aimer quelqu'un?

Oh! Comme parmi vous elle marche, l'altière!
Elle dédaigne, esprit ailé, le ver qui fuit,
Et, lyre, la rumeur, et, souffle, la matière,
Et, lumière, la nuit.

Quand, seuls, au fond des bois nous nous perdons ensemble,
Je lui dis: j'aime! Avec mon regard le plus doux,
Elle répond: je hais. Et, voyant que je tremble,
Elle ajoute: pas vous.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 29/02/2012

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Sais-tu ce que Dieu dit


Sais-tu ce que Dieu dit à l'enfant qui va naître?
Quand cet humble regard s'entr'ouvre à notre jour,
Il lui dit: va souffrir, va penser, va connaître;
Ame, perds l'innocence et rapporte l'amour!

Oui, c'est là le secret. Oui, c'est là le mystère.
Quoi qu'on fasse, il n'est rien qu'on ne puisse blâmer,
On tombe à chaque pas qu'on fait sur cette terre,
Tout est rempli d'erreur, mais il suffit d'aimer.

Colombe, c'est l'amour qu'il faut que tu rapportes!
Après ce dur voyage, obscur, long, hasardeux,
Le ciel d'où nous venons peut nous rouvrir ses portes.
On en est sorti seul, il faut y rentrer deux.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 28/02/2012

 

Vois-tu, mon ange


Vois-tu, mon ange, il faut accepter nos douleurs.
L'amour est comme la rosée
Qui luit de mille feux et de mille couleurs
Dans l'ombre où l'aube l'a posée.
Rien n'est plus radieux sous le haut firmament;
De cette goutte d'eau qui rayonne un moment
N'approchez pas vos yeux que tant de splendeur charme;
De loin, c'était un diamant,
De près, ce n'est plus qu'une larme.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 28/02/2012

 

Nous sommes tous les deux voisins du ciel, Madame,
Puisque vous êtes belle, et puisque je suis vieux.


Par: Victor Hugo

Ajoutée par Savinien le 21/05/2011

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