Epitaphes et mots de la fin

Ajoutée par le 01/05/2015

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Le genre

L'épitaphe est l'inscription laissée sur la pierre tombale d'une personne, en mémoire à celle-ci.

Ce court texte, souvent sous forme versifiée, est censé rendre hommage à la personne décédée en rapportant les traits d'exception du mort où la mémoire qu'il laissera à ses amis et proches.

Parfois, en lieu d'hommage, cette épitaphe peut également prendre la forme d'une satire, souvent mordante, sur l'individu concerné.

Les différents styles

On trouvera dans ce genre d'exercice tous les cas possibles de motivations:

  • L'auto-épitaphe: effectuée de son vivant, par l'intéressé lui-même (après tout, on n'est jamais mieux servi que par soi-même). Le style est périlleux, la frontière entre être émouvant et paraître suffisant peut allègrement être franchie. La plus connue dans ce genre est certainement celle d'Alfred de Musset ("Mes amis... Plantez un saule au cimetière").
  • La "pommade" déguisée en épitaphe: style plus courant dans des siècles révolus (quoique...) à une époque où les écrivains dépendaient principalement pour vivre de mécènes à divers degrés de richesse et de pouvoir. On retrouvera dans ce genre les exemples les plus mielleux qu'on puisse imaginer (il est rarement facile d'être convaincant ou émouvant sincèrement quand on défend le contenu de son assiette).
  • L'épitaphe satirique: qu'elle soit sous la forme d'auto-dérision (et souvent on sentira dans ce cas un fond d'amertume, un sentiment d'avoir raté ou loupé quelque chose, de la part de l'auteur) ou d'un texte destiné à faire part d'un certain ressentiment à l'égard du décédé: le ton y passera du comique au mordant.
  • L'épitaphe sincère ou honnête: écrite principalement par un proche,  c'est celle qu'on aimerait trouver - si le choix nous en était donné - présentée sur notre propre tombe.
  • L'exercice de style: portant en général sur un personnage fictif (par exemple, dans un roman), elle n'en reste pas moins souvent fort agréable à considérer. On pourra se rappeler, pour mémoire, celle de Jean Valjean dans les misérables ("Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange").

Ce ne sont bien sûr que quelques exemples, on trouvera aisément maintes autres catégorisations possibles.

L'origine

Il peut être assez compliqué de déterminer les auteurs de certaines des ces épitaphes, celles-ci étant rarement publiées dans des ouvrages référencés. Il est même ardu d'en connaître la véracité, au sens où - notamment dans le cas de personnages connus - certaines de celles-ci sont issues du collectif populaire et donc complètement intraçables (sans compter la quantité d'épitaphes associées à de parfaits inconnus) - dans de nombreux cas, il est même peu probable que ces épitaphes aient un jour été gravées sur une pierre tombale quelconque.

En dehors de ça, les épitaphes existent certainement depuis aussi longtemps que l'homme est capable d'enterrer ses morts et d'écrire des phrases articulées. D'aucuns diront même: depuis aussi longtemps que la vanité de l'homme lui fait croire à sa grandeur.

En conclusion

Du drôle à l'émouvant, en passant par le cruel ou le philosophique, les épitaphes sont un résumé bref et parfois pertinent de notre condition sur la terre. Par ces quelques mots, sur si peu de lignes résumant la vie des mortels, ils nous rappellent confusément le peu que nous sommes: quelques mots, un souvenir fugace, une pierre... et tout est dit...



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