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Sa grande prétention était au calme et personne n'était aussi troublé que lui: il se surveillait pour arrêter ces émotions de l'âme qu'il croyait nuisibles à sa santé, et toujours ses amis venaient déranger les précautions qu'il avait prises pour se bien porter, car il ne se pouvait empêcher d'être ému de leur tristesse ou de leur joie: c'était un égoïste qui ne s'occupait que des autres.


Extrait de: La peste (1947)


Ajoutée par Savinien le 25/05/2018
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J'ai connu un médecin provençal, le docteur Vigaroux; arrivé à l'âge où chaque plaisir retranche un jour, "il n'avait point, disait-il, de regret du temps ainsi perdu; sans s'embarrasser s'il donnait le bonheur qu'il recevait, il allait à la mort dont il espérait faire sa dernière délice". Je fus cependant témoin de ses pauvres larmes lorsqu'il expira; il ne put me dérober son affliction; il était trop tard: ses cheveux blancs ne descendaient pas assez bas pour cacher et essuyer ses pleurs. Il n'y a de véritablement malheureux en quittant la terre que l'incrédule: pour l'homme sans foi, l'existence a cela d'affreux qu'elle fait sentir le néant; si l'on n'était point né, on n'éprouverait pas l'horreur de ne plus être: la vie de l'athée est un effrayant éclair qui ne sert qu'à découvrir un abîme.


Extrait de: La peste (1947)


Ajoutée par Savinien le 25/05/2018
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Qui ne s'est attendri au souvenir des jeux, des études, des amours de ses premières années? Mais peut-on leur rendre la vie? Les plaisirs de la jeunesse reproduits par la mémoire sont des ruines vues au flambeau.


Extrait de: La peste (1947)


Ajoutée par Savinien le 25/05/2018
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Sans doute, rien n'est plus naturel, aujourd'hui, que de voir des gens travailler du matin au soir et choisir ensuite de perdre aux cartes, au café, et en bavardages, le temps qui leur reste pour vivre. Mais il est des villes et des pays où les gens ont, de temps en temps, le soupçon d'autre chose. En général, cela ne change pas leur vie. Seulement, il y a eu le soupçon et c'est toujours cela de gagné.


Extrait de: La peste (1947)


Ajoutée par Savinien le 14/05/2018
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Quand une guerre éclate, les gens disent : "ça ne durera pas, c'est trop bête." Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l'empêche pas de durer. La bêtise insiste toujours, on s'en apercevrait si l'on ne pensait pas toujours à soi.


Extrait de: La peste (1947)


Ajoutée par Savinien le 14/05/2018
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Au commencement des fléaux et lorsqu'ils sont terminés, on, fait toujours un peu de rhétorique. Dans le premier cas, l'habitude n'est pas encore perdue et, dans le second, elle est déjà revenue. C'est au moment du malheur qu'on s'habitue à la vérité, c'est à dire au silence.


Extrait de: La peste (1947)


Ajoutée par Savinien le 14/05/2018
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Rappelez-vous l'Inde, cette mère majestueuse et grave de notre Occident disputeur, elle va vous raconter comment la poésie a été révélée à son premier poète: il voyait, coeur pensif, âme préoccupée, voltiger deux colombes; il admirait la grâce de leur vol et la rapidité de leur poursuite amoureuse. Tout à coup, une flèche part d'une main cachée, traverse l'air en sifflant, et va frapper un des deux oiseaux. Alors il verse des larmes de pitié, ses gémissements, se mesurant aux battements de votre coeur, prennent un mouvement rythmique. La poésie naît, et, depuis ce jour, les vers, mélodieuses colombes, volent deux par deux par toute la terre.


Extrait de: Conscience l'innocent (1852)


Ajoutée par Savinien le 10/05/2018
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Hélas! Je le sais bien, disait Conscience, mourir, c'est se quitter pour quelque temps, mais enfin, Mariette, ce n'est pas s'oublier, il n'y a que l'oubli qui soit une séparation véritable. Vois ma mère, il y a dix-neuf ans que mon père est mort, eh bien! Il ne s'est pas passé un jour sans qu'elle me parlât de lui, une heure sans qu'elle y pensât. De son côté, mon père la voit, il sourit à cette fidélité sainte, il lui tend des bras invisibles, qu'elle ne verra et ne sentira qu'au moment de la mort; voilà pourquoi ceux qui meurent meurent en souriant, Mariette, tandis que ceux qui les assistent pleurent: c'est que les mourants voient déjà ce que les vivants ne voient pas encore.


Extrait de: Conscience l'innocent (1852)


Ajoutée par Savinien le 10/05/2018
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Ce qui chez lui était fatigué, non pas de la longueur du chemin, mais de la lourdeur de la pensée, c'était l'esprit, l'esprit constamment arrêté sur une seule idée et se cramponnant à un seul espoir. Chose étrange! Comment donc une journée, témoin d'une joie si vive et d'un pareil élan de reconnaissance, s'éteignait-elle dans un semblable affaissement et dans un doute si profond? Oh! C'est que le coeur de l'homme est ainsi fait: rocher de granit pour la douleur, rocher de neige pour la joie.


Extrait de: Conscience l'innocent (1852)


Ajoutée par Savinien le 10/05/2018
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La joie pour les coeurs qui ont longtemps souffert est pareille à la rosée pour les terres desséchées par le soleil; coeur et terre absorbent cette pluie bienfaisante qui tombe sur eux, et rien n'en apparaît au-dehors.


Extrait de: Le comte de Monte-Cristo (1844)


Ajoutée par Savinien le 09/05/2018
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